Violences faites aux femmes: l’urgence de mettre sur la table de véritables moyens!

Ce samedi 5 octobre, se tenait un important rassemblement à Paris, et d'autres en France, contre les violences conjugales à l'appel de personnalités et en présence de nombreuses associations pour que nous sauvions « celles qui sont encore vivantes ».

« Tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou de son ancien conjoint. […] Et 225 000 autres ont été victimes de violences conjugales » comme le rappelle justement la pétition lancée par Muriel Robin en passe d'atteindre les 500 000 signataires.

Si je n'en partage pas la demande de repenser la loi sur la légitime défense car j'estime que c'est avant tout la prévention et l'accompagnement qui permettront de sauver les femmes et les enfants confrontés aux violences conjugales et intrafamiliales, comment ne pas entendre le cri de toutes celles et ceux qui ont été ou continuent d'être marquées dans leur chair ou dans leur cœur !

Alors, oui, il faut augmenter le budget alloué aux associations qui aident les victimes. Il faut former les professionnel.le.s (policiers, gendarmes, magistrats). Il faut créer partout des centre d'hébergement dédiés et continuer de privilégier l'éviction systématique du conjoint violent.

Un an après #Metoo, il faut un plan d'action global pour en finir avec l’impunité des agresseurs comme le réclament également aujourd'hui 600 femmes dans une tribune, 600 personnalités qui aux côtés du mouvement #Noustoutes appellent à une marche historique contre les violences sexuelles et sexistes le 24 novembre prochain.

Aussi la création d'un ministère dédié à l'égalité femmes-hommes au lieu d'un simple secrétariat d'Etat n'aura de véritable capacité d'action que s'il est doté de moyens conséquents, loin des 29.871.581 euros votés en loi de finances pour 2018 auxquels le gouvernement ne semble pas avoir prévu de rajouter un euro dans son projet pour 2019 !

Marlène Schiappa qui a salué ce « grand rassemblement » en précisant que « le gouvernement d’Édouard Philippe fait tout ce qui est en son pouvoir » tolère donc de ne plus disposer l'année prochaine que de 0,0064% du budget général qui est lui en augmentation.

En terme de politiques transversales, il faut tout de suite que l’État mette un milliard d'euros sur la table, cinq milliards à terme pour espérer éradiquer les violences de genre, ce fléau et incompréhensible vestige, dans la France du 21ème siècle, des inégalités entre les femmes et les hommes.

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