Et maintenant

En engageant le grand débat E. Macron pensait surement disposer de trois mois pour mettre un terme au mouvement des gilets jaunes. Il n’en est rien et il se trouve maintenant face à la nécessité de devoir répondre aux exigences sociales, démocratiques et écologiques qui ne cessent de se manifester.

Et maintenant

En engageant le grand débat E. Macron pensait surement disposer de trois mois pour mettre un terme au mouvement des gilets jaunes. Il n’en est rien et il se trouve maintenant face à la nécessité de devoir répondre aux exigences sociales, démocratiques et écologiques qui ne cessent de se manifester.

Il est clair que ni E. Macron ni son gouvernement ne sont disposés aux changements politiques profonds qu’exige la satisfaction des demandes du mouvement social initié par les gilets jaunes.

Dès lors, les marges de manœuvre du gouvernement sont minces. Il en a déjà épuisé une bonne partie dans les concessions qu’il a dû céder en début d’année.

 Il va donc devoir faire passer les réformes rétrogrades qu’il s’apprête à engager pour des réponses aux demandes des gilets jaunes : réformes, en forme de liquidation, des retraites, de la Sécu, de la fonction publique ou encore des institutions… le tout saupoudré de quelques mesures censées répondre aux revendications de pouvoir d’achat et de démocratie : RIC, suppression, de la taxe d’habitation, de la redevance audiovisuelle, peut-être même de l’augmentation de la CSG pour les retraités qui la paient encore, diminution de l’impôt sur le revenu pour les tranches les plus basses… mais il s’agira surtout de ne rien toucher qui puisse nuire à l’accumulation du capital (compétitivité des entreprises). Le Medef, les patrons en général et les actionnaires n’ont rien à craindre.

Autrement dit, ne rien changer pour répondre davantage encore aux exigences de mise au pli de la France au capitalisme mondialisé. Vingt semaines de lutte pour en arriver là, ça risque d’être chaud !

En effet Il est fort probable que les réponses du gouvernement n’apaisent en rien les mouvements en cours mais au contraire les exaspèrent.

Les contradictions vont se tendre entre un mouvement social qui veut des réponses et un Etat au service d’un capitalisme dont les exigences de profits ne cessent de croître. Jusqu’où cela va-t-il aller ? Dans la situation politique et sociale actuelle, tout peut arriver.

Il y aura de toute évidence une réponse politique, le 26 mai au soir des prochaines élections européennes. S’il n’y a pas une réponse suffisante du gouvernement, E. Macron sera sanctionné. Une progression de l’extrême droite ne le gênerait en rien. Une forte poussée de la gauche radicale, je pense au parti communiste, serait significative de la volonté de s’engager vers des politiques sociales d’ampleur telles que notre peuple a pu en connaître en 1936 ou à la Libération. Ce serait pour les mouvement sociaux en cours un nouveau souffle et une perspective politique qui s’ouvre.   

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