Les Iraniens ont protesté contre la venue de Zarif, les Français aussi

La municipalité du 1er arrondissement de Paris a installé une grande affiche en signe de protestation contre la visite de Zarif

"Zarif n'est pas le bienvenu" estime la mairie de Paris 1er "Zarif n'est pas le bienvenu" estime la mairie de Paris 1er
Les Iraniens résidant en France, sympathisants de la Résistance iranienne et des organisations de défense des droits humains ont pris part à un rassemblement contre la venue à Paris de Javad Zarif, ministre des Affaires étrangères des mollahs.

En fin de matinée du vendredi 23 août sur la place du Trocadéro à Paris, les manifestants se sont rassemblés. Ils ont appelé les autorités françaises à ouvrir les yeux sur la guerre que mène à la population iranienne cette dictature religieuse et les autres guerres qu’elle livre dans tout le Moyen-Orient. Ils ont demandé à la France de ne pas tendre la main à ce régime sanguinaire sous le prétexte illusoire « d’un risque d’embrasement dans la région » alors qu’elle est à feu et à sang. Ils ont rappelé que la seule façon d’éteindre les flammes, c’était d’éteindre le régime des mollahs en faisant usage du langage de fermeté qu’il redoute plus que tout. Ils ont exhorté Paris à cesser la politique des yeux fermés sur les crimes des mollahs et à reconnaitre aux Iraniens le droit de résister pour la liberté.

Retour sur les lieux du crime

Les manifestants se sont indignés du fait que Zarif, dont plusieurs diplomates ont été expulsés pour fait de terrorisme et qu’un autre est en prison en Belgique pour tentative d’attentat en France en 2018, revienne sur les lieux du crime et qu’on lui déroule le tapis rouge.  Ils s’attendaient plutôt à ce qu’il soit cueilli à l’arrivée par la justice.

Les manifestants portaient une grande banderole avec l'inscription "Expulser Zarif" et scandaient "Zarif terroriste, expulsez-le". Sur l’une des pancartes on pouvait lire "Cessez de faire des concessions aux mollahs". Une autre pancarte disait: "Fermez les centres d’espionnage du régime iranien en Europe".

Dans une remarquable initiative, la mairie du 1er arrondissement de Paris a installé une grande banderole sur le mur d’entrée contre la venue de Zarif : "Iran des mollahs - son ministre Zarif viole nos principes. Il n’est pas le bienvenu chez nous".

"Zarif dégage", manifestation d'Iraniens à Paris "Zarif dégage", manifestation d'Iraniens à Paris

« Dévorer vivant »

La France est la dernière étape de la tournée européenne de Zarif qui a débuté le week-end dernier. Ses visites en Finlande, en Suède et en Norvège ont été vivement critiquées par les communautés iraniennes de chacun de ces pays. Les manifestations ont mis en lumière les violations généralisées des droits humains en Iran et le rôle du régime des mollahs dans le terrorisme et la provocation des crises dans la région. Zarif arrivait dans sa valise avec 80 exécutions en 80 jours. En réponse aux objections suscitées par le voyage, la ministre suédoise des Affaires étrangères a déclaré que son gouvernement n'avait pas invité Zarif et qu'il était venu en Suède à sa propre initiative.

Les protestations incessantes ont tellement enragé Zarif que, dans une interview accordée à la chaîne de télévision officielle des mollahs Press TV le 21 août, il a critiqué les manifestants iraniens exigeant son expulsion de Suède. "Demandez à n'importe lequel de ces individus qui se trouve à l'extérieur d'assister aux réunions des Iraniens (c'est-à-dire les gardiens de la révolution et les agents du régime) et voyez ensuite s'ils survivront. Ils ne resteraient pas en vie une minute… Ils n’ont pas pu rester en Irak non plus, car le peuple irakien (c'est-à-dire les mandataires du régime dans ce pays) va les dévorer vivants. " Chasser le naturel, il revient au galop : sous son sourire de diplomate, il défend sans vergogne un régime des plus extrémistes et ses méthodes barbares.

Un régime en chute libre

Les partisans de la Résistance iranienne ont souligné que le régime des mollahs était confronté à une situation interne explosive, avec des manifestations continues dans tout le pays, un isolement international croissant et qu'il luttait pour sa survie. Les militants ont exprimé leur conviction que la dictature religieuse en était à sa phase finale et ont soutenu que ces visites à l’étranger encourageraient les mollahs à intensifier la répression en Iran, ainsi que le terrorisme et la crise dans la région.

Les manifestants ont souligné que Zarif représentait un régime qui maintient le taux d'exécutions par habitant le plus élevé au monde. Ce régime est le plus actif commanditaire du terrorisme, il est la principale source de crise et de chaos dans la région, il est aussi le principal parrain du dictateur syrien Bachar Al-Assad dans le massacre du peuple syrien. Zarif et son ministère ont pour mission de défendre et de blanchir les crimes des mollahs, ainsi que de coordonner et faciliter les complots terroristes à l’étranger.

Rien qu'en 2018, cinq des diplomates terroristes du régime, dont un ambassadeur, ont été expulsés d'Europe pour leur rôle direct dans des complots terroristes contre la Résistance iranienne et ses dissidents. Quatre autres membres, dont un diplomate accrédité, sont en prison et attendent leur procès à Bruxelles pour avoir tenté de commettre un attentat à la bombe contre le grand rassemblement pour un Iran libre à Villepinte en 2018, en présence de centaines de dignitaires français et internationaux.

 

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