Pêche en Haute-Savoie. Fédération départementale incompétente sur les pollutions...

La Clusaz et ses pollutions : Le point de vue de la presse halieutique et l’incompétence permanente de la Fédération de Pêche du 74 !

Comme évoqué dans le billet du 8 février 2015 paru dans ce même blog sous le titre : « LA CLUSAZ: Pollution des eaux, la presse spécialisée en parle..... » et que vous pouvez retrouver là :http://blogs.mediapart.fr/blog/marcelly/080215/la-clusaz-pollution-des-eaux-la-presse-specialisee-en-parle

les trois articles concernés sont bien parus avec toutefois un mois de décalage et j’ai le plaisir de reproduire (et de commenter à leur suite) ceux-ci in extenso et ci-dessous sous l’excellente plume de Laurent Fonbaustier :

 

Article de février 2015 :

 

Pollution des milieux aquatiques : comment faire bouger les choses ?


I. Quelques rappels


Alain Arnaud, ancien président d’une association de lutte contre les nuisances
aquatiques (Association Eaux Secours les Aravis), nous a récemment fait part de
son désarroi : en dépit de nombreux articles (notamment sur son blog Mediapart,
par exemple l’article :http://blogs.mediapart.fr/blog/marcelly/150714/la-clusazson-
aval-cest-le-tiers-monde) et, justement, d’appels au secours, il déplore la
passivité des pouvoirs publics et se demande quoi faire face à la pollution
chronique de certains cours d’eau (notamment les vulnérables torrents de 1ère
catégorie, en particulier autour de la Clusaz). Nous lui rappellerons ce mois-ci
l’arsenal à sa disposition pour agir (ce qu’il fait déjà) et nous tenterons en mars
d’expliquer ce qui rend difficile la lutte pour protéger les milieux aquatiques et
la faune piscicole et les remèdes à envisager…
Petit rappel sur les infractions de pollution
Les atteintes aux milieux aquatiques et aux populations piscicoles sont sanctionnées au moyen
de diverses infractions. Pas moins de 4 articles du code de l’environnement étaient relatifs à
des formes de pollutions des eaux (douces) intéressant la pêche en eau douce (articles L. 216,
L. 432, L. 436 et L. 415). Une ordonnance du 11 janvier 2012, simplifiant les choses,
supprime l’article L. 216-1 qui définissait une infraction spécifique. Elle précise néanmoins
encore (à travers l’article L. 216-5) que si la pollution a pour effet de détruire les frayères, les
zones de croissance ou d’alimentation de la faune piscicole, ou de porter atteinte à la
continuité écologique ou au débit minimal d’un cours d’eau, une copie du procès-verbal est
adressée pour information au président de la fédération départementale de pêche (ainsi qu’à
celui de l’association des pêcheurs professionnels). On a ensuite l’article L. 432-2,
actuellement encore en vigueur : le fait de laisser écouler dans les eaux libres, directement ou
indirectement, « des substances quelconques dont l’action ou les réactions ont détruit le
poisson ou nui à sa reproduction ou à sa valeur alimentaire » est aussi une infraction, tout
comme en constitue une « le fait de détruire les frayères ou les zones de croissance ou
d’alimentation de la faune piscicole » (article L. 432-3). Par ailleurs, l’article L. 436-7 punit
celui qui jette dans les eaux libres « des drogues ou appâts en vue d’enivrer le poisson ou de
le détruire ». Plus loin de nos préoccupations, certes, l’article L. 415-3 réprime le fait de
porter atteinte à la conservation d’espèces animales non domestiques (1° a) ainsi qu’à la
conservation d’habitats naturels (1° c). Cet arsenal permet en principe de bien défendre les
eaux douces. On pourrait y ajouter un certain nombre d’éléments juridiques qui, au-delà des
infractions proprement dites, sont mis en place non pas pour punir les atteintes au milieu mais
pour les prévenir. Sur le plan répressif, les pollutions de l’eau sont généralement classées
parmi les délits, infractions graves et réprimées de la sorte : si les peines de prison, toujours
possibles (au moins jusqu’à 2 ans d’emprisonnement…), sont très rarement prononcées, les
amendes, elles, existent, qui peuvent s’élever, selon les infractions qu’on a répertoriées plus
