Tout peut basculer !
« Il y a dans l’histoire des périodes où tout peut basculer. Nous en vivons une. » En prononçant ses mots samedi soir, lors de ses derniers vœux présidentiel, François Hollande ne pensait évidemment pas à la grande révolution d’octobre dont ce sera cette année le centenaire.
Ce basculement, il est déjà à l’œuvre et c’est le grand capital qui le mène. « la démocratie, la liberté, les droits sociaux et même la paix, tout cela devient vulnérable, réversible. » Tout juste, Monsieur le Président, et vous y avez contribué.
La démocratie ? Parlez-en au peuple grec. Elle ne joue que dans le cadre verrouillé du carcan néolibéral. Les Français eux-mêmes en savent quelque chose.
La liberté ? Celle de l’état d’urgence permanent ? Celle des syndicalistes condamnés à des peines de prison ? Celle des manifestants encerclés par des forces de l’ordre aux allures de Robocop ? Celle des médias aux mains des groupes capitalistes ? Celle des quartiers populaires ghettoïsés ?
Les droits sociaux ? Ceux qui les défendent contre vos lois scélérates ont droit à vos coups de matraque, à la répression patronale, à la justice de classe.
Quant à la paix ? C’est celle des armes, des bombes derrière les forces de l’Otan et des conflits impérialistes.
Oui, le terrorisme, les inégalités, le chômage, les bouleversements climatiques, la guerre, le fascisme, tout cela est bien présent mais c’est le prix que le capitalisme mondialisé fait payer aux peuples pour le maintien de son système.
En 1917, en Russie, les paysans, les ouvriers, les soldats ont fait basculer un ordre tzariste cruel et dépassé. L’espoir qu’ils avaient fait naître n’a pas résisté aux coups du capitalisme et aux sévères défaillances démocratiques internes.
Cent ans plus tard, le capitalisme totalement hégémonique est lui-même mis en cause. C’est son renversement que craignent les classes dirigeantes. Elles savent qu’elles ne sont plus en mesure de rassembler sur leurs projets. Il ne leur reste plus que la peur, la manipulation, la répression, le chaos. 2017 ne devrait malheureusement pas y échapper. A terme, pourtant, le système est condamné.
Les forces pour porter l’alternative existent. En France, elles ont commencé à converger dans la lutte contre la loi El Khomri : la jeunesse studieuse des universités et des lycées à laquelle devrait se joindre celle des quartiers, le monde ouvrier au cœur de ce combat, les fonctionnaires de toutes les fonctions publiques, les employés des grands magasins et des services ubérisés ou pas, les retraités, les professions libérales maltraitées par les grands groupes.
Les germes de la nouvelle société effleurent : c’est la part de communisme portée par les militants de la CGT et du PCF dans le programme du CNRS, mis en place par les ministres communistes à la Libération : le service public, la sécurité sociale, le statut de la fonction publique et les formes de propriétés alternative à la propriété lucrative, la démocratie sociale non étatique et la cotisation sociale, la fin du travail aliéné pour un statut unique du travailleur.
Le cadre reste celui de la République mais une République populaire et sociale.
Les valeurs : Liberté-Egalité-Fraternité-Laïcité portées par le peuple mais toujours bafouées par la bourgeoisie.
2017-1917. Cent ans plus tard, l’espoir n’est pas mort. Oui tout peut basculer !