Trump a raison de qualifier les Gardiens de la révolution d’Iran d’entité terroriste

Le président Donald Trump a désigné le corps des gardiens de la révolution du régime iranien comme organisation terroriste étrangère. Il était temps ! D’autres gouvernements américains auraient dû le faire, mais ne l’ont pas fait.

De hauts commandants de pasdaran en Iran De hauts commandants de pasdaran en Iran
C'est la première fois, dit la Maison-Blanche, que les États-Unis désignent une partie d'un autre Etat comme une organisation terroriste étrangère. D’autres présidents y avaient pensé mais n’étaient jamais passés à l’acte. Aujourd’hui cette mesure sert à accroître la pression financière et l’isolement du régime en Iran pour le priver des ressources qu’il utilise pour ses activités terroristes.

Dans un communiqué, le président américain a déclaré : « Le régime iranien est le principal parrain du terrorisme. Il exporte des missiles dangereux, alimente les conflits à travers le Moyen-Orient et soutient des mandataires terroristes. »

L’administration Trump reproche également au régime iranien d’exploiter des sociétés écrans, d’apparence légitime, qui lui servent pour atteindre ses objectifs terroristes. Il fait bien sûr référence au puissant conglomérat commercial des gardiens de la révolution, qui relève bien plus d’une véritable pieuvre mafieuse.

Les souvenirs s’effacent rapidement. C’est pourquoi il est bon de rappeler quelques-unes des activités terroristes du régime iranien pour mieux comprendre la dernière prise de position de l'administration Trump.

Donnant-donnant

Lorsque le chah d'Iran a été renversé en 1979, les autorités religieuses qui l'ont remplacé ont créé le corps des gardiens de la révolution, ou pasdaran, pour remplir deux fonctions essentielles : préserver la dictature religieuse à n’importe quel prix, donc la répression interne de toute opposition, et exporter ce modèle à travers le monde musulman pour assoir un califat universel. Il s’agit là d’un point fondamental pour le régime des mollahs, car sans l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme, sans la création de crises étrangères et de guerres au Moyen-Orient ou ailleurs, les mollahs ne peuvent conserver et renforcer leur bras armé. C’est du donnant-donnant : les pasdaran maintiennent le régime du guide suprême en vie, le régime maintient la mainmise des pasdaran sur le Moyen-Orient et les ressources nationales de l’Iran.

Cette stratégie est inscrite dans la Constitution des mollahs qui ne reconnait pas les frontières géographiques. Depuis l’arrivée de Khomeiny au pouvoir, les guerres se sont succédées dans cette partie du monde. D’abord les huit longues et éprouvantes années de guerre avec l’Irak, un « don de Dieu » selon Khomeiny. Puis la création du Hezbollah au Liban avec tous les conflits qui ont suivi. La création des milices irakiennes lorsque les mollahs ont dévoré l’Irak sous l’occupation américaine et les crimes sans noms que ces milices continuent de commettre. La guerre en Syrie pour maintenir Bachar Assad. La guerre au Yémen avec les Houthies sanguinaires. L’instabilité et les accrochages en Afghanistan où les pasdaran se répandent comme la gangrène. Sans parler des autres pays arabes et musulmans où le régime travaille à semer son ferment du diable.

Sans foi ni loi

C’est ainsi que les pasdaran sont rapidement devenu une organisation puissante fournissant des fonds à des entités désignées par plusieurs pays comme groupes terroristes.

Le corps des pasdaran compte environ 150 000 hommes, avec des forces terrestres, aérospatiales et navales. Mais il ne s’agit pas d’une armée, encore moins d’une armée au service d’une nation. Les pasdaran ne portent même pas le nom de l’Iran dans leur dénomination, sont au-dessus des lois et n’ont de compte à rendre à personne, sauf au Guide suprême qui leur accorde tout.

