Intervention européenne des mouvements Féministes et solidarité européenne

Mon Intervention sur la place politique des mouvements féministes en Europe, lors du congrès du parti de la gauche européenne - du 13 au 15 décembre 2019 à Malaga. (Conditions de travail très difficiles ! 2 minutes 30 secondes

En tant qu’adjointe aux droits des femmes à Paris, la prise en considération de mon action a considérablement évolué quand a surgi le mouvement « Metoo ». J’ai expérimenté « in vivo » le pouvoir qu’un mouvement social peut avoir sur les institutions.

Ce mouvement pour lequel en tant que féministes et communistes nous avons tant mobilisés.

 

La mise à l’agenda politique de la question Feministe est une réalité indiscutable.

Les mouvements féministes sont entrés dans une phase intense d’intervention politique à  l’échelle européenne et malgré de fortes résistances également en France.

 

Dans plusieurs pays, comme l’Espagne, la Pologne, l’Irlande... de puissants mouvements se sont soulevés et ont laissé des traces, forgé des convictions, et de nouvelles portes voix du féminisme.

 

Les femmes se mobilisent, se solidarisent, revendiquent l’égalité mais également doivent lutter contre les LGBT-phobies car nous devons lutter contre toutes les violences patriarcales !

 

En France, la question des feminicides s’est imposée en quelques mois sur les murs de paris.

S’appuyant sur le décompte morbide des plus de 140 femmes assassinées par leur conjoint ou ex, depuis le début de l’année, soit une femme tous les deux jours sans compter les enfants co-victimes. La société française demande aux pouvoirs publics d’intervenir !

 

C’est un mouvement de fond, historique et irrésistible, un espoir pour nos sociétés.

Ce qui se passe aujourd’hui est de nature à transformer durablement les rapports sociaux.

 

Il reste néanmoins d’importantes entraves, j’en vois au moins 4 :

 

1- la première c’est le renforcement des inégalités lié aux politiques d’austérités et aux choix économiques actuels. Coupe budgétaire après coupe budgétaire, la réalité est celle d’un manque cruel de moyens financiers dédiés aux politiques d’égalité, de dysfonctionnements des services publics de l’état. Et je ne parle pas de la réforme des retraites voulue par le gouvernement en France, dont les femmes seraient les premières victimes, ni de l´incapacité à faire respecter l’égalité salariale et professionnelle.

 

2- la seconde entrave c’est la progression des forces d extrêmes droite et des extrémistes religieux en Europe. La France n’est pas épargnée. Voyez le cas du rassemblement national (RN) qui usurpe des exigences féministes à des fins racistes et discriminatoires en direction des femmes musulmanes par exemple. Une alternative Feministe ne peut être dissociée du combat contre le racisme, l’extreme droite, les extrémistes et les idées réactionnaires.

 

3- la troisième entrave c’est le sexisme qui perdure dans nos sociétés européennes. Cette « culture du viol ». Avec nos partis et nos eluEs nous devons continuer à œuvrer pour l’Éducation à l’égalité. Parce qu’il faut agir, nous avons produit un outil concret, que je vous ai ramené traduit en 6 langues, le « violentometre » qui est à votre disposition.

 

4- la dernière entrave, malgré des progrès, est une sous estimation par l’ensemble des organisations politiques, démocratiques, syndicales et sociales de la question de l’égalité Femmes-Hommes, y compris en leur sein ! Car se pose aujourd’hui avec fracas la question des débouchés politiques au mouvement de fond en cours et notamment des débouchés politiques européens et des solidarités féministes en Europe.

 

Hélène BIDARD

 

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