Inondations en Iran : le régime tait les véritables pertes humaines et financières

Alors que Khamenei reste silencieux sur cette catastrophe humanitaire, des membres du gouvernement et des commandants des gardiens de la révolution (pasdaran) provoquent la colère du public par leur inaction et leurs commentaires mensongers

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Deux semaines se sont écoulées depuis le début des inondations et la situation reste hautement critique en Iran. L’inaction du régime des mollahs face à l'étendue de cette catastrophe nationale ne manque pas de frapper les observateurs étrangers.

Le régime n'a pas pris la moindre mesure pour résoudre les problèmes liés à la catastrophe. En dépit de la visite de responsables gouvernementaux dans les zones sinistrées par les inondations et de promesses non tenues aux habitants, aucune aide concrète n’a été apportée aux Iraniens.

Au lieu de s’occuper de la population, les responsables politiques se sont lancés dans des batailles de déclarations où chacun rejette la faute sur l’autre.

Le président Rohani et le chef du corps des pasdaran ont échangé des accusations quand ces derniers ont fait exploser une voie ferrée au nord de l'Iran pour dévier les inondations. Le président a alors déclaré que l'explosion n'avait pas changé la situation, mais qu'elle avait « simplement transféré l'eau d'une région vers une autre ». Le commandant en chef des pasdaran, Mohammad Ali Jafari, a rétorqué: « Si les organes gouvernementaux utilisaient l’ensemble des ressources et moyens, le transfert de l'eau se déroulerait plus vite. »

Du côté des autres membres du gouvernement, les fausses déclarations et la publication de rapports truqués n’en finissent pas. Rahmani-Fazli, ministre de l’Intérieur, a déclaré qu’aucun dégât humain grave n’avait été signalé au Lorestan. Morteza Kashkouli, le commandant des pasdaran de cette même région a annoncé qu’environ 600 maisons au sud de Mamoulan ont été complètement submergées et que 30% de la ville de Poldokhtar est entourée d'eau, ajoutant qu’un seul décès était à déplorer. Alors qu’en réalité toute la région est sous les eaux et que l’on dénombre plus de 60 morts.

Le régime a même été jusqu'à reprocher à la population d'être la source de cette tragédie en déclarant :  “La cause principale des dégâts causés par les inondations sont les erreurs commises ces dernières années qui ont conduit à la construction et à la culture dans le lit de la rivière". 

Cependant, la vraie raison de l’inaction du régime est à rechercher dans la responsabilité destructrice des pasdaran et des organes du gouvernement.

Le corps des pasdaran a mené de nombreux projets corrompus dans différents domaines, dans l’unique but d’augmenter ses propres profits et ce sans évaluer, ni même analyser les effets dévastateurs que cela pouvaient avoir sur l’environnement. Ils ont par exemple construit une route sur un ancien lit de rivière à l'entrée de la ville de Chiraz. Cette rivière était une voie naturelle d’évacuation des inondations, mais comme aucune inondation n'avait été enregistrée depuis des années, ils ont décidé de construire dessus une autoroute. Le 25 mars, cette voie est devenue une autoroute de la mort pour de nombreux Iraniens.

On constate que la principale préoccupation du gouvernement à l’heure actuelle n’est pas de savoir comment aider ou prendre en charge les sinistrés mais plutôt d'éviter que leurs projets corrompus ne soient mis à jour. Préserver leur existence, éviter la colère du peuple et rejeter la responsabilité sur l’autre faction du pouvoir sont les seules options de survie pour le gouvernement.

Sur le terrain, étant donné qu’aucune aide gouvernementale n’est arrivés à destination, les iraniens se regroupés en conseils locaux pour faire face aux conséquences de l'inondation. La formation de ces conseils locaux a pris le régime par surprise et lui a fait peur. En effet, si ces conseils locaux se développent en mouvements organisés plus vastes, ils deviennent une menace pour le régime. Un régime déjà très instable depuis un an et demi et que ces nouveaux conseils locaux pourraient bien faire vaciller.

Mme Maryam Radjavi, Présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, a estimé que les inondations et leurs victimes comme une catastrophe nationale. Pour elle, la tyrannie religieuse, ses dirigeants et ses pasdaran sont responsables de la dévastation de l'environnement, de la destruction des forêts, du vol à grande échelle, de l'épuisement des capitaux dans la répression, du terrorisme et de la guerre. Elle a aussi ajouté que les moyens de l'armée et des pasdaran, ainsi que tous les moyens du gouvernement, devaient être mis à la disposition de la population. Enfin elle a demandé à la communauté internationale de faire pression sur le régime pour qu’il ouvre la voie à l'aide étrangère.

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