haut, à 4500 € pour les unes, 15000, 18000 voire 20000 € pour d’autres.
Une large palette d’agents compétents !
2
Bien sûr, tout citoyen constatant ou craignant une pollution peut être amené à réagir, et
n’oublions pas à cet égard que les pollutions des eaux sont des délits, donc des infractions
graves, ayant un impact sur la santé publique et sur l’environnement. Mais pour le pêcheur,
l’adhésion à une AAPPMA transforme cette faculté d’informer les autorités en devoir. Nos
cartes de pêche nous rappellent que tout pêcheur remarquant un acte de braconnage, de
pollution ou d’atteinte au milieu aquatique doit prévenir la cellule « police de l’eau » de sa
préfecture, la gendarmerie ou sa fédération départementale. Personne ne vous tiendra rigueur
si vous informez également votre président d’AAPPMA, précieux relais de terrain. Et
prévenir aussi le maire de la commune directement concernée par la pollution ne peut pas
faire de mal non plus… À ce stade, il s’agit de transmettre une information qui pourra
déboucher, plus tard, sur un constat d’infraction. En ce qui concerne les atteintes à la
législation sur l’eau et les milieux aquatiques telles qu’évoquées précédemment, les personnes
susceptibles d’intervenir sont souvent les mêmes et constituent un large groupe. L’article L.
216 du code de l’environnement énumère les agents habilités à rechercher et à constater les
infractions : les officiers et agents de police judiciaire (gendarmes, fonctionnaires actifs de la
police nationale…) et certains agents adjoints, les inspecteurs de l’environnement, sous
certaines conditions (serment, commission, etc.), les agents de l’Office national des forêts et
plus généralement ceux des services de l’État chargés des forêts, les chercheurs, ingénieurs et
techniciens assermentés de l’IFREMER et les gardes du littoral (pour certaines zones,
notamment côtières ou maritimes), les gardes champêtres, les agents des douanes, des
réserves naturelles, les officiers de port et officiers de port adjoints, etc. On retrouve en partie
les mêmes agents dans le cadre de la recherche des infractions à l’article L. 415-1 précité.
Quant à l’article L. 432 (2 et 3), il ne mentionne pas à sa suite d’autorités précises, mais
l’article L. 437-1 du code de l’environnement dresse la liste exhaustive des agents aptes à
intervenir pour l’ensemble des atteintes aux dispositions du titre relatif à la pêche en eau
douce, notamment les atteintes aux milieux aquatiques et aux poissons. Là encore, une dizaine
de catégories d’agents sont mentionnées, incluant sous certaines conditions les agents du
domaine de Chambord et, moins anecdotique, ceux de l’ONEMA qui sont commissionnés, et
qui peuvent agir dans certaines situations.
Sur le papier, donc, entre la variété des infractions et le nombre des agents publics autorisés à
rechercher, constater et poursuivre les pollutions du milieu aquatique, on est plutôt rassurés.
Nous verrons le mois prochain, à partir d’un cas qui concerne les milieux très fragiles (les
torrents de montagne), qu’il n’en est malheureusement rien et qu’une certaine inquiétude est
de mise…
Encadré. Parmi les difficultés rencontrées pour lutter juridiquement contre la pollution des milieux aquatiques,
on peut notamment reprocher aux pouvoirs publics une certaine inertie (mais ont-ils toujours les moyens de
contrôler, constater, poursuivre et sanctionner ?), souvent doublée d’une absence de volonté politique sincère
chez des élus locaux fréquemment pris en étau entre des impératifs contradictoires.
Encadré. Certaines études montrent que si, en dehors des PCB notamment, la qualité de l’eau s’est améliorée
dans les grands fleuves, les têtes de bassin souffrent beaucoup aujourd’hui, tant au niveau de la qualité qu’à celui
de la quantité de l’eau. Des milieux fragiles, pour la protection desquels l’arsenal juridique qu’on vient de
décrire semblerait fournir une solution…


Laurent Fonbaustier

 

Article d’avril 2015 :

Pollution des milieux aquatiques : comment faire bouger les choses ?


