Iran: Le Rapport des Droits de l’Homme en Iran Révèle le Vraie visage du Président Rohani

Depuis que les grandes puissances mondiales ont entamé des négociations nucléaires avec la République Islamique d'Iran, certains militants des droits de l'homme ont alerté qu’une attention portée exclusivement sur ce sujet spécifique conduirait à la négligence de la crise de longue date des droits de l’homme dans la théocratie Chiite fondamentaliste.

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Depuis que les grandes puissances mondiales ont entamé des négociations nucléaires avec la République Islamique d'Iran, certains militants des droits de l'homme ont alerté qu’une attention portée exclusivement sur ce sujet spécifique conduirait à la négligence de la crise de longue date des droits de l’homme dans la théocratie Chiite fondamentaliste.

 Malgré une brève période d'optimisme alors que l'accord nucléaire de Téhéran avec les puissances mondiales commence à être mis en œuvre, ces avertissements se sont vérifiés. En effet, les groupes militants des droits de l'homme ont constaté que la fin des négociations n'a pas seulement échoué dans l’élargissement de la discussion sur d’autres sujets de politique en Iran, mais a en plus encouragé les dirigeants occidentaux à ignorer davantage le comportement rebelle constant de l'Iran contre son propre peuple et à fixer des politiques basées sur l’hypothèse que le régime iranien a changé.

 Le régime n'a pas changé. Un coup d'œil sur les récents événements dans le pays suffit à le prouver. Certains dirigeants européens ont rejoint l'administrat

ion Obama pour prédire la modération à Téhéran depuis 2013, date de l’élection d’Hassan Rohani à la présidence du pays. En effet, Rohani arriva au pouvoir sur la promesse d'une société iranienne libre et plus ouverte, mais ce que les dirigeants occidentaux semblent oublier, c’est qu'il n'a même pas réussi à tenir une seule de ces promesses.

 À l'heure actuelle, il est plus important que jamais que l'Union européenne et les Etats-Unis reconnaissent la réalité de la situation. Les gouvernements de l'Italie et de la France se préparent de nouveau à accueillir Rohani les bras ouverts lors de sa visite à Rome et à Paris ce mois-ci, et il n'y a aucune indication que la discussion de la politique iranienne s’élargisse à d’autres sujets que les opportunités économiques suivant l'accord nucléaire.

 Il est franchement préoccupant que les gouvernements d’Obama, Hollande et Renzi aient maintenu leur soutien à Rohani si longtemps après qu’il ait perdu le soutien de nombreuses personnes ayant contribué à sa campagne ou voté pour lui. Ces individus n’ont pas eu le luxe de pouvoir se concentrer uniquement sur l'accord nucléaire, au détriment de tous les autres indicateurs de progrès dans le pays.

 Les défenseurs des droits de l’homme à l’instar d’Amnesty International et le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l’homme iraniens, Ahmed Sh

aheed, ont par exemple souligné que Rohani a supervisé plus de 2000 exécutions au cours de son mandat.

 Le Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI) a observé qu’il s’agit d’un taux de meurtres sanctionnés par la justice plus élevé que pendant toute période équivalente au cours des 25 dernières années. Et c’est beaucoup dire quand on sait que l'Iran figure régulièrement en tête de la liste des pays avec le taux d'exécutions le plus élevé par habitant.

 Plus tôt ce mois-ci, des groupes de droits réunirent des statistiques sur l'ensemble de l'année dernière et constatèrent qu’en 2015 seulement, l'Iran condamna à mort plus de 1000 personnes, y compris les dissidents de l'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran, le principal mouvement d'opposition iranien. Malheureusement, ce chiffre n’inclut pas ceux qui sont morts dans des circonstances mystérieuses pendant leur détention pour délits politiques comme la “diffusion de propagande à l’encontre du régime.” Il existe de nombreux exemples de ces prisonniers politiques et de l'utilisation punitive du refus de traitement médical afin d'augmenter la pression sur les détenus, et parfois pour mener efficacement des exécutions extrajudiciaires.

 Toutes ces tendances sont encore d’actualité sous le régime Rohani. Il n’a pris aucune mesure significative pour réformer le caractère abusif de la justice iranienne, et il ne s’est même pas prononcé contre les violations des droits de l’homme qui attirent régulièrement l’attention de la communauté internationale

. En effet, Rohani a défendu l'utilisation généralisée de la peine de mort, y compris pour les prisonniers politiques, les délinquants toxicomanes non violents et les détenus mineurs au moment du délit. Rohani justifie les exécutions en décrivant les pendaisons publiques comme l'application de la loi divine ou des lois d'un Parlement représentatif de son peuple.

 Cet argument est ridicule, et le simple fait qu’il soit utilisé par le Président Rohani devrait être suffisant pour prouver aux décideurs occidentaux que leur histoire de modération est un fantasme. L'Iran est une théocratie fasciste avec des nuances superficielles de processus démocratique. Chaque candidat et chaque projet de loi font l'objet de contrôles par un organisme clérical qui répond directement du dirigeant suprême. En tant que tel, il est impossible pour le processus législatif de refléter la volonté d'un peuple en grande partie démocratique, progressiste et pro-occidental.

Seuls les initiés engagés du régime pourraient aspirer au poste de Rohani. 

 Les dirigeants de l'Union européenne n’ont aucune excuse pour délibérément négliger les droits de l’homme lors de la visite de Rohani ce mois-ci. Le Président du régime des mollahs doit répondre des crimes qui lui ont valu le titre notoire en Iran de: ‘Rohani, roi des exécutions.’

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