Reconstruire des solidarités de classe

Les hospitaliers, les cheminots, les enseignants, les ouvriers victimes de « restructurations », les employés de la grande distribution, les jeunes pour le climat, les gilets jaunes encore… sont, chacun de leur côté, à la lutte contre les effets dévastateurs des politiques dites libérales. L’urgence est à recréer, dans les luttes, des solidarités de classe. Chacun doit y travailler.

Reconstruire des solidarités de classe

Les appels de personnalités à reconstruire à gauche se multiplient. Il y a effectivement urgence. La situation politique à l’issue des élections européennes est des plus préoccupantes.

La gauche est laminée. La victoire combinée de l’extrême droite et des forces les plus radicales du capitalisme mondialisé est lourde de menaces pour notre peuple.

 Le mouvement des gilets jaunes en refusant de poser les problèmes de classe, a ouvert la porte à la récupération politique du parti de Mme Le Pen.

Macron a les mains libres pour poursuivre ses réformes destructrices.

Pourtant, les hospitaliers, les cheminots, les enseignants, les ouvriers victimes de « restructurations », les employés de la grande distribution, les jeunes pour le climat, les gilets jaunes encore… sont, chacun de leur côté, à la lutte contre les effets dévastateurs des politiques dites libérales. (Il faudra bien arriver à dire capitalistes).

L’urgence n’est donc pas aux discussions de sommet ou au retour à des logiques d’appareils. L’urgence est à recréer, dans les luttes, des solidarités de classe. Chacun doit y travailler.

Les forces militantes du parti communiste ne sont pas entamées. Au contraire elles ont retrouvé dans cette campagne électorale une nouvelle vigueur.

Il faut maintenant les employer à travailler à la convergence des luttes, sur des propositions concrètes, visant à l’unification du salariat sur ses intérêts de classe.

Les propositions ne manquent pas. J’en donne trois, essentielles.

Et commençons par dire qu’il n’y a pas trop de prélèvements sociaux, il n’y en a pas assez !

Il faut plus d’argent pour les services publics et ceux qui y travaillent : la santé, l’école, le logement, les transports collectifs, la protection de la nature…

Ce n’est pas de l’argent jeté en l’air, tout cela crée de la solidarité, du bien-être pour tous et de la richesse… bien plus que la course à l’accumulation capitaliste.

Nous avons aussi proposé l’instauration d’un statut unique (ou universel) du travailleur donnant à chacun dès la fin des études un travail ou une formation ouvrant droit au salaire à la qualification tout au long de sa vie quelles que soient les circonstances : chômage, formation, maladie ou handicap, retraite.

Pour lutter contre les délocalisations, les restructurations capitalistes, la désindustrialisation, la fuite des capitaux…, nous avançons l’idée d’une maitrise publique et sociale des grands moyens de production, d’échange et de communication, des richesses produites et du travail qui les crée.

Où prendre l’argent pour tout cela ? Directement à la source des richesses produites par le travail comme ce fut le cas pour la création de la Sécu, à la Libération, dans un pays en ruine.

Il faut notamment en finir avec les exonérations de cotisations sociales et la fraude fiscale qui coûtent « un pognon de dingue ».

C’est sur ce terrain là que nous construirons les solidarités de classe et les rassemblements nécessaires pour ouvrir une nouvelle perspective politique à gauche.

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