Iran : Le renseignement annonce l’arrestation d’une centaine d’unités de résistance

L’OMPI est la principale force d’opposition démocratique depuis la Révolution de 1979 mais aussi un élément clé de la coalition laïque du CNRI, qui n’a cessé de gagner en force, en popularité et en performances.

Manifestation en Iran Manifestation en Iran
À la suite de la révolution contre le chah en Iran, qui a amené l'ayatollah Khomeiny au pouvoir en 1979, la Constitution iranienne a été modifiée pour introduire le Velayat-e-Faqih, ou la dictature absolue du religieux. Par la suite, Khomeiny a rapidement éliminé toute opposition, assassinant sans pitié des dizaines de milliers d’opposants politiques qu’il accusait de "guerre contre Dieu", lire de guerre contre lui-même. Le massacre de plus de 30 000 partisans de l’OMPI au cours de l'été 1988, dans le plus grand silence, est l’un des pires crimes contre l’humanité de la fin du 20e siècle. Aussi surprenant soit-il, ce chiffre ne représente qu'une fraction des quelque 120 000 prisonniers politiques, hommes et femmes, exécutés depuis le début du régime des mollahs en Iran.

Pour parvenir à ses fins et protéger sa tyrannie, Khomeiny a créé le corps des gardiens de la révolution, les pasdaran. Une entité vouée à réprimer brutalement la population qui contrôle aussi la majeure partie de l’économie iranienne, parraine le terrorisme et prône l’expansion militaire agressive à l’étranger.

Manifestations

Depuis décembre 2017, l'Iran est le théâtre d’une vague de manifestations dans tout le pays. Des Iraniens, hommes et femmes, de toutes les couches et catégories sociales manifestent contre le régime des mollahs et défient quotidiennement les pasdaran. Ils demandent la fin de la dictature religieuse, protestent contre la corruption vénale des mollahs et leurs dépenses astronomiques dans les guerres et le terrorisme. A chaque fois le régime des mollahs a ordonné la répression des manifestants et des grévistes, assassinant des dizaines de personnes et en arrêtant plus de 12 000 autres.

Des clips montrent que ces manifestants sont des partisans de l'organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran ou OMPI. Des posters de Maryam Radjavi, dirigeante de l’opposition iranienne, sont accrochés dans les villes de Téhéran, Ispahan, Machad, Chiraz et Qom. Comme en 1988, Les manifestants mettent leur vie en danger. S’ils se font arrêter, ils seront torturés, leur famille persécutée et certains seront probablement exécutés. Pourtant, le peuple iranien résiste et persiste.

Les Iraniens cultivent depuis longtemps un profond ressentiment envers la dictature religieuse et sa garde prétorienne. Les grands soulèvements nationaux déclenchés en décembre 2017 sont emblématiques de cette aversion. Il y a quelques jours, à la suite des inondations qui ont ravagé des dizaines de provinces en Iran, les habitants ont vivement critiqué le corps des gardiens de la révolution pour avoir pillé les richesses nationales et détruit l'environnement. Par contre, les unités de résistance ont mis en place d’efficaces conseils locaux à l’appel de Maryam Radjavi pour organiser des secours, car les autorités n’ont pas fait un geste pour la population. Un nouveau coup dur pour le régime.

Confrontés à l'effondrement économique suite au retrait des Etats-Unis de l'accord nucléaire et à de nouvelles sanctions, les mollahs se voient maintenant au bord du gouffre.

Crise existentielle

Bien que les sanctions occidentales et l'isolement diplomatique aient accrus la pression sur Téhéran et exacerbé ses inquiétudes, c'est surtout l’opposition de la population qui a provoqué une crise existentielle au sein du pouvoir.

La montée des efforts de la Résistance iranienne au cours de l’année écoulée a incité le pouvoir à revoir sa copie et à reconnaitre ouvertement le rôle majeur de l’OMPI dans l'organisation des manifestations. Même si le ministre du Renseignement vient d’annoncer une centaine d’arrestations d’unités de Résistance l’an passé, c’est une fausse démonstration de force de celui qui siffle dans la nuit pour se donner du courage. Le régime des mollahs est obsédé par l'OMPI. Il pense qu’en accentuant la répression et en bloquant le mouvement de protestation, il parviendra à couper les liens entre la population et Maryam Radjavi et à maitriser la colère de la rue. Deux objectifs dans lesquels il a systématiquement échoué.

Au bord du renversement, son bras armé des pasdaran sur la liste terroriste et isolés sur le plan international, jamais les mollahs n’ont autant redouté un soulèvement coordonné par l’OMPI.

 

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