La survivance des slave patrols dans la police américaine

Des officiers de la police aux frontières (Border Patrol), à dos de cheval, agitant leurs longues rênes, chassent des migrants haïtiens, à Del Rio, au Texas, en septembre 2021. Les forces de l’ordre américaines sont nées des Slave Patrols, des patrouilles d'esclaves mises sur pied au 18e siècle.

                     

Montage: Hejer Charf. Photo: Paul Ratje, AFP Montage: Hejer Charf. Photo: Paul Ratje, AFP
Des milices composées d’hommes blancs, à cheval, munis de fusils, de cordes, de fouets; ils patrouillaient, disciplinaient les esclaves pour empêcher les tentatives de fuite et d’insurrection. Une organisation fondée sur la suprématie blanche dont l’héritage se perpétue insidieusement et parfois ouvertement. Des gestes et des sentiments d’un corps policier qui remontent depuis le fond obscur du passé. Un vestige de l’histoire tapi dans une filiation de cruauté et de terreur.  

Why did American policing get so big, so fast? The answer, mainly, is slavery.

Les racines de la police américaine

« Partout des empreintes nous précèdent ou bien nous suivent. Beaucoup nous échappent, beaucoup disparaissent, quelquefois sous nos yeux même. Certaines transparaissent, d’autres crèvent les yeux. D’autres ont disparu depuis longtemps, mais quelque chose nous dit qu’elles demeurent, enfouies, repérables par quelque détour archéologique du désir ou de la méthode. Certaines quelquefois semblent nous poursuivre. Beaucoup nous survivront », écrit Georges Didi-Huberman dans La ressemblance par contact. Archéologie, anachronisme et modernité de l’empreinte.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.