Peut-on supprimer des postes de fonctionnaires

Mais peut-on supprimer des postes de fonctionnaires aussi facilement ? Non ! Car malgré ce que l’on entend généralement les fonctionnaires travaillent.

Les policiers sont dans la rue. Ils n’en peuvent plus. Motif : manque d’effectifs et de considération. Ils veulent bien donner des coups mais ils ne veulent pas en recevoir.

La droite crie au scandale et s’en prend au ministre de l’intérieur B. Cazeneuve. Elle a pourtant supprimé et voté en chœur du temps de Sarkozy 12000 postes de policiers et de gendarmes que Hollande n’a d’ailleurs pas remplacés.

Maintenant que c’est le foutoir chez les flics la droite parait-il regrette ces suppressions. En est--il de même pour les 150 000 postes que Sarkozy a rayés de la fonction publique d’Etat ?

Pas du tout, à droite c’est haro sur la fonction publique. C’est à celui des candidats de la primaire qui annoncera  le plus de suppressions. La palme revient à Bruno Le Maire qui en brandit 500 000 !

Mais peut-on supprimer des postes de fonctionnaires aussi facilement ?   Non !Car malgré ce que l’on entend généralement les fonctionnaires travaillent.

Supprimer des postes c’est supprimer, dégrader, ou transférer des services rendus à la population. On voit aujourd’hui dans la police mais aussi dans l’éducation nationale et à l’hôpital les désastres que provoquent  ces suppressions en termes de souffrances au travail mais aussi de dégradation des services, de réduction de prestations.

Pour diminuer ses effectifs dans la fonction publique d’Etat, N. Sarkozy n’a rien trouvé de mieux que de transférer leurs compétences aux collectivités territoriales qui ont dû pourvoir 130 000 postes, payés par l’augmentation des impôts locaux.

D’autres services autrefois de la compétence de l’Etat ont été livrés au privé sous le prétexte de dégraisser l’emploi public. En fait,  on a engraissé les sociétés privées.  C’est le cas des autoroutes, des pompes funèbres, du ramassage, du traitement des déchets….pour la fonction publique territoriale par exemple.

Les suppressions d’emploi public  ont-ils permis de redresser les comptes de l’Etat ? Sarkozy champion de dégraissage de fonctionnaires a laissé une ardoise de 600 milliards de dette supplémentaire.

Contrairement à ce que l’on nous rabâche, les fonctionnaires ne sont pas à la charge de l’Etat, des collectivités ou de la Sécu.

Leur travail produit des richesses comme les autres travailleurs effectuant les mêmes tâches dans le privé mais la société a décidé de socialiser leur travail. Leur salaire est payé par l’impôt ou par les cotisations sociales au lieu de l’être par un particulier.

Si la droite est si friande de supprimer des fonctionnaires ce n’est pas par soucis d’efficacité ou de diminution de la dépense publique comme on l’entend aussi à gauche, c’est parce qu’elle veut livrer leurs fonctions aux appétits des intérêts particuliers, privant ainsi les plus pauvres notamment des services qui leur étaient rendus.

L’exemple de la santé est éclairant : les Etats-Unis ont un système privé qui leur coûte 17,1 point de PIB, en France c’est 11,5 pour être parait-il le meilleur système de santé au monde.

Quant au dogme de l’entreprise qui serait la seule à créer des emplois et de la valeur il sert à justifier le transfert des richesses vers le privé.

Le PS a lâché 44 milliards par an, la droite en propose le double. Le chômage n’ a pas baissé et ceux qui travaillent ne se portent pas mieux pour autant à la différence des actionnaires.

Imagine-t-on ce que la sécurité sociale, les congés payés, la prolongation de la scolarité, les HLM, le service public….ont permis comme créations d’emplois et de nouvelles richesses et ce qu’il adviendrait s’il prenait l’idée aux travailleurs de prendre l’entière maîtrise de leur travail et des richesses qu’ils produisent  et d’en faire bénéficier chacun à la mesure de ses besoins ?

Si on essayait !


 


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