Communiqué de Sivens : Le pouvoir organise la violence

Le pouvoir organise la violence : sachons déjouer ses manœuvres d'intimidation

La marche à Sivens du 25 octobre prévue de longue date pour rendre un hommage à Rémi et signifier que nous sommes toujours mobilisés, cette marche serait sur le point d'être  interdite par la préfecture, au motif que des agriculteurs, sous la bannière de la FDSEA et des JA ont demandé et prévu pour le même jour d'organiser un nettoyage de la zone précisément ce même jour intitulé "opération foin". Une délégation reçue vendredi par la préfecture du Tarn vient de le rapporter.

Pour atténuer ce qui est une provocation, il est possible que les 2 manifestations soient toutes deux interdites.

Il est à craindre que le pouvoir, sans doute au plus haut niveau, entende organiser la discorde entre les organisations signataires de l'appel pour une marche le 25 octobre à Sivens et leurs adhérents et sympathisants. S'il mettait à exécution  sa menace d'interdiction,  il organiserait  en effet la discorde entre ceux et celles qui souhaiteront passer outre cette interdiction et ceux qui s'y plieront. Il organiserait enfin la discorde entre tous opposants au barrage et la fraction de la population qui est demeurée à l'écoute de la désinformation gouvernementale ou qui cède à la peur. Il organiserait surtout la violence comme il l'a déjà fait à plusieurs reprises, notamment lors de la semaine de l'expulsion des occupants de Sivens en mars 2015, en se gardant d'intervenir contre les pro barrage qui se sont livrés à des exactions non seulement contre les occupants mais aussi contre la population, et en procédant à de multiples interpellations à l'encontre des occupants, il conforterait dans la toute puissance ceux qu'il a laissé complaisamment agir.

Il inciterait les opposants modérés à la radicalisation et conforterait dans leur stratégie ceux qui  récusent la modération. Il réitèrerait la même tactique en se présentant impuissant à contrarier ceux qui  ont décidé que le 25 sera une opération de nettoyage de la zone, et non une journée d'hommage et de rassemblement. Il laisse entendre qu'un affrontement pourrait avoir lieu, qu'il serait impuissant à s'interposer. C'est une manière d'autoriser les violences telles qu'elles ont déjà eu lieu il y a quelques mois

Les organisateurs de cette journée n'auraient le choix qu'entre une mobilisation clandestine sur un site interdit et la honte de s' être engagés et de devoir se déjuger.

Le motif invoqué, opération nettoyage de la zone ou risque de réoccupation, n'étant pas recevable autrement que comme des provocations. Quand le pouvoir s'appuie sur des groupes n'ayant pas légitimité pour exercer la force et faire le sale boulot à la place, on est dans une dérive fasciste.

Mais il existe un moyen de sortir de ce piège : celui d'un  sursaut républicain massif propre à signifier que nous refusons la dérive fasciste du pouvoir.

Rappelons-nous que nous avons le bon droit pour nous : dès septembre 2014, les garde-mobiles étaient là pour couvrir un chantier illégitime à l'incohérence avérée. Les opposants étaient dans leur  bon droit. Il le sont encore.

Nous devons nous rassembler massivement pour rappeler notre conception de l'ordre et de la justice. Attendre la fin des négociations entre la préfecture et les opposants, c'est courir le  risque de servir le jeu du pouvoir, pour le cas où ce dernier feindrait la possibilité d'une autorisation au seul but de  différer notre riposte, et déclarer l'interdiction  au dernier moment.

Jean-Claude Egidio

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