Affaire Pigenel : la campagne Bartolone éclaboussée à nouveau

Alors que Manuel Valls s'apprête à venir participer à un meeting politique en plein état d'urgence, une nouvelle révélation vient mettre au jour l'utilisation des moyens de l'Etat par le candidat Bartolone. En effet, des militants PS ont révélé que Romain Pigenel, patron du SIG, participait activement à la campagne. Une entorse grave au code électoral...

Lors du livetweet #DirectDray organisé par l'équipe digitale de Claude Bartolone, une discussion en aparté entre deux militants s'est révélée une véritable "bombe" lâchée par mégarde. Alors que Maxime Taillebois, militant PS, félicite sa consœur Elodie Massé pour cette idée de livetweet, celle-ci confesse que l'idée vient de leur "ami" Romain Pigenel, qui confirme quelques minutes plus tard avec un smiley. Or, Romain Pigenel est le patron du SIG, structure sensée travailler pour le Premier Ministre, et pas pour un candidat socialiste, fut-il Président de l'Assemblée.

Interrogé par des twittos suite à cette révélation gravissime, Romain Pigenel n'a pas souhaité répondre aux questions. Un embarras légitime, car il s'agit d'une entorse au Code électoral, mais aussi probablement à son contrat de travail personnel, qui ne comprend vraisemblablement pas de mise à disposition gracieuse de ses compétences en matière de stratégie digitale au profit de ses candidats favoris aux élections. Il répondra, à n'en pas douter, avoir donné quelques conseils à titre amical, comme tout patron pris en flagrant délit d'Abus de bien social, mais cela ne tient pas : les conseils d'un expert de son niveau son extrêmement coûteux.

Surtout, lorsque l'on sait les budgets que déverse chaque année le SIG sur le monde des médias et des agences de communication, cette révélation jette un doute fort sur le type de contreparties qu'un militant aussi zélé que semble l'être Romain Pigenel, est en mesure d'obtenir. Est-ce que certains prestataires du SIG ont aussi mis à disposition des troupes pour la campagne de Claude Bartolone ?

Une affaire qui relance le débat sur l'utilisation, par le camp Bartolone, des moyens de l'Assemblée et du gouvernement au bénéfice de sa campagne. Dans ce contexte, comment considérer que els comptes de campagne de C. Bartolone sont sincères ?

En tout état de cause, face à un tel scandale, Romain Pigenel ne pourra que démissioner de son poste. Quand à Claude Bartolone, ont aimerait rêver à des explications, s'il ne craignait pas le débat au point de ne plus faire d'apparitions publiques face à ses opposants...

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