Les Iraniens vont manifester à Bruxelles pour faire entendre leur désir de liberté

Depuis janvier 2018, la vague de colère et de manifestations qui a balayé des centaines de villes et de bourgades de l’Iran profond n’a rien perdu de sa vigueur et reste soutenue par la diaspora qui va manifester à son tour en Europe et en Amérique du nord.

Les Iraniens manifestent à Paris pour un Iran libre le 8 février 2019 Les Iraniens manifestent à Paris pour un Iran libre le 8 février 2019
Le mois de juin, mois de révolte par excellence en Iran, va égrener de nombreuses manifestations pour un Iran libre dans les capitales occidentales, comme un chapelet de vœux ardents de liberté et de fin de la tyrannie des mollahs.

Les médias et les politiques accordent toute leur attention au dossier nucléaire et aux sanctions qui frappent la théocratie au porte-monnaie. Mais très peu entendent et rapportent les aspirations d’une population excédée par 40 années de souffrances, d’interdits et de destruction systématique.

En plus de la barbarie, la misère s’est à son tour emparée des Iraniens qui se retrouvent le frigo et la nappe vides, tout comme leurs poches parce que les salaires ne sont pas payés et tout comme leur compte d’épargne siphonnés par les gardiens de la révolution pour livrer leurs guerres féroces en Syrie et au Yémen et payer grassement Hezbollah au Liban et milices cruelles en Irak.

Pas un jour ne se passe en Iran sans que les enseignants, les ouvriers, les infirmières, les étudiants, les employés municipaux, les taxis, les camionneurs, les retraités, les commerçants du bazar, les cheminots et la jeunesse ne se rebellent. Ils descendent dans la rue pour réclamer des mois d’arriérés de salaire, leurs pensions, un alignement sur le seuil de pauvreté, la baisse des prix, une vie décente, la fin du voile obligatoire, le droit d’étudier, la fin de la dictature.

A ce flot de doléances, ces derniers mois se sont ajoutées celles des sinistrés des inondations qui ont tout perdu et qui restent abandonnés par les autorités, livrés à eux-mêmes, sans secours, sans abris, sans indemnisations.

Nul n’oublie non plus les familles endeuillées par les exécutions qui restent massives et les parents des prisonniers politiques et de consciences, en proie tous les harcèlements et pressions, en proie toutes les inquiétudes de ne plus revoir les leurs.

Stopper l'aide aux bourreaux

Alors les Iraniens de la diaspora vont se retrouver à Bruxelles le 15 juin à 14h sur la place Schuman pour dire à l’Union européenne, pour qu’à l’instar des Etats-Unis, elle mette fin à sa politique de complaisance avec les mollahs et que si elle ne veut pas entendre les Iraniens qu’au moins elle n’aide plus leurs bourreaux.

Ils vont faire entendre au monde qu’ils veulent la séparation de la religion et de l’Etat, qu’ils veulent l’égalité des femmes et des hommes, la fin de la ségrégation sexuelle et la fin du voile obligatoire. Ils vont dire qu’ils veulent la fin des discriminations et des châtiments inhumains, qu’ils veulent l’abolition de la peine de mort et une justice impartiale, qu’ils veulent un état de droit.  

Tous ces points et d’autres encore sont consignés dans le programme en 10 points de Maryam Radjavi.

Une alternative crédible

Les Iraniens ont la chance d’avoir une alternative politique, populaire et démocratique, fin prête à prendre le relai. Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) se bat depuis près de 40 ans pour apporter la liberté en Iran et a su prouver sa compétence. Ce parlement en exil est constitué d’une majorité de femmes et a élu à sa tête Maryam Radjavi, pour instaurer la liberté et la démocratie.

C’est parce qu’elles sont la bête noire des mollahs misogynes que les femmes sont en première ligne sur tous les fronts contre la dictature religieuse et qu’elles ont pris les commandes de la résistance à tous les échelons. Et c’est justement pour cela que ce gouvernail féminin garantit la démocratie de demain en Iran.

Le plan en 10 points de Maryam Radjavi n’a rien à envier aux grandes démocraties, et l’égalité des femmes dans la pratique dans les rangs de la Résistance iranienne depuis trois décennies lui donne une expérience sans précédent pour écarter les obstacles culturels et sociaux dans l’Iran de demain.

Certes, la dictature religieuse se décarcasse pour déverser des tombereaux de calomnies et de fake news sur son alternative. Elle cherche à la noircir pour préparer le terrain à des attentats terroristes sur le sol européen contre ses opposants, et faire croire qu’il n’y a pas d’alternative.

 Cependant les Iraniens savent qu’elle existe, la soutiennent et la défendent. Ils seront à nouveau dans la rue le 15 juin pour le crier haut et fort. C’est à eux et à eux seuls que revient le devoir de changer de régime et d’instaurer la liberté et la démocratie. Ils le peuvent et ils le veulent. Aux Européens de les entendre et de ne pas rater le coche.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.