LULA LIBRE : LE COURAGE DE DEUX HOMMES CONTRE LE BRUTALISME BRESILIEN

Le Président Brésilien Lula da Silva vient d'être libéré après 580 jours de prison. Sa condamnation a été une farce juridique dont l'objectif était d'empêcher sa candidature à l'élection présidentielle pour laquelle les pronostiques indiquaient sa victoire dès le premier tour. Ces élections ont amené Jair Bolsonaro au pouvoir.

Le Président Lula da Silva vient d'être libéré après 580 jours de prison. Sa condamnation a été une farce juridique dont l'objectif était d'empêcher sa candidature à l'élection présidentielle pour laquelle les pronostiques indiquaient sa victoire dès le premier tour. Rappel : Lula est celui qui a permis 23millions de familles brésiliennes de manger pour la première fois à leur faim.

Trois facteurs ont été déterminants pour cette libération : l'immense mobilisation populaire, le courage du Président Lula et celui du journaliste Glenn Greenwald.

Lula, qui a toujours refusé tout compromis que lui aurait permis d'avoir un aménagement de sa peine : proclamant son innocence, il refusait de négocier les conséquences d'un jugement qu'il qualifiait d'une mascarade, en même temps qu'il dénonçait l'imposture du juge Sergio Moro, ceci avant et après que celui-ci soit devenu le ministre de la justice du gouvernement Bolsonaro.

Quant à Greenwald, il est un journaliste d'investigation du journal The Intercept, le même journaliste qui a publié les dénonciations d'Edward Snowden sur les programmes de surveillance de masse des citoyens, entreprises et États du monde entier par la NSA, dont le film documentaire Citizenfour a enregistré le moment ainsi que les conditions où ces dénonciations ont été faites. Au Brésil, où il vit, Glenn Greenwald a divulgué il y  quelques mois des échanges de mails, textos et enregistrements entre Moro et le procureur, Deltan Dallagnol, échanges dans lesquels ces deux magistrats organisaient le montage d'une accusation qui devient, après ces révélations, le plus grand scandale du pouvoir judiciaire brésilien et certainement de toute démocratie formelle du monde actuel.

Il faut signaler que la gigantesque médiatisation de cette machination, avec toutes les intrigues corruptions et conspirations qui vont avec, a été pendant des années saluée par les brésiliens comme une entreprise de lavage express ( en brésilien : lava jato) des saletés de la vie politique. Sergio  Moro était un héros national - réputation contre quoi toute voix contraire était inaudible, comme celle de la philosophe Marilena Chaui qui a révélé que le dit héros avait fait un stage dans le FBI. Il faut dire aussi que cet ensemble de fausses accusations et de procès fabriqués, qui ont détruit la vie de beaucoup, a été gobée par un grand nombre de journalistes brésiliens et étrangers (français inclus), même parmi les meilleurs.

Rappelons que dénoncer le cynisme criminel d'un régime où règne ce que le sociologue Pierre Sauvetre appelle le brutalisme, fait de ce lanceur d'alerte une cible de choix pour les néo-nazistes brésiliens qui demandent, en suivant Jair Bolsonaro, le retour de la torture et de la dictature - le meurtre comme méthode de gouvernement.

Ce sont les révélations du journaliste Glenn Greenwald, son courage, rejoignant le courage et la ténacité du Président Lula, qui ont obligé le Suprême Tribunal Fédéral (STF) Brésilien a reconnaître comme anti-constitutionnel l'ordre de prison qu'il avait lui-même prononcé il y a de cela plus d'un an.

Notre gratitude à cet humanisme de combat.

 

(situation politique à suivre. avec attention et passion) 

 

 

 

 

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