Des informations en provenance d'Iran, vennat de diverses sources, y compris les médias sociaux, font état d'un mécontentement croissant du peuple iranien. Une vidéo diffusée sur les médias sociaux montre une femme pleine de courage grimper une échelle et démolir une bannière de propagande accrochée à un bâtiment semi-officiel dans le canton d'Ekbatan, à l'ouest de Téhéran. Elle a été applaudie et saluée par la foule pour son geste courageux et on lui a fourni un couteau pour l'aider à démonter la bannière.
Ce n'est pas un incident isolé ces derniers temps, à Téhéran et dans d'autres villes à travers le pays. Le 27 août, dans la petite ville de Bukan au nord-ouest de l'Iran, un agent notoire de Ministère du Renseignement et de la Sécurité nationale (VEVAK), connu dans la ville pour son implication dans la répression du peuple, a été tué par un tireur non identifié.
Il y a eu plusieurs autres cas, lors desquels des jeunes se sont engagés dans une confrontation physique avec les forces de l'ordre, en particulier avec la force paramilitaire du Bassidj, qui fait partie du Corps des Gardiens de la révolution islamique. Les confrontations avaient généralement lieu lorsque les forces du Bassidj harcelaient les habitants, principalement les femmes sous prétexte de mauvais port du voile ou lorsque les forces répressives du régime tentaient d'arrêter les habitants sur de fausses accusations.
Le samedi 31 août par exemple, les forces de l'ordre ont arrêté une voiture à Karaj, à 30 km à l'ouest de Téhéran, et ont essayé d'inculper les trois jeunes dans la voiture sur de fausses accusations. Leur tentative a scandalisé les passants et les populations locales qui ont commencé à protester contre leurs agissements et à affronter les forces de l'ordre. Lors d'un autre incident dans le centre de Téhéran au rond-point de Sadeghieh, une "patrouille de sécurité morale" a commencé à harceler deux jeunes. Avec l'aide de la foule ils ont réussi à remonter sur leur moto et ont parcouru les rues en criant "à bas le système de Velayat-e Faqih" qui est une référence au pouvoir absolu du clergé et de son guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei. Les jeunes ont été pris en charge par les passants et ont finalement pu partir.
Un tel incident aurait été inimaginable il y a encore quelques années, mais devient désormais monnaie courante à Téhéran et dans d'autres villes iraniennes. Ces incidents se produisent alors que la répression politique et sociale en Iran est en forte augmentation depuis deux ans. Depuis qu'Hassan Rohani est devenu Président en août 2013, plus de 2000 personnes ont été exécutées, dont plusieurs dissidents politiques. De nombreuses exécutions ont été menées publiquement pour terroriser la nation. Les observateurs estiment que cela préfigure une perte de l'emprise absolue du régime des mollahs sur la nation, malgré l'intensification de la répression.
Ce qui inquiète le plus le régime, ce sont les activités de l'opposition organisée. La semaine dernière, les partisans l'Organisation des Moudjahidines du peuple iranien (OMPI/MEK) ont lancé une grande campagne de publicité pour la commémoration du 50ème anniversaire de l'organisation. Des bannières de soutien à l'organisation ont été affichées sur les murs ou suspendues à des ponts. Certaines contenaient des photographies des dirigeants de l'opposition.
Les sympathisants de l'organisation dans les prisons, en dépit de tous les dangers, s'expriment de plus en plus franchement. Dans un message sorti clandestinement de prison, Ali Moezi, un partisan de l'OMPI/MEK actuellement détenu dans la prison iranienne tristement célèbre de Central Karaj, a déclaré à l'occasion de la commémoration du deuxième anniversaire du massacre de membres de l'OMPI/MEK au camp d'Achraf le 1er septembre 2013 : "c'est un fait : aucun obstacle ne peut aujourd'hui bloquer l'OMPI dans sa résistance pour les droits inaliénables du peuple iranien. Le fait que ces sacrifices doivent encore être faits au 21ème siècle pour une véritable liberté et l'instauration de la démocratie, montre l'irresponsabilité des organismes internationaux. Immédiatement après l'attaque, le régime déséspéré et impuissant s'est retrouvé seul, avec une réputation entâchée. Il ne fait aucun doute que l'honneur et la fierté de l'OMPI appartiennent à la nation iranienne, et la honte et la défaite historique appartiendront aux ennemis du peuple."
En réaction au soutien croissant pour l'opposition en Iran, Hassan Rohani a ouvertement attaqué l'OMPI/MEK, dans le but de discréditer l'organisation en faisant une série d'allégations contre le groupe, lors d'une conférence le 1er septembre, organisée par une association affiliée au VEVAK qui représente également la partie la plus brutale du régime. Le discours de Rohani au sujet de l'OMPI/MEK pourrait bien être contre-productif pour le régime, puisque pour le peuple iranien, cela n'est que la preuve que le régime est très préoccupé par le soutien populaire croissant à l'organisation.