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Charles Heimberg. Historien et didacticien de l'histoire

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Billet de blog 26 août 2015

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Les problèmes de l’austérité et des réfugiés sont connectés

Bref billet retournant sur un été sombre et inquiétant. La crise grecque a ouvert des espoirs aussitôt déçus sans que rien ne se résolve, bien au contraire. Problèmes de gestion économique, de méfaits de l’austérité, au nom d’un dogme imposé à tous. La crise humanitaire des réfugiés arrivant aux portes de l’Europe a fait s’élever des murs et des barbelés sans aucune politique commune. Problèmes de replis identitaires et d’oubli manifeste des valeurs qui ont fondé l’idée de construction européenne sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale.

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Bref billet retournant sur un été sombre et inquiétant. La crise grecque a ouvert des espoirs aussitôt déçus sans que rien ne se résolve, bien au contraire. Problèmes de gestion économique, de méfaits de l’austérité, au nom d’un dogme imposé à tous. La crise humanitaire des réfugiés arrivant aux portes de l’Europe a fait s’élever des murs et des barbelés sans aucune politique commune. Problèmes de replis identitaires et d’oubli manifeste des valeurs qui ont fondé l’idée de construction européenne sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale.

Toutefois, ces deux crises, ces deux impasses, ne vont pas l’une sans l’autre. Et il n’y a pas besoin d’évoquer les îles grecques de Kos et Lesbos, où elles se rejoignent à l’évidence, pour les affronter l’une avec l’autre.

Ce ne sont pas les politiques d’austérité d’une part, et les frontières renforcées d’autre part, qui nous font aller droit dans le mur, du point de vue des droits humains, des droits de tous et de chacun, mais ce sont précisément les unes ET les autres, dont les effets délétères se renforcent mutuellement.

Et pourtant, beaucoup de réflexions souvent stimulantes, parfois déconcertantes, qui ont circulé cet été n’ont clairement porté que sur l’un ou l’autre de ces deux problèmes. Beaucoup d’articles de presse nous informent, ou nous désinforment, sur l’une ou l’autre de ces crises sans les mettre particulièrement en lien.

Or, la critique légitime et nécessaire des politiques d’austérité et le débat contradictoire sur la question de l’euro, traités sans lien particulier avec la crise humanitaire des réfugiés, laissent la voie libre, y compris dans des milieux a priori progressistes, et dans un air du temps dangereusement sensible aux crispations identitaires, à l’émergence de postures et de prises de position plus ou moins souverainistes. Il est donc temps de réaffirmer que l’idée même de souverainisme de gauche est un périlleux oxymore, un tourbillon dans lequel ceux qui sont pris ont toutes les chances de finir de fait à droite, et même à la droite de la droite, dans les absurdités du populisme et dans les outrances de la stigmatisation et de la discrimination de catégories subalternes parmi les humains.

À quelques semaines du centenaire de la conférence pacifiste de Zimmerwald, qui a eu lieu discrètement en Suisse pour tenter de mettre sur pied une première forme de résistance à la guerre mondiale en cours, la question d’un internationalisme du XXIe siècle qui ne laisse pas le monopole de l’ouverture au monde et de l’universalisme aux seuls méfaits de l’ultralibéralisme se pose dans des termes nouveaux, mais sans doute avec une certaine urgence.

Charles Heimberg (Genève)

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