Enfant d'écolo, militant moi-même pour une écologie du vivant, je suis sidérée par la bascule qui est en train de se produire.
Après 50 de lutte contre le climatosepticisme, nous pensions arriver au bout de nos peines, Greta faisant écho à Severn.
Ben non c'est encore pire qu'avant!
On a l'impression de vivre Avatar au quotidien, avec les écolos historiques qui portent une écologie du vivant, une écologie de la reliance avec l'ecosystème faisant face aux petits nouveaux de l'écologie, naïfs mais si fiers de leur forces : les fous furieux de la technoïde aigüe, ivres de leur puissance carbonée et de leur pognon de dingue, foi aveugle dans la suprémacie du digital, de l'IA, des robots, du bigdata, boostés par les promesses affabulatrices de l'univers des start-up. "Poussez-vous les rigolos des paquerettes et des papillons, vous allez voir, on va vous régler, ça en deux coup de cuillères à pot! On est les rambos de l'écologie, nous!"
Ils déboulent à donf, avec leurs bulldozers XXL, ouvrent de nouvelles mines géantes, veulent aller sur Mars, envahir le ciel de satellites tout azimut, tout électrifiés. Trop fort, ils vont maitriser le climat à coup de chemtrails, de chimie, de satellites réflecteurs, polluant encore plus le ciel et l'air que nous respirons, allant siphoner les nappes fossiles jusqu'à la dernière goutte. En 10 ans, ils vont inventer mille et une technologies toutes aussi hasardeuses et dangereuses les unes que les autres, oubliant qu'on a plus assez de matériaux et d'énergie, juste pour poursuivre ce qui existe déjà? Et qu'on met 20 à 30 ans pour mettre au point des nouvelles technologies. Ben, on sera déjà au seuil de 2050 et rien ne sera prêt.
Désolée, on a plus le temps de vous accorder 30 ans d'essais-erreurs, il aurait fallu démarrer en 1990 au lieu de rester dans le déni. Là, il faut viser juste du premier coup! Donc écouter les écolos qui phosphorent là dessus depuis 50 ans. La seule méthode fiable pour survivre, c'est la décroissance ... ou la mort!
La mort ? On dirait pas les convulsions chaotiques d'un être avant de mourir? Vous savez, le poulet a qui on a coupé la tête et qui courre comme un damné dans la cour....
La mort donc. C'est tellement difficile de changer de paradigme et d'admettre qu'on s'est trompé, que notre mode de vie n'est pas enviable, mais débile et toxique, que le système économique est antiécolo, donc mortifère. Que le cynisme n'est pas une vertu de dirigeant.
Oui, nos élites confiantes dans leur aptitude à s'auto-protéger du merdier ambiant grâce à leur pognon de dingue, ont choisi de mourir riche avec hummer, palaces, piscine, clim, 5G, vidéos on demand a donf, servi par des robots IA si aimables, roulant sur les cadavres des gueux sacrifiés à l'autel du refus de l'abandon du monde d'avant, si chouette pour les nantis.
Que nous reste-t-il, à nous le peuple des gueux sacrifiés, pour agir encore et sauver l' à venir de nos enfants?
Les fridays for futur ad libitum?
Les sittings collectifs à la Gandhi?
La grève de la faim collective ?
La biffurcation radicale décroissante, quoiqu'il nous en coute?
Tous à 2 tonnes en 5 ans?
L'heure est grave, le temps est compté.