« L’Assemblée » &  « Nothing to hide » : Comment réinventer le militantisme

Alors qu’aujourd’hui, les mobilisations et les mouvements sociaux semblent montrer leurs limites face au pouvoir en place, "Nothing to Hide" et "l’Assemblée" proposent deux réflexions complémentaires autour de la surveillance de masse et la Démocratie.

"Nothing to hide", réalisé par Mihaela Gladovic et Marc Meillassoux, est un documentaire dédié à la question de la surveillance de masse et de son acceptation dans la population. Le documentaire soulève de nombreux problèmes auxquels nous sommes confrontés chaque jours. Par exemple, l’usage croissant d’applications comme Google ou Facebook pour ne citer qu’eux, qui confère aux leaders de ce marché un contrôle sans précédent sur notre intimité en ligne. Les informations enregistrés par ces entreprises servent les intérêts des agences de renseignements, qui font appels à ces boîtes privées pour nourrir la surveillance de masse. A travers cinq protagonistes et une vingtaine d’intervenants (lanceurs d’alerte, hackers, juges, sociologues, victimes de la surveillance) le documentaire explore et interroge les risques de cette société où la population n’a plus le contrôle de sa vie privée. Peut-on encore parler de démocratie ?

William Binney explique les dangers de la surveillance de masse dans "Nothing to hide" William Binney explique les dangers de la surveillance de masse dans "Nothing to hide"

Dans "l’Assemblée", réalisé par Mariana Otero, le documentaire nous plonge au coeur du mouvement Nuit Debout, ou comment réinventer le système démocratique à travers des commissions thématiques,et la mise en place d’assemblées populaires place de la république. Des mois de lutte à travers la réflexion, le rassemblement de milliers de citoyens, autour d’un mouvement citoyen visant à proposer une autre démocratie. Le documentaire, en plus de nous immerger au coeur du mouvement, capte aussi la forte répression policière et médiatique visant à ternir et éteindre Nuit debout. L’usage du 49.3 et la résignation générale viendront à bout du mouvement. Mais si la place n’est plus occupée, les idées, elles, ont réussies à subsister.

178006

Alors, comment repenser le militantisme aujourd’hui ? À travers ces deux documentaires nous parviennent de premiers éléments de réponses : commencer par reprendre la main sur nos informations d’ordres privées à travers les logiciels libres. Avec la surveillance de masse, le boycotte des entreprises privées et de leurs services est un acte militant en soit. Des solutions existes pour reprendre le contrôle, comme l'abandon de système Windows ou Apple pour des systèmes d’exploitations GNU/Linux, et commencer à reprendre le contrôle sur nos données personnelles. Cela permet de reprendre, en partie, nos droits en matière de confidentialité et de vie privée. Et cela redonnerai une liberté d’action au militantisme dans une époque où celle-ci est de plus en plus réprimandée. Enfin, Nuit Debout à fait naître une globale sur notre système politique, et cette réflexion se doit d’être prolongée, et l’esprit de ce mouvement doit inspirer tout à chacun(e) une conscience politique et un esprit critique qui va appuyer l'émergence de nouvelles formes de militantismes. Et ces deux documentaires rappellent le rôle que se doit de jouer la culture dans l’action militante. Et son évolution.

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.