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Charles Heimberg. Historien et didacticien de l'histoire

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Billet de blog 3 avril 2011

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Ignominie. L'extrême-droite helvétique exprime sa xénophobie sur le dos des victimes de Fukushima

« Jusqu’ici prudente sur la question de la sortie du nucléaire, écrit l'Agence télégraphique suisse, l’UDC entre dans le débat et propose ses pistes. Freiner l’immigration permettrait de réduire le besoin en énergie, explique en substance le président du premier parti de Suisse Toni Brunner dans le journal alémanique Sonntag. »

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« Jusqu’ici prudente sur la question de la sortie du nucléaire, écrit l'Agence télégraphique suisse, l’UDC entre dans le débat et propose ses pistes. Freiner l’immigration permettrait de réduire le besoin en énergie, explique en substance le président du premier parti de Suisse Toni Brunner dans le journal alémanique Sonntag. »

« Nous devons discuter d’alternatives à l’énergie atomique », déclare Toni Brunner, qui ajoute cependant : « si l’immigration se poursuit au même rythme qu’actuellement, nous ne pourrons pas éviter la construction de nouvelles centrales nucléaires ».

Le conseiller national soleurois Walter Wobmann, qui œuvre à un coup de frein à l’immigration au sein du groupe de travail interne « Asile et étrangers » de l’UDC, abonde dans le même sens. À ses yeux, une hausse de la population de 100’000 personnes augmente le besoin énergétique en Suisse d’environ un milliard de kWh.

Depuis 2007, quelque 320’000 personnes ont immigré en Suisse. Or la centrale nucléaire de Mühleberg produit annuellement environ trois milliards de kWh. Sa conclusion : sans immigration, il serait possible de se passer de Mühleberg.

ATS, Agence télégraphique suisse, 3 avril 2011»

Pour rappel, l’UDC, la mal-nommée Union démocratique du centre, le premier parti de Suisse, est une formation d’extrême-droite ultra-conservatrice et xénophobe dirigée de fait par Christoph Blocher, l’une des plus grandes fortunes du pays. Membre du gouvernement fédéral, elle fait pression sur l’Helvétie pour l’isoler de l’Europe et multiplie avec succès des campagnes populistes qui font l’admiration des formations d’extrême-droite de toute l’Europe.

Ce dimanche, après avoir longuement refusé toute remise en question des centrales nucléaires suisses après l’accident catastrophique de Fukushima au Japon, ce parti national-populiste est sorti du bois. Il veut bien envisager, comme tout un chacun, les conditions d’une sortie du nucléaire. Mais seulement pour profiter opportunément des circonstances, par le biais d’une récupération ignoble, en lançant une nouvelle campagne contre les étrangers qui vivent en Suisse.

La bassesse des arguments et des amalgames des ténors de l’extrême-droite prêterait à sourire s’ils n’étaient pas constamment courtisés par les ténors des partis de la droite traditionnelle, soucieux d’assurer des majorités qui leur soient favorables. Et s’ils n’imposaient pas à toute la population suisse, au fil de leurs initiatives, un calendrier politique de plus en plus nauséabond. En Suisse comme ailleurs, la banalisation de l’extrême-droite est toujours plus à l’ordre du jour dans les milieux conservateurs, quitte à négliger les valeurs humanistes les plus fondamentales. En Suisse comme ailleurs, une clameur démocratique devrait se lever pour mettre fin à cette dérive vraiment inquiétante.

Il faut le dire haut et fort! Relier un accident nucléaire de très grande ampleur, avec son lot inévitable de vies humaines et toute l'émotion, et les peurs, qu'il soulève légitimement dans le monde entier, à une campagne contre les étrangers, c'est indigne!

Charles Heimberg, Genève

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