Petites mathématiques simplistes autour de la dette grecque

- L'excédent primaire du budget grec atteint aujourd'hui 1,5% de son PIB. Cela veut dire que, hors service de la dette, les recettes de l'état grec sont supérieures à ses dépenses, à hauteur de 1,5% de son PIB. A titre de comparaison, le budget de l'Etat Français est en DEFICIT primaire, à hauteur de 1% de son PIB.

- L'excédent primaire du budget grec atteint aujourd'hui 1,5% de son PIB. Cela veut dire que, hors service de la dette, les recettes de l'état grec sont supérieures à ses dépenses, à hauteur de 1,5% de son PIB. A titre de comparaison, le budget de l'Etat Français est en DEFICIT primaire, à hauteur de 1% de son PIB. Pour obtenir ces résultats, les prédecesseurs de Tsipras au gouvernement grec ont dû boire la potion amère de la troïka et sabrer dans les dépenses. Cela fait cinq ans qu'ils sabrent et le pays est aujourd'hui en plein chaos social.
 
  - Mais selon la Troïka, ce n'est pas encore suffisant : pour pouvoir rembourser l'intégralité de ses dettes, le budget grec devrait atteindre un excédent primaire de 4,5% de son PIB. Une demande totalement irréaliste, d'autant que les nouvelles coupes demandées pour atteindre cet objectif déprimeraient encore plus l'économie et s'avéreraient au final contre-productives, éloignant la Grèce un peu plus de son objectif au lieu de l'en rapprocher.
 
  - Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre, a promis pendant sa campagne un programme de 12 milliards d'euros destiné à relancer l'économie. Selon lui, trois choses sont indispensables pour sortir la Grèce de l'ornière : d'une part, une restructuration de la dette grecque - c'est-à-dire l'abandon par les créanciers d'une partie de leurs créances ; et d'autre part un rééchelonnement des échéances restantes et le retour de la croissance économique qui, combinés, permettront de rembourser le solde dans de bonnes conditions.

Bien. 12 milliards d'euros équivalent à 5% du PIB grec. Un simple moratoire de 4 ans accordé à la Grèce sur le remboursement de ses dettes permettrait de mobiliser une somme déjà nettement supérieure. La Grèce dégageant actuellement un excédent primaire de 1,5% de son PIB, le plan de relance d'Alexis Tsipras pourrait ainsi bénéficier de 4 X 1,5% PIB, C.a.d. d'environ 14,5 milliards d'Euros.

En faisant l'hypothèse que les premiers effets de la relance se feront sentir en année 3 et en année 4 et que les efforts engagés par le gouvernement grec pour mieux recouvrir l'impôt auront à cet horizon un effet également positif sur les rentrées fiscales, les conséquences d'un tel moratoire devraient permettre à Syrisa de mettre un frein à l'austérité, de financer pleinement son programme de relance et de dégager plusieurs milliards supplémentaires. Lesquels permettront à la Grèce, dans un cercle vertueux, d'augmenter son excédent primaire et de faire face à sa dette restante.

L'autre alternative, c'est le cercle vicieux et la cessation totale de paiement. Dans cette affaire, nous aurions plus à perdre que les grecs puisque NOUS sommes leurs principaux créanciers. La Grèce n'ayant plus accès aux marchés financiers sans devoir payer une prime de risque de 10%, la France et d'autres empruntent à sa place. Et c'est ainsi qu'une partie de la dette grecque est d'ores-et-déjà comptabilisée dans la dette française.

A ce sujet, une dernière remarque : Si la Grèce faisaient faillite, les français n'auraient pas à payer 640 euros par personne. Nous en serions de notre poche de 640 euros, nuance. Nous les avons déjà payés puisqu'ils figurent dans notre dette publique.

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