II. Étude de cas : inventaire et constats


Derrière les cartes postales idylliques envoyées depuis la Clusaz, fleuron des
Aravis, station de sport d’hiver réputée nichée à l’est de la Haute-Savoie à
presque 1000 mètres d’altitude, Alain Arnaud fait apparaître l’envers du décor,
un milieu sous pression, comme le sont bien des têtes de bassin en France.
Malgré certaines initiatives, des constats récurrents sont faits, qui invitent à la
réflexion (n° de mars) et à l’action (n° d’avril).
Inventaire des nuisances
Les « têtes de bassin », milieux modestes et fragiles, reposent sur des équilibres précaires et
sont soumis à des pressions croissantes. Si les contraintes deviennent excessives ou sont mal
gérées, elles perturbent la qualité et le régime des eaux. Le phénomène est marqué dans
certains cours d’eau de montagne (si importants pour la reproduction des salmonidés et… la
pêche : le Var, le Nom, en Haute-Savoie, par exemple).
Il y a d’abord des nuisances visuelles, faites de déchets et d’encombrants variés. Dans la
droite ligne de certaines décharges sauvages, elles « défigurent » les cours d’eau, en dépit du
lessivage lors de pluies abondantes et d’actions ponctuelles de la part des acteurs de la pêche
et des services spécialisés des collectivités publiques. Parfois, des nappes irisées sillonnent la
surface de l’eau, accompagnées d’odeurs suspectes.
Ensuite, certaines stations d’épuration restent obsolètes ou ne parviennent pas toujours à
traiter les eaux usées de villes d’altitude soumises, un temps de l’année au moins, à rude
pression. Par ailleurs, on parle encore beaucoup de pollutions agricoles et domestiques, des
effets de certaines industries (comme l’industrie laitière). L’observation de certains fonds fait
apparaître une pellicule grasse sur les rochers et les cailloux, un colmatage des fonds ainsi
qu’un envasement nuisant au développement de la faune benthique (voir certains secteurs du
Nom, en juillet 2014). S’y ajoute le développement fréquent de végétaux dont certains sont le
signe de pollutions chroniques (par exemple sur le Var, affluent du Nom).
Par ailleurs, sur les têtes de bassin entourées de stations de ski s’accumulent les conséquences
liées à la neige, naturelle comme artificielle1. Les problèmes, récurrents2, sont au moins de
deux ordres : la multiplication des captages d’eau et la constitution de réservoirs à neige de
culture contribuent à l’abaissement des eaux frisant l’étiage artificiel ; de plus, les
déneigements de stations pendant l’hiver impliquent le déversement de milliers de tonnes
d’une neige initialement propre et désormais chargée de potasse et souillée de détritus parfois
directement dans l’eau. Le sel contenu dans la neige affecte l’enracinement des végétaux et
les déversements massifs, véritables avalanches artificielles, déracinent les arbres. Ce
phénomène modifie la composition de l’eau et contribue à l’augmentation des embâcles dans
le lit des cours d’eau : l’ensemble affecte le régime des torrents, fragilise les frayères et
complique aussi l’accès aux berges, posant au passage la question de l’entretien des cours
d’eau et des rives.
1
Voir par exemple le rapport du Conseil Général de développement durable de juin 2009 sur les impacts environnementaux de la neige de culture :
(http://www.mountainwilderness.fr/IMG/pdf/rapport_neige-­‐de-­‐culture_2009.pdf).

