Ou alors, si, Federer a battu Nadal ! Premier sujet abondamment traité en première partie des informations de 22h30 sur la radio suisse romande ! Ce n’est ainsi que dans un second temps qu’il a été question du vote sur le renvoi systématique desdits criminels étrangers…
Que la Suisse se soit une nouvelle fois couverte de honte en enregistrant un vote populaire profondément xénophobe, parce que profondément discriminatoire à l’égard d’une partie de sa population, une catégorie pourtant essentielle à sa prospérité, ne mérite donc même plus, semble-t-il, qu’on y prête trop d’attention !
Que la société helvétique soit minée par un parti national-populiste influent (mais pas majoritaire), raciste et d’extrême-droite, mais intégré au gouvernement fédéral, auquel les forces démocratiques laissent l’initiative de l’agenda politique au fil de campagnes haineuses et nauséabondes, on semble avoir malheureusement fini par s’y habituer…
La réalité est pourtant là : s’ils commettent des délits, des jeunes, ou des moins jeunes, issus de l’immigration, mais dont la famille est présente en Suisse et y travaille parfois depuis plusieurs générations, devraient subir une double peine, une peine doublée par une expulsion qui pourrait ressembler de fait, dans certains cas, à une forme d’expatriation masquée.
En réalité, une possibilité d’expulsion des résidents étrangers existe déjà en Suisse. Et elle est déjà pratiquée. L’un des enjeux du vote du 28 novembre concernait surtout son caractère systématique, dans tous les cantons, et son extension à des délits comme… les "abus" en matière d’assistance sociale.
Il fut un temps, dès les années soixante, où les initiatives populaires xénophobes étaient régulièrement rejetées. Elles l’ont été, me semble-t-il, chaque fois que les milieux économiques suisses se sont engagés activement dans la campagne pour prévenir des conséquences désastreuses qu’elles auraient eues pour leurs propres intérêts, mais aussi, dans ces cas, pour ceux de toute la société. Or ici, comme lors du vote sur l’interdiction des minarets, il n’en a rien été.
Du côté des partis de la droite et du centre, et d’une partie minoritaire des socialistes, le choix a même été fait cette fois de proclamer que les populistes de l’Union démocratique (sic) du centre (resic) auraient soulevé un problème réel, et qu’il fallait donc durcir la loi actuelle par un contre-projet un peu plus attentif au droit international et à l’intégration. Cette posture, fort dommageable pour les droits démocratiques, n’a fait que promouvoir la campagne de haine, l’original ayant finalement été préféré à la copie.
Comme au lendemain du vote sur l’interdiction des minarets, le seul espoir pour le respect des droits humains en Suisse réside dans l’application du droit international et européen. Et dans une claire condamnation de l’État helvétique s’il se mettait à appliquer ce qui vient d’être voté, et qui n’aurait pas dû l’être.
Cependant, fort de la légitimité apparente de l’approbation populaire d’un texte inacceptable, et probablement inapplicable, le national-populisme dispose désormais en Suisse d’un bel argument pour promouvoir encore plus d’isolement et de fuite en avant dans la haine identitaire…
Charles Heimberg