L’Iran met deux pétroliers en détresse dans le golfe d'Oman

Des pétroliers norvégiens et japonais, le Front Altair et le Kokuka Courageous, ont été attaqués dans le golfe d'Oman, près du détroit d'Ormuz par les forces iraniennes. Les deux incidents ont eu lieu à une heure d'intervalle près de Bandar-e Jask, ville située dans le sud de l'Iran.

Un des pétroliers attaqués dans le Golfe d'Oman Un des pétroliers attaqués dans le Golfe d'Oman
Le Front Altair, un pétrolier de 111 000 tonnes propriété du groupe norvégien Frontline, battant pavillon des Marshal a signalé trois explosions. Le second navire, le Kokuka Courageous, un méthanier japonais a subit des tirs nourris mais tout l'équipage a été sauvé après l'abandon du navire.

Ces attaques sont survenues au moment où le Premier ministre japonais rencontrait le Guide suprême en Iran, l'ayatollah Ali Khamenei. Shinzo Abe était en visite à Téhéran dans l'espoir de réduire les fortes tensions entre l’Iran et l’administration américaine. Il a été remercié de façon explosive.

Sur Twitter, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a accusé les Etats-Unis de sabotage diplomatique et de camouflage de son « terrorisme économique contre l'Iran ». Comme d’habitude, son ministère a jugé sans fondement les accusations de l'implication iranienne dans ces attaques. Un stratagème que Javad Zarif a déjà utilisé de nombreuse fois. Le dernier exemple en date est celui de l’attentat terroriste déjoué contre l'opposition iranienne à Paris l'année dernière. Un haut diplomate du régime iranien a été arrêté et emprisonné pour avoir livré des explosifs aux auteurs de la tentative d’attentat. Le chef de la diplomatie iranienne avait tenu exactement le même discours en stipulant qu'il était bien étrange qu'à la veille du voyage de Rohani en Europe, l’Iran puisse avoir tenté une telle action terroriste sur le sol français.

L’armée américaine vient de publier une vidéo montrant des gardiens de la révolution, le corps d’élite du régime iranien, retirant une mine-ventouse qui n’avait pas explosé sur la paroi de l’un des deux tankers attaqués. L'administration Trump avait déjà accusé Téhéran d’être responsable d’une attaque similaire, le 12 mai, qui avait visé quatre pétroliers dans ce secteur où transite une partie importante des exportations mondiales d’hydrocarbures.

A nouveau, le régime iranien a fait fi de toute bienséance diplomatique, remerciant le Premier ministre japonais qui se trouvait à Téhéran, en attaquant un pétrolier japonais.

Ces attaques terroristes interviennent certes sur fond de tensions croissantes entre Téhéran et Washington autour du nucléaire iranien, son ingérence dans les pays de la région et le développement de son programme balistique. Cependant pour les mollahs, le terrorisme est un moyen de combat au même titre que la guerre. Ce régime a démontré dans le passé qu'à défaut d'armes de destruction massive, il aimait à recourir au terrorisme d'Etat car c'est en quelque sorte « l'arme du faible contre le fort ».

Les spécialistes de la question iranienne et le peuple iranien lui-même, qui lutte depuis 40 ans contre les mollahs, comprennent parfaitement qu’il s’agit de manœuvres terroristes du pouvoir religieux.

Il est nécessaire de s’opposer avec fermeté au terrorisme de Téhéran. La communauté internationale doit adopter une politique sans compromission avec le régime iranien. Le régime iranien a été encouragé pendant des décennies par la politique de complaisance des Occidentaux.

Rappelons que les Etats Unis ont inscrit le corps des gardiens de la révolution (pasdaran) sur leur liste des organisations terroristes étrangères au mois d’avril. Or c’est ce sont les pasdaran qui sont à l’origine de ces derniers actes violents dans le Golfe d’Oman.

Tous les pays en relation commerciales ou diplomatiques avec l’Iran devraient faire la même chose pour éviter de nouveaux actes de terrorisme dans le golfe, sur leur territoire mais aussi partout dans le monde.

 

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