Grande marche à Berlin pour un changement de régime en Iran

Plus de 15 000 personnes ont participé à une marche à Berlin devant la porte de Brandebourg en soutien aux Iraniens qui réclament un changement de régime et la démocratie dans leur pays. Cet événement fait suite à deux autres rassemblements de la diaspora iranienne à Bruxelles et à Washington en juin dernier.

Manifestation à Berlin pour un Iran libre et un changement de régime Manifestation à Berlin pour un Iran libre et un changement de régime
C’est une foule dense de manifestants qui a participé à la Marche pour un Iran libre à Berlin. 

Lors du défilé, la foule a réitéré sa volonté de renverser le régime des mollahs en lançant des slogans comme « A bas le régime des mollahs ».  Les manifestants ont apporté leur soutien au soulèvement du peuple iranien et à sa lutte pour instaurer la démocratie. Tous en ont profité pour apporter leur soutien au CNRI, le Conseil national de la Résistance iranienne, et à sa présidente, Maryam Radjavi.

Le Conseil national de la Résistance iranienne, qui est la principale alternative démocratique à la théocratie religieuse, a appelé les dirigeants européens à mettre fin à leur politique de complaisance avec les mollahs et à reconnaître enfin le droit du peuple iranien à se libérer de la dictature religieuse.

Ingrid Betancourt a déclaré lors de son intervention à la tribune : « Nous sommes ici pour défendre nos valeurs et nos principes, et peu importe notre position, à gauche ou à droite. Le combat de la Résistance iranienne est notre combat. »

Parmi les orateurs au rassemblement figurait l'ancien membre du Congrès américain Patrick Kennedy, le député fédéral allemand Thomas Nord, l'ancien vice-ministre allemand de l'Intérieur Eduard Lintner, le député polonais Michal Kaminski et le sénateur irlandais Gerry Horkan.

Dans un message vidéo à la manifestation, Maryam Radjavi a condamné le régime iranien pour ses actes de terrorisme à l’étranger, que ce soit au Moyen Orient ou en Occident. Pour elle, « chaque euro de commerce avec les religieux est un euro pour alimenter la répression et la machine de guerre de Khamenei ». Elle a aussi exhorté les Etats européens à mettre fin à leur politique de concessions envers les mollahs.

Il est vrai que cette complaisance est étrange car la guerre de l'Europe contre le terrorisme semble amplifier le terrorisme plutôt que de l'affaiblir. Rappelons que l’Iran a été pris la main dans le sac avec deux tentatives d’attentats terroristes en Europe en 2018, ainsi que plusieurs tentatives d'assassinat. Parmi les suspects arrêtés, figure un diplomate du régime iranien actuellement incarcéré en Belgique dans l’attente de son jugement. D’autres ont été expulsés.

Cependant l’Europe reste passive face aux exactions iraniennes. L'Europe s'interdit même de comprendre les évolutions en cours qui ne correspondent pas à ses schémas et ne condamne pas la théocratie iranienne pour ses violations des droits humains ou des lois internationales. Les gouvernements européens sont devenus des spectateurs des transformations qu'ils sont pourtant capables d'influencer. Les Européens ont les moyens mais sont malheureusement dépourvus de volonté politique

Pendant ce temps, le régime iranien en bout de course, souffrant d'un vide de légitimité, continue à menacer et à commettre des actions violentes et militaires dans l’unique but de dominer la région, d’imposer sa révolution islamique et d’assurer sa survie.

C’est bien l’Iran qui alimente les menaces de nouvelles guerres, que ce soit avec le Hamas à Gaza ou avec le Hezbollah au Liban. Un Etat qui s'écroule au Yémen et un autre qui peine à se remettre en Irak, un pays ravagé en Syrie, la main de l'Iran est partout. 

La dictature iranienne attise les fractures sectaires que ce soit en Irak, au Liban ou au Yémen. Nonobstant le risque croissant de prolifération nucléaire et de conflit autour du programme nucléaire iranien persiste. Ses menaces de reprendre son programme nucléaire inquiète le monde entier. 

On constate depuis plusieurs mois l'inefficacité totale de la politique de complaisance qui a été menée jusqu'à présent. Réclamé à l'Iran, l'arrêt total de son programme d'enrichissement d'uranium est chose qu'il n'offrira jamais. Pour l’y pousser, les puissances occidentales ont fait de nombreuses concessions qui n’ont produit et ne produiront jamais, vu le caractère de ce régime, les résultats politiques escomptés. « Ce régime ne peut pas se réformer », a déclaré Javad Dabiran, représentant à Berlin du Conseil national de la Résistance iranienne, lors de la grande manifestation. 

Il a aussi expliqué que le gouvernement iranien avait de plus en plus recours à la peine de mort et à la répression des droits des minorités. Le système judiciaire iranien impose la peine de mort pour une multitude de causes, qui sortent bien souvent du cadre des lois internationales, notamment pour les enfants, mais aussi pour l'homosexualité et la dissidence politique. 

Lors de son intervention Madame Radjavi a interpellé la chancelière allemande Angela Merkel sur la question des droits humains en lui demandant d’envoyer une mission d’enquête pour évaluer la situation dans les prisons iraniennes.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.