2
Comme le souligne, par exemple, la Frapna.
(http://www.frapna-­‐haute-­‐savoie.org).

Pourquoi ça coince
Les raisons de cet état de fait sont nombreuses et complexes.
Écologiquement, si une « bonne vieille pollution », avec ses tonnes de poissons sur le dos,
émeut, de nombreux phénomènes diffus, sont moins perçus (et moins poursuivis) : ils
dégradent sournoisement les milieux, parfois en conséquence d’un effet « cocktail » (la
conjonction des facteurs créant le problème). Par ailleurs, plus le cours d’eau est étroit et le
volume d’eau faible, plus les causes agissent sur les conditions de vie des populations
piscicoles.
Juridiquement, l’arsenal des sanctions (voir n° de février) n’enlève rien au fait qu’il faut
établir des liens de causalité conduisant aux pollutions pour identifier les responsables. Il faut
aussi déployer des moyens concrets pour contrôler, évaluer, constater, poursuivre, or la
plupart des agents compétents évoqués le mois dernier n’ont pas pour seule mission de
s’occuper des pollutions. Et comme la justice est déjà souvent lente, on hésite à poursuivre.
Un procureur de la République, qui garde une certaine liberté, fait des choix : comme on n’a
pas les moyens de tout sanctionner, on hiérarchise et ainsi, pour quelques affaires judiciaires
de pollution bien médiatisées, combien passent à la trappe, les dépôts de plainte étant classés
sans suite ? On préfère alors interdire la baignade plutôt que lutter, en amont, contre les
sources du mal (on pense au Fier dans la plaine d’Alex).
Bien d’autres considérations ont leur part dans ce triste constat. La sensibilité sociale aux
pollutions des cours d’eau n’est pas partagée par tous : à côté de certains pêcheurs et d’autres
convaincus, on trouve la cohorte des indifférents, ce qui complique l’indispensable
mobilisation. Économiquement, l’eau est un bien convoité, et la pression pesant sur les
milieux aquatiques renvoie aux différents intérêts liés à elle : agriculture, tourisme neige,
activités industrielles, de loisir, ayant besoin d’eau ou ayant un impact négatif sur elle : tous
ces intérêts ne vont pas dans le même sens, et les milieux aquatiques ne peuvent qu’en pâtir…
Enfin, politiquement et administrativement, en réaction à certaines alertes lancées par des
particuliers ou des associations, bien souvent, les acteurs et responsables, parfois en plein
conflit d’intérêts, se « refilent le mistigri », et les interpellations se heurtent trop souvent à la
passivité des élus et des pouvoirs publics. Comme si les instances compétentes, regardant
passer l’orage, jouaient la montre ou laissaient un individu isolé s’épuiser lentement…
La dégradation de ces milieux n’est pourtant pas une fatalité : en joignant les forces, on
devrait pouvoir échapper en partie au « tirage d’oreilles » de l’Europe qui, en fin d’année
2015, vérifiera si le « bon état écologique des eaux » imposé par la directive du 23 octobre…
2000 est respecté en France.
Encadré. « Comme les poissons vivent dans l’eau, personne ne s’aperçoit qu’ils pleurent ! ». On sous-estime trop
souvent l’importance de la préservation des milieux aquatiques : si les pêcheurs y sont particulièrement
sensibles, la société dans son ensemble est trop souvent indifférente à l’état de ses cours d’eau !
Encadré : la récente réforme de la transaction pénale, élargie à l’ensemble des infractions environnementales
(décret du 24 mars 2014), inquiète : désormais, les pollueurs pourront éviter la médiatisation d’un procès en
transigeant en amont avec l’administration ; mais le montant de l’amende à payer en cas de pollution des eaux
pourrait être réduit à 1/3 du montant normalement encouru… Pas de quoi faire réfléchir les pollueurs !


Laurent Fonbaustier

 

Article de mai 2015 :

 

Pollution des milieux aquatiques : comment faire bouger les choses ?