Sous l’uniforme et les allures de discipline qu’ils veulent se donner pour la vitrine étrangère, c’est un ramassis de tout ce que l’Iran compte de racailles, d’assassins, de voleurs, de trafiquants, d’escrocs et de psychopathes. Tortionnaires et bourreaux, ils comptent 120.000 exécutions politiques à leur actif et 75 formes de tortures, ainsi que toute une panoplie de châtiments moyenâgeux. Ils sont particulièrement accros à la répression des femmes, un fondement du régime des mollahs.

Avec la Force Qods, l'une de ses unités extraterritoriales, ce corps est devenu l'un des principaux parrains des entités terroristes islamistes à travers le monde.

Le gouvernement américain a reproché aux pasdaran la mort de 600 soldats américains pendant la guerre en Irak et d’autres en Afghanistan et en Syrie.

Golem terroriste

Le Hezbollah libanais est un Golem du régime iranien, comme tous les Hezbollahs qui fleurissent au Moyen-Orient. Cette organisation terroriste, que l'Iran qualifie de groupe de "libération", a des tonnes de sang sur les mains.

En voici pêle-mêle quelques exemples : un attentat au camion piégé devant l’ambassade américaine à Beyrouth en 1983, faisant 63 morts, dont le kamikaze et 17 américains.

La même année, une caserne abritant des soldats américains et des soldats de la paix français est visée par un autre attentat au camion piégé, tuant 241 Américains et 58 Français. Un juge fédéral américain a statué que le Hezbollah était responsable de l'attaque sur ordre du gouvernement iranien. Un haut dirigeant en Iran a clamé haut et fort que « le TNT et l’idéologie venait d’Iran ».

Le détournement du vol 847 de Trans World Airlines en 1985, au cours duquel 39 Américains ont été retenus en otage pendant des semaines et un marine a été assassiné. Un attentat à la bombe contre un centre communautaire juif en Argentine en 1994, tuant 85 personnes. Le Hezbollah a reconnu sa responsabilité. Plusieurs hauts dirigeants iraniens ont été impliqués dans cet attentat et Interpol a lancé des mandats d’arrêt contre eux.

Les Tours Khobar, un complexe de logements de l’armée de l’air américaine à Dhahran, en Arabie saoudite, ont été visé par un attentat à la bombe en 1996, tuant 19 membres des forces armées américaines. En 2006, un juge fédéral a déclaré que l'Iran était responsable.

Une politique de fermeté

Trump a fait un premier pas important en désignant le corps des gardiens de la révolution comme une organisation terroriste étrangère. L’Union européenne devrait lui emboiter le pas pour éviter de nouveaux actes de terrorisme sur son territoire, comme on a pu le constater en 2018. Le régime iranien est entré dans une nouvelle phase de terrorisme d’Etat en Occident. Plusieurs attentats contre l’opposition iranienne ont été déjoués ces derniers mois en Europe.

Le régime iranien a été encouragé pendant des décennies par la politique de complaisance des Occidentaux. C’est le peuple iranien qui en a payé le prix avec une répression cruelle, et un pays en ruine, aujourd’hui dévasté par des inondations dans pratiquement toutes ses provinces. Un pays pris à la gorge par la misère et la faim.

On retrouve cette trainée de mort partout où les pasdaran passent : Syrie, Irak, Yémen, Afghanistan, Liban, Gaza et autre.

Les mollahs redoutent le langage de la fermeté. Il suffirait aux gouvernements occidentaux d’opter pour une politique de fermeté, en désignant les pasdaran comme entité terroriste, pour rétablir à la vitesse grand V la stabilité dans la région. Surtout, il leur faudrait soutenir les Iraniens qui manifestent quotidiennement dans les rues et qui sont réprimés violement par les pasdaran. Les Iraniens veulent changer de régime, veulent la liberté et la démocratie, veulent reconstruire leur pays dévasté par cette force du Mal. Les Iraniens ont la chance d’avoir une alternative démocratique, organisée, le CNRI, avec un programme clair, sous la houlette d’une femme qui a prouvé sa grande compétence Maryam Radjavi.

L’Occident a trop tardé à accompagner le peuple iranien dans sa quête de liberté, d’égalité et de fraternité.

 

 

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