Les policiers manifestent à Béziers

Les policiers de Béziers ne désarment pas. Ils manifesteront ce lundi pour la quatrième fois en quinze jours malgré les avertissements de leur hiérarchie. Ils dénoncent des conditions et des rythmes de travail insupportables, le manque de considération de leurs supérieurs. Cette fois ci, ils appellent la population à les soutenir. C’est une première !

Les policiers manifestent à Béziers

Les policiers de Béziers ne désarment pas. Ils manifesteront ce lundi pour la quatrième fois en quinze jours malgré les avertissements de leur hiérarchie. Ils dénoncent des conditions et des rythmes de travail insupportables, le manque de considération de leurs supérieurs.

Cette fois ci, ils appellent la population à les soutenir. C’est une première !

Les soutenir, oui, mais pour quoi faire ?

La population qui appuie sa police…on avait vu ça lors du 11 janvier 2015 après les attentats contre Charlie-Hebdo.

Dans les confrontations avec les forces de l’ordre lors des manifestations contre la loi El Khomri, certains appelaient les CRS à la fraternisation avec les manifestants, ils reçurent des coups de matraques et des bombes lacrymogènes en signe d’amitié.

 Je ne crois pas non plus que les jeunes de la Devèze répondent spontanément à l’invitation des policiers.

Le monde du travail, lui, y réfléchira deux fois avant d’aller se solidariser avec les policiers : des meilleures conditions de travail ? À condition que ça ne soit pas pour mieux leur taper dessus quand ils manifestent à leur tour.

Les manifestations de ces jeunes policiers en disent long sur la crise de la société française. Une chose est certaine, ils ne trouveront pas de réponse à leur malaise dans une escalade de la répression, ni dans des politiques discriminatoires. Qu’ils en viennent à s’interroger sur le sens de leur métier et la reconnaissance qu’ils peuvent attendre de la population devrait les amener à penser qu’il ne peut y avoir de bonne police et de bons policiers au service d’une société inégalitaire et ségrégative.

Les actes de violence subis par les policiers sont-ils plus nombreux aujourd’hui ?

Le nombre de décès en service a été divisé par quatre en une vingtaine d’années et l’on a deux fois plus de risque de décès quand on travaille dans le BTP que dans la police.

Alors faut-il soutenir ces policiers dans leurs manifestations ?

Oui s’il s’agit d’obtenir plus de moyens et d’effectifs dans le cadre d’une police publique au service du peuple, oui pour le développement de la prévention, oui pour une meilleure formation et de meilleurs salaires.

Non s’il s’agit de donner plus de pouvoir à la police et d’empiéter sur ceux de la justice, non à la surenchère sécuritaire et aux logiques d’affrontement, non au tout répressif et à la politique du chiffre, non au ciblage des populations d’origine immigrée et notamment des jeunes.

 

 

 

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