III. Analyse, préconisations, esquisses de solutions


Après avoir rappelé l’arsenal des moyens juridiques existant (février) puis
certaines des nuisances et pollutions aquatiques affectant les têtes de bassin et
les raisons de la difficulté à agir dans ce cadre (mars), le temps des
préconisations (et de l’optimisme ?) est venu…
Mobiliser, médiatiser, expliquer et se regrouper
L’initiative d’Alain Arnaud démontre une chose : quand on se mobilise et qu’on médiatise un
problème de pollution, on fait « caisse de résonance » et ainsi bouger les lignes. On vérifie
alors souvent, dans le sillage d’une première action, la capacité de résilience des milieux, des
résultats tangibles pouvant vite apparaître. Si les alertes convergent (les lanceurs d’alerte sont
protégés par une loi du 16 avril 2013) en direction d’un même but, les chances de succès
relatif se multiplient. D’où l’utilité, l’union faisant la force, des démarches associatives, le
savoir-faire politique et juridique d’associations spécialisées dans le domaine de l’eau n’étant
plus à démontrer. Mais il faut alors être pédagogue et insistant, efficace et démonstratif
(fournir des éléments « clé en main », photos, arguments, liens de causalité, etc.) et maintenir
la pression. Ceux qui s’y collent, professionnels ou amateurs, savent l’investissement que ça
représente. À ce prix, on peut convaincre un préfet ou un maire qu’il vaut mieux prévenir que
guérir et susciter ainsi des réactions administratives et politiques. Encore faut-il identifier les
responsabilités, toquer (plutôt que frapper) aux bonnes portes, et ne pas confondre les rôles.
La propreté des cours d’eau concerne en effet à la fois riverains, simples particuliers,
industriels, agriculteurs, maires, préfets, services techniques, etc. La maîtrise scientifique et
juridique des dossiers est alors essentielle (ce qu’à la Fédération 74, un technicien très
impliqué nous démontra). S’agissant de l’état du Nom, à la Clusaz, l’énergie déployée a porté
ses fruits. À l’automne dernier, à la suite d’alertes insistantes, la mairie de La Clusaz a
organisé une journée de ramassage des déchets sur une partie du cours d’eau puis a enlevé les
embâcles. Mais parfois, au-delà du visuel, quand le nettoyage ne suffit pas, il faut combattre
les causes profondes du mal. Rendons à César ce qui lui appartient en l’espèce : le 24
novembre 2014, on constatait une nette amélioration de la situation perceptible du Nom sur
les 2 kilomètres en aval du village de la Clusaz, donnant le sentiment d’un ruisseau de
montagne propre.
[légende photos n° 1 et 2]. Avant/après : le Nom en aval de la Clusaz. La Commune a bien agi sur une partie du cours d’eau. D’après les
services contactés, l’opération a mobilisé 6 agents sur 3 jours et 7 rotations d’hélicoptère pour enlever le plus gros ! Quels que soient les
louables efforts, rien de définitif ne sera pourtant fait si l’on ne s’attaque pas aux causes profondes des pollutions… Au demeurant, comme
nous le confiait Philippe Huchet, de la Fédération 74, la gestion des embâcles doit être fine et demande de la réflexion !
Interpeller, menacer, agir en justice
Organisez des réunions d’information, lancez des pétitions auprès des citoyens et des élus,
sensibles à ces actes. Privilégiez la négociation, souvent plus efficace, plus rapide et moins
coûteuse qu’un procès. Mais si l’inertie persiste, « changez de braquet ». Quand les articles,
courriers et mails (impliquant tous les acteurs en copie) et échanges téléphoniques répétés ne
donnent rien, l’heure est venue de saisir tous les agents aptes à constater les violations du
droit (voir n° de février). Le recommandé AR est ensuite l’étape intermédiaire, parfois
efficace car démontrant à moindres frais votre motivation. Ensuite, ce sera la menace d’une
2
action en justice puis l’action elle-même, selon les cas devant les juges judiciaires ou
administratifs. La sensibilité aux problématiques environnementales (l’eau est ici essentielle)
croît aujourd’hui et, avec elle, les textes juridiques et les sanctions. On a parlé du droit pénal
en février, mais la responsabilité pour pollution peut être engagée sur différents fronts,
notamment administratif et civil. Il existe des voies d’action devant le tribunal administratif,
permettant d’attaquer un maire ou à un préfet pour son inaction, sa carence… En cas
d’urgence, on peut même agir en référé, ce qui met la pression sur les acteurs. Enfin si le
procureur de la République décide de ne pas poursuivre au pénal (ce qu’on a vu le mois
dernier), on peut toujours saisir le procureur général dans le cadre d’un recours hiérarchique
(article 40-3 du code de procédure pénale).
Il existe donc divers moyens, à combiner, pour sensibiliser chacun à l’importance de l’eau,
informer, contraindre, etc. C’est à ce prix qu’on fera respecter les règles existantes, qu’il est
inutile de multiplier : souvent, appliquer la loi suffirait. On trouve en effet tout, dans le code
de l’environnement et le code pénal, sur l’entretien des berges et du lit de la rivière, sur la
répression des décharges sauvages, l’aménagement d’aires de stockage pour la neige, une
politique de salage routier raisonnée, la mise aux normes des exploitations agricoles,
l’encouragement à la réduction des déchets et au tri sélectif, etc. Il faut surtout faire preuve
d’une sincère volonté politique pour activer les outils dont on dispose.
Encadré. Un long échange avec la Fédération du 74 nous a permis de mieux comprendre à quel point l’action sur
les têtes de bassin devait porter à la fois sur les logiques quantitatives et qualitatives dans la gestion de l’eau : les
effets d’une substance sur le milieu ne sont en effet pas les mêmes quand la faiblesse d’un débit ne permet plus
les dilutions…
Encadré. Pour aller plus loin, et sans négliger d’autres sources, voir le blog d’Alain Arnaud, notamment aux
articles suivants :
http://blogs.mediapart.fr/blog/marcelly/150714/la-clusaz-son-aval-cest-le-tiers-monde
http://blogs.mediapart.fr/blog/marcelly/241114/la-clusaz-pollution-des-eaux-la-station-sur-la-voie-du-progres
Encadré. Informations/contacts
Fédération départementale de Haute-Savoie : « Le Villaret » – 2092 route des Diacquenods – 74370 Saint-
Martin Bellevue – Tél : 04 50 46 87 55 – Mail : info@pechehautesavoie.com – Site internet :
http://www.pechehautesavoie.com
Mairie de la Clusaz (service eau et assainissement) : Mairie – Place de l’église – BP6 – 74220 La Clusaz – Tél.
04 50 32 65 20 - Fax : 04 50 32 65 31 – Services Techniques : 04 50 32 65 33 – Mail : accueil-dgs@laclusaz.fr


