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Billet de blog 4 avr. 2016

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Iran : des missiles nécessaires à la diplomatie, selon Khamenei

La déclaration du guide suprême iranien Ali Khamenei a fait des vagues ce mercredi. Selon lui, les tirs de missiles de l’Iran vont de pair avec le dialogue et la diplomatie et apportent plus de garanties à l’Iran que les négociations.

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Des propos choquants…

La déclaration du guide suprême iranien Ali Khamenei a fait des vagues ce mercredi. Selon lui, les tirs de missiles de l’Iran vont de pair avec le dialogue et la diplomatie et apportent plus de garanties à l’Iran que les négociations.

En déclarant ces propos choquants, Khamenei répond à un tweet récent de l’ancien président iranien Akbar Hashemi Rafsandjani dans lequel il exprimait son point de vue sur les tirs de missiles : "le monde de demain est celui du dialogue, pas des missiles".

"Nos ennemis renforcent constamment leurs capacités militaires et de missiles et dans cette situation, comment peut-on dire que le temps des missiles est dépassé ?", a déclaré le guide sur son site internet à l’occasion d'une rencontre avec des religieux à Téhéran.
Selon lui, "Dans ce monde qui s'apparente à une jungle, si la République islamique ne recherchait seulement que la négociation, le commerce (...) la technologie et la science, mais n'avait pas de pouvoir de défense, même les petits pays oseraient menacer l'Iran".
Il a ajouté que cela ne veut pas dire "que nous sommes contre la négociation, mais que nous devrions négocier fermement et avec vigilance afin ne pas être trompés". "Ceux qui disent que l'avenir passe par les négociations, et non par les missiles, sont soit des ignares, soit des traîtres", a-t-il ajouté.

Mais partagés

Rohani avait précédé Khamenei en déclarant explicitement que l’Iran n’a aucune intention de se conformer aux restrictions qu’il considère « imposées » sur les réserves de missiles balistiques de l’Iran, et qui exigent la suspension du développement de missiles balistiques pendant huit ans.

Le général Amirali Hajizadeh, commandant de la division aérospatiale des Gardiens de la révolution (pasdaran), a appuyé ces propos le 10 mars dernier, en affirmant que « le programme de missiles iranien ne s'arrêtera pas quelles que soient les circonstances. Le corps des Gardiens de la révolution n'a jamais accepté les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies concernant ses travaux sur les missiles ».

Khamenei redoute les infiltrations étrangères et accuse les grandes puissances de ne pas respecter leurs engagements vis-à-vis de l’accord nucléaire conclut en juillet 2015.

Selon lui, "dans le monde compliqué d'aujourd'hui et de demain, nous devons utiliser tous les moyens politiques, économiques, sociaux et de défense pour renforcer la position de l'Iran. Les ennemis de la révolution (islamique) utilisent le dialogue, le commerce, les menaces militaires et tout autre moyen" contre les intérêts de l'Iran et "nous devons être capables de (...) nous défendre dans tous ces domaines".

Des sanctions tardives

À la suite de ces déclarations, Ban Ki-moon a jugé que les derniers essais balistiques de l’Iran envoyaient un signal « inquiétant » et que la décision d’imposer des sanctions ou non revenait au Conseil de sécurité.

L’occident a déjà condamné les récents tirs de missiles iraniens car ils ne respectent pas les résolutions de l’ONU. Mais le régime iranien estime être dans son droit et affirme que les tirs se poursuivront et s’amplifieront.

Même si Washington a déjà imposé des sanctions à onze entreprises contre le régime iranien, ces sanctions arrivent malheureusement un peu tard car les activités nucléaires illicites du régime, des entreprises douteuses impliquées dans le programme de missiles balistiqueset du responsable du programme balistique de Téhéran, « Hemmat Industrial Group », avaient déjà été dénoncées en 2008 par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) à l’occasion d’une conférence de presse à Paris. L'information sur le « Hemmat Industrial Group » a ensuite été détaillée par un responsable du CNRI, Mehdi Abrichamtchi : « la plus grande fabrique de missiles affiliée à l’organisation de l’aérospatiale est le groupe des industries Hemmat implanté dans la région de Khojir, au sud-est de Téhéran (…) C’est à Khojir que Téhéran poursuit activement la fabrication de têtes nucléaires. À cet endroit on adapte les ogives conçues pour être installées sur les missiles Chahab 3 avec une portée de 2000 Km (…) Toutes les activités du groupe se font dans des tunnels camouflés dans les montagnes de la région de Khojir. Les industries Movahed sont situées dans le plus grand tunnel de cette région, d’un kilomètre de long sur 12 de large, avec six ramifications de 500 mètres de longueur chacune. »

Les propos de Khamenei et la position du régime iranien, accompagnés d’actes en claire violation des résolutions de l’ONU, démontrent que les mollahs intégristes n’ont aucune intention de se conformer aux termes de l’accord nucléaire et encore moins d’emprunter le chemin de la réconciliation avec le reste du monde. 

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