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Billet de blog 14 août 2021

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Sous le règne absolu, la répression, la destruction et la corruption sont inévitables

En Iran, c’est le Guide Suprême qui prend toutes les grandes décisions au niveau local et étranger, représenté pour prendre toutes les bonnes décisions et qui comptent pour tous. L'hégémonie et la domination absolue du Guide suprême est le fondement inviolable de ce régime.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1

La constitution de l'Iran, que l'Assemblée des experts a achevée en 1958, est basée sur le principe de Velayat-e-Faqih que le fondateur de la république islamique, Khomeiny, a ensuite promu au rang de monarchie absolue.

 Ces derniers jours, les médias pro-régime attribuent constamment la récente vague de soulèvements dans la province du Khuzestan et la précédente au Sistan et au Baluchestan à la mauvaise gestion de l’actuel gouvernement ou de son précédent. Le gouvernement sert à présenter Khamenei comme une autorité ayant ses pleins pouvoirs, cependant, il ne lui vaut qu’un bouc émissaire. En effet, la réalité est que tous les pouvoirs et les décisions à prendre sont concentrés entre les mains du Guide Suprême.

L'article 5 de la Constitution iranienne stipule que le Guide Suprême a, à tout moment, la suprématie et la souveraineté sur toutes les institutions de l'État. Il est nommé par l'Assemblée des experts, que le Guide Suprême nomme toujours. Les articles 107 et 109 de la constitution attribuent la direction de la société au Guide Suprême. L'article 44 concerne le système économique du pays et les propriétés privées régies et administrées par des lois dites islamiques émanant des institutions étatiques et que le Guide Suprême contrôle.

Dans les parties ultérieures de la constitution, l'interprétation des lois est laissée au Conseil des gardiens. Khamenei a utilisé ce système et ces lois pour soumettre une grande partie de l'économie iranienne aux gardiens de la révolution et à ses fondations affiliées. On dit que plus de 60% de l'économie iranienne appartient aux gardiens de la révolution, qui ne paient pas d'impôts. Les milices terroristes, telles que Hezbollah libanais et Hash Alshabi en Irak, sont ainsi soutenues financièrement par le régime iranien. L'un des anciens présidents iraniens avait qualifié les gardiens de la révolution de gouvernement armé.

Le quatrième principe de la constitution dispose que toutes les lois et réglementations civiles, pénales, financières, administratives, culturelles, politiques et militaires sont soumises à l'approbation du Conseil des gardiens, qui est nommé par le Guide Suprême. Le juriste opposera son veto à toute loi qui n'est pas en faveur du Guide Suprême.

L'article 49 autorise également au gouvernement de posséder des biens publics, des richesses, des héritages sans héritiers et les richesses résultant de la corruption et du détournement de fonds. Cet argent colossal non comptabilisé est rassemblé dans une institution appelée le Bureau exécutif du décret de Khomeiny, que Khamenei contrôle désormais. On dit qu'il dépasse les 100 milliards de dollars.

L'article 57 place le contrôle des trois pouvoirs entre les mains du Guide Suprême. Ce principe stipule que : « Les pouvoirs en République islamique d'Iran sont le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire, qui sont sous l'autorité absolue du Guide suprême, suprême commandant  qui représente le peuple. »

Les articles 122, 130 et 131 font également du président du régime un gouverneur exécutif, responsable et nommé par le Guide suprême. Il existe de nombreux autres exemples similaires dans la constitution iranienne.

Il est trop naïf de supposer que les problèmes sociaux et économiques auxquels le peuple iranien est confronté, en particulier les récentes pénuries d'eau et d'électricité, sont causés par la mauvaise gestion de tel ou tel gouvernement iranien, comme le prétendent les médias iraniens. Tous ces problèmes trouvent leur source enracinée dans le système et l'idéologie de Velayat-e-Faghih. Toutes les politiques essentielles du pays sont mandatées et manifestées par un Guide suprême corrompu qui n'est responsable devant aucune institution ou autorité. Pour maintenir sa supériorité et sa survie, le Guide suprême a formé son appareil oppressif, y compris les gardiens de la révolution, dont les crimes sont connus de tous en Iran et dans les pays de la région.

L'histoire nous dit qu'un régime dictatorial n'est pas un régime qui travaille au bien-être et au confort de son peuple, et la dictature iranienne ne fait pas exception. Aucune réforme n'est possible en Iran tant que ce dictateur et son gardien, les gardiens de la révolution, ne sont pas évincés. Sinon, s'attendre à des réformes de ce régime n'est qu'un mirage.

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