Laurent Fonbaustier (signataire des trois articles)

 

Ce tableau a l’avantage, sous une écriture et un point de vue différents des miens, de bien résumer les problèmes des amonts du Nom. Les dispositions légales existent, l’arsenal juridique est prévu et les structures d’application bien réelles, cependant il est manifestement nécessaire qu’un particulier agisse avec pugnacité durant plus de 25 ans (par intermittence) pour que les choses bougent (un peu)…..

Tous les avis (pseudo) scientifiques et techniques apparemment avancés par la fédération de pêche du 74 ne valent pas un pet de lapin tant que l’onanisme administratif et la démagogie de circonstance continueront de prévaloir là où des actions de terrain sont nécessaires pour lutter contre l'évidence. Qu’est-ce que la fédération départementale de pêche de la Haute-Savoie a foutu depuis 25 années que les faits sont connus, rapportés et même médiatisés (8 Mt Blanc et le Dauphiné Libéré avaient rapportés ceux-ci bien avant mon blog Médiapart… - j'en ai d'ailleurs conservé toutes les archives -) ? Depuis que Messieurs les présidents de la Fédération et de l’APPMA Annecy-Rivières de l’époque (Olivier F et Bernard G que l'équipe actuelle a conservés tant ils semblent indispensables à l'inertie ...) ont assisté (sans y participer réellement, c’est vrai, tant ils étaient - déjà - muets ... se comportant ainsi comme deux complices face aux problèmes exponentiels d'atteintes à l'environnement aquatique des Aravis) à une réunion préfectorale, obtenue par Eaux Secours les Aravis et  supervisée par Mr Albert Dupuy (alors secrétaire général de la préfecture de la Haute-Savoie), sur des thèmes de pollutions parfaitement similaires(1)? Est-ce de l'incompétence grave où s'agit-il de petits arrangements entre amis fréquentant les mêmes salons ?

