Pas de tapis rouge mais un tribunal pour accueillir l’Iranien Zarif en France

Accueillir le représentant d'un régime cruel et terroriste va à l'encontre de ce qu'incarne la France et encourage les mollahs dans leur sauvagerie.

Mohammad-Javad Zarif, diplomate du régime iranien, loup dans la bergerie occidentale Mohammad-Javad Zarif, diplomate du régime iranien, loup dans la bergerie occidentale
Ce vendredi 23 aout, un ministre des Affaires étrangères particulier débarquera en France, Javad Zarif, avec une valise diplomatique lourde de crimes contre l’humanité et d’attentats terroristes commis en France.

Côté droits humains, Zarif est depuis six ans le ministre de gouvernements qui se targuent de « modération ». Certes, la présidence de Rohani bat tous les records : 3800 exécutions, dont 93 femmes, 36 mineurs, 91 prisonniers politiques et 219 pendaisons publiques. Si le tapis rouge est déroulé, c’est qu’il sera imbibé de sang, beaucoup de sang… Cet été la potence n’a pas chômé : plus de 70 pendaisons depuis le mois de juin.

On comprend donc que serrer la main de ce diplomate bourreau et négocier avec lui, revient à dire aux mollahs de continuer à prendre, couper des mains, fouetter et arrêter les défenseurs des droits humains et des droits des femmes. C’est en fait aller à l’encontre des valeurs qui font la France.

Diplomatie du terrorisme

Côté terrorisme, les diplomates de Javad Zarif ont été pris en flagrant délit, notamment une tentative d’attentat qui aurait fait un bain de sang à Villepinte dans le nord de Paris le 30 juin 2018, si les polices européennes ne l’avaient pas neutralisé à la dernière minute. Les services français en ont encore des sueurs froides.

Mais il y a eu aussi l’Allemagne, le Danemark, la Hollande et l’Albanie. Résultat des jeux : un diplomate iranien en prison en Belgique, un ambassadeur expulsé avec 4 autres de ses compères désignés persona non grata. Tous pour fait de terrorisme avéré.

Ce 30 juin 2018, la France l’a échappé belle. Si la bombe avait explosé dans ce rassemblement de l’opposition démocratique iranienne avec un méga public de 100.000 personnes et des centaines de personnalités politiques de très haut niveau venues des cinq continents, les retombées humaines et diplomatiques auraient été la pire catastrophe jamais survenue en Europe.

Alors pourquoi le patron de ces diplomates qui obéissent au doigt et à l’œil à leur hiérarchie débarque-t-il en France ? Pourquoi jouit-il d’une impunité ? Pourquoi les forces de police et de justice ne pourront-elles pas l’interroger et lui demander des comptes ? Pourquoi ce laisser-faire qui encourage les mollahs à manier davantage le terrorisme en guise de diplomatie, avec à la clé des prises d’otages de binationaux, même si certains sont de fervents partisans de la dictature religieuse ?

Quelle garantie de sécurité ?

Quelle garantie de sécurité du territoire, quand, selon le Monde, les services secrets français sont priés de mettre en sourdine leurs inquiétudes sur les activités terroristes du régime de Téhéran pour permettre de faire avancer des négociations sur … un accord nucléaire mort et enterré. Pourquoi laisser entrer le loup dans la bergerie, lui ouvrir la porte et lui remettre les clés ?

Cette étrange conception de la politique étrangère correspond à la politique de complaisance, celle-là même qui a conduit à ouvrir les portes de l’Europe à Hitler.  Les mollahs ont déjà dévoré le Moyen-Orient et propagé les flammes de l’intégrisme islamiste dans tous les pays musulmans. La population en Iran est éreintée par 40 années de guerre cruelle que les mollahs lui livrent sans répit avec massacres, répression, pillage, misère noire, corruption et destruction de l’environnement.

Comment peut-on négocier avec des gens qui affichent au compteur 120.000 exécutions politiques en 40 ans ? Quel résultat ont apporté ces négociations sinon le maintien en vie de la bête immonde du fascisme religieux ? Il est temps de manier le langage de la fermeté, de demander des comptes et de mettre fin à l’impunité des mollahs. Il est temps aussi d’annuler cette visite qui n’honore pas la France.

 

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