Pour qui les cloches sonnent

Les cloches ont sonné et plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont recueillies, jeudi 6 août à 8 h 15, à Hiroshima.

Soixante-dix ans plus tôt, le 6 août 1945, un B-29, volant à haute altitude au-dessus de la ville, largua une bombe à uranium dotée d’une force destructrice équivalente à 16 kilotonnes de TNT, portant la température à 4 000°C au sol.

On estime à 140 000 le nombre de morts, au moment de l’impact puis ultérieurement, sous l’effet de l’irradiation. Trois jours plus tard, celle larguée à Nagasaki, le 9 août 1945, a tué quelque 74 000 personnes.

Il semble que nous sommes en train d’éprouver le même désastre. Pour la simple raison que l’accord nucléaire signé entre P+1 avec l’Iran ne vise pas du tout le démantèlement complet du programme nucléaire iranien. Le régime en place en Iran est toujours en train d’effectuer des falsifications visant l'AIEA et les P5+1. C’est pour cette raison que l’opinion publique n’a jamais eu confiance en ce régime qui, à mon avis, saisira encore toute occasion pour fabriquer la bombe atomique.

Lors d'une réunion privée, Abbas Araqchi, ministre adjoint des Affaires étrangères du régime iranien et le principal négociateur dans les pourparlers nucléaires avec P5+1, dans un briefing privé avec des directeurs et rédacteurs de la radio et de la télévision publique daté le 1er Août, reconnaît, certaines grandes falsifications adressées à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Il a déclaré que l'accord de Vienne était différent de la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies et que le régime iranien n'avait pas l'intention de mettre en œuvre tous les articles de la résolution 2231. Il semble que certaines déclarations publiées à cause de l’imprudence d’Araqchi sur le site web de la télévision et la radio d'Etat, aient été censurées immédiatement sous l’ordre du Conseil suprême de la Sécurité du régime. Certaines déclarations d’Araqchi étaient comme suit:
« l'Occident a détourné le fichier technique de programme nucléaire d'Iran en un fichier politique en raison de la PMD (NDLR : possible dimension militaire) et a constamment travaillé avec l'AIEA en lui fournissant des informations, ce qui n’a fait qu’empirer les choses. Il s’avère que EBW (explosion des détonateurs) ont été révélés. Demandez aux proches relations du Ministère de la Défense : ils sont dans une grande détresse à cause de la fuite d'informations qui ne fait qu’aggraver la situation ».

Ceci en dépit du fait que le régime iranien à maintes reprises a tenté de présenter les détonateurs explosifs comme étant de nature non-militaire et anti-nucléaire et affirmé que ces détonateurs étaient en réalité utilisés à des fins d’exploration de pétrole et de gaz.

Sur un autre sujet, Araqchi a admis que le régime n’avait déjà aucune intention de révéler Fordow et rapporté ce site à l'AIEA seulement quand le site a été divulgué. Il a déclaré notamment:
« Quand nous avons appris que Fordow avait été découvert, juste avant l’annonce, nous avons ordonné rapidement M. Soltania, alors représentant du régime auprès l'AIEA, de déclarer le site à l'AIEA et ses propos ont été rapportés dans une lettre adressée à M. Baradei ... Quand il a parlé de donner la lettre, il a été dit que M. Baradei s’était déplacé à l'aéroport pour se rendre à Washington. Toutefois, M. Soltania était allé à l'aéroport et lui a remis la lettre ».

 Araqchi stipule également que le programme nucléaire est une perte économique pour le pays, faisant allusion au fait que l'objectif principal était l'acquisition de la bombe nucléaire. Il a déclaré:

" J’ai dit à plusieurs reprises que si on en juge le programme nucléaire de notre pays uniquement sur ses mérites économiques, il a été une perte énorme. En d'autres termes, si l'on calcule le coût de production, nous ne pouvons pas même imaginer son coût ".

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