La république du vote utile : essoufflement d'un système démocratique

“Qui vit de combattre un ennemi a tout intérêt de le laisser en vie.” Friedrich Nietzsche Ce dimanche 7 mai 2017, Emmanuel Macron devient le nouveau président de la République. Si la France évite le pire, elle ne se retrouve pas non plus dans le candidat du Mouvement « En marche ». « Ni Patri, ni Patron ! «  a-t-on pu entendre durant la campagne de l’entre-deux tours. Bilan de ces élections.

 

 


emmanuel-macron-le-candidat-d-en-marche-apres-sa-victoire-le-23-avril-2017-a

 

C’est le vote utile qui aura décidé de la direction du pays pour le quinquennat, et non un vote de conviction. Car c’est aussi ça, la Vème république aujourd’hui.

 

Cette fois encore, les électeurs auront voté « contre » un candidat, permettant à la classe politique adverse de prospérer et de mettre à la tête de l’État un président ne représentant pas une majorité. Car l’alternance « Gauche »/  « Droite » au pouvoir doit sa supprématie depuis ces 20 dernières années à la présence du FN dans le paysage politique. En 2002, Jacques Chirac n’a dù sa victoire qu’à la présence de Jean Marie Le Pen au second tour. Et malgrés les mesures prises par chaque gouvernement divisant le pays, la classe politique laisse subsister l’extrême droite afin de pousser habilement les électeurs à voter « utile », . Une très grande partit de la population ne vote plus pour un candidat dans lequel elle se retrouve, mais contre un candidat représentant une menace pour l’équilibre démocratique.

 

Aujourd’hui, face à une alternance qui a lassé, et des partis qui explosent à petit feu, et la monté de mouvements populiste, le système met en avant un candidat inconnu encore il y a 3 an, Emmanuel Macron. Et ces élections sont plus que représentative d’un système arrivé à bout de ses limites : Un candidat au programme vide de sens, inexpérimenté, représentatif de la société libéral qui nourri les inégalités entre les classes social, se présente en seul rempart de la Démocratie. Car il est fort probable que l’absence de Marine Le Pen au second tour lui aurait été défavorable.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.