25 ans après, rien de nouveau, et si La Clusaz – peut-être (sans doute) par crainte des retombées potentiellement négatives de la « publicité » faite autour de ces nuisances - a finalement répondu de manière positive à mes alertes par un travail important et sans précédent de nettoyage (la mairie annonce 7 rotations d'hélicos),la fédération de pêche du 74, l’Onema (Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques ; excusez du peu…) et la préfecture, tous avertis, sont restés littéralement muets. C'est la solidarité dans l'indigence, leurs fonctionnaires pensent certainement que ce serait s’abaisser gravement que de répondre sous une quelconque forme aux préoccupations ; même légitimes, d’un simple quidam particulier et lanceur d’alerte ; contribuable au demeurant qui participe, par son écot, à la bonne rémunération des agents de l’état….. Il n’en demeure pas moins que les utilisateurs (pêcheurs) de rivière dont je fais partie acquittent une taxe annuelle pour que les cours d’eau qu’ils fréquentent demeurent propres, c’est la loi …. La fédé du 74 encaisse donc l’impôt  sans jamais répondre à ses obligations sur ce secteur et depuis très longtemps.Comme déjà dit, en français courant cela porte un nom :ESCROQUERIE et j’envisage sérieusement d’interroger le tribunal administratif sur la validité d’une telle absence délibérée d’obligation de moyens ; récurrente depuis des dizaines d’années. Les pêcheurs sont un troupeau de moutons indirectement imposables qu’il est aisé de tondre au bénéfice d’Incapables Assermentés (I.A ne veut plus dire Intelligence Artificielle..) plus à l'aise dans les salons et les réunions qu'au milieu des pollutions aquatiques. Car, en substance, les pêcheurs ont l'obligation d'acquitter l'impôt tout en étant contraints de faire le travail eux-mêmes; un comble ! En attendant, je n’ai pas repris mon permis de pêche cette année afin de ne pas engraisser inutilement les cochons oisifs et je conseille fortement à tous ceux et celles qui se font une juste idée morale du respect de l’environnement aquatique en Haute-Savoie, et tout particulièrement dans les Aravis, de faire de même : Boycott….. les instances de la pêche en haute-savoie, particulièrement sur le secteur Annecy-Rivières, ne méritent pas la moindre once de confiance de la part des pêcheurs en ce qui concerne la lutte contre les pollutions au moins dans les environs de La Clusaz (mais l'assoc Eaux Secours les Aravis avait repéré bien d'autres endroits)! La Fédé du 74 pratique l'immobilisme comme un mode de gestion, c'est honteux et détestable....

Je rappelle, par ailleurs, ma volonté d’obtenir une propreté pérenne sur ce secteur (avec mes maigres moyens puisque les administrations prévues regardent ailleurs) et, tout en répétant, une fois encore que je suis à la disposition de la mairie de La Clusaz pour tout travail constructif en ce sens, j’affirme ici que la surveillance va se poursuivre ainsi que les reportages photos et vidéo qui vont avec. Une première interview en ligne et largement diffusée sur les réseaux sociaux sur les inerties des "décideurs" du 74 est dans les tuyaux...  ainsi que la saisie du ministère concerné.             

 

MARCELLY

(1) A l'époque l'assoc E.S.A avait recensés 7 types de nuisances aquatiques dans les Aravis scrupuleusement répertoriés et évoqués comme ayant valeur d'alerte en préfecture (sans émouvoir outre mesure les deux sbires de la Fédération et de l'APPMA, ce qui avait d'ailleurs été dénoncé publiquement lors de l'assemblée générale suivante de la Fédération.....)

- Dysfonctionnement permanent des stations d'épuration.

- Décharges sauvages nombreuses en bords de cours d'eau.

- Pollutions agricoles (lisier et petit lait).

- Déneigements à même la rivière (déjà !).

- Non élagage des berges.

- Pollutions industrielles (Thônes en particulier) et domestiques.

- Captages d'eau.

 Aujourd'hui (25 ans après saisie des instances de l'état...) tous ces thèmes restent malheureusement d'actualité (à part pour les stations d'épuration même si l'on relève, parfois, des incidents) et certains empirent comme les captages....

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