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Billet de blog 23 janvier 2016

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Iran: Des enfants abandonnés en Iran sous le règne de Rohani

Demandez à Rouhani pourquoi au lieu de dépenser des milliards de dollar pour aider Bachar El-Assad à massacrer les populations syriennes, il n'alloue pas un fragment de cette somme d’argent aux enfants innocents et abandonnés sans défense Chaque année, de milliers d'enfants de moins de trois ans sont abandonnés dans les rues !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

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Avec ou sans nom, adresse ou destin tracé… où est-ce que le vent me trainera-t-il? Dans la pluie et la tempête, avec les chiens errants ou des loups affamés, avec toutes sortes de personnes déambulant, du balayeur de rue aux enfants espiègles dans les rues, finalement quelqu'un va me voir et puis ma vie va changer.

Nous n'étions pas perdu pour être trouvé, nous n'étions pas un petit nombre pour être ignoré ou dissimulé, nous n'étions pas rancuniers pour être abandonnés… nous sommes les bébés de l'Iran sous le règne clérical.

Mashad - nous étions âgées de 10 jours. Nous étions deux bébés filles âgées de 10 ans avec un sac gris à côté d'eux. Ils nous ont trouvés dans la rue Tabrasy à Mashhad. Ils n’ont pas trouvé nos parents. Ils nous ont fournis l’assistance publique de Khorassan Razavi. Les anges disaient de ne pas demander à n’importe qui; dites à Rouhani que vous êtes handicapé et qu'il est à blâmer…

Karaj - Nous sommes cinq. En novembre, nous avons vu le jour à l’hôpital Kamali et Bahonar de Karaj. Nous sommes Nadia, Nariman, Hananeh Sareh, et Hasti mais nous n'avons pas d'adresse. Les centres gouvernementaux ont demandé aux gens de nous aider à trouver nos familles. Quelqu'un est-il au courant de la vie amère de sans-abri, de la toxicomanie, du chômage ou de la prison de nos parents? Ou savent-ils pourquoi ils se sont enfuis de l'hôpital en nous laissant à la traine ou en donnant une fausse adresse ?

Les anges nous ont dit que nos parents nous ont vraiment aimés et voulaient réellement nous emmener à la maison et nous embrasser chaleureusement; pour essuyer nos larmes et pour oublier leurs soucis en voyant nos rires, mais ils ne pouvaient tout simplement pas faire cela.

Où est notre adresse?

Près d'un bac à ordures, sous un tuyau de chute d'une boutique, à l'intérieur d'une cabine téléphonique, à côté d'un colporteur vendant des cigarettes, sous un banc dans un parc… ou dans n’importe quel lieu où les gens passent par là!

Notre adresse est très près de chez vous, mais dans un endroit sûr et loin des gardiens de nuit. Notre maman, papa ou quelqu'un d'autre qui nous a laissé n'était pas coupable. Ne rejetez pas le tort sur eux. S'ils le pouvaient, ils n’auraient pas abandonné leurs oiseaux comme cela. Je ne les blâme aucunement. Ne maudissez pas ma mère. Elle est cachée quelque part autour d'ici en train d’épier la personne qui reprend son oiseau. Son cœur est en train de battre si fort. Demandez à la nuit, pourquoi je suis ici. À l'aube ou au crépuscule, quand il n'y avait personne autour, nous avions été amenés ici.

Maybad, Octobre 2015 – Un nourrisson de 2 jours a été trouvé dans le Parc de Baharan.

Téhéran, Boustan Qaytariya, automne 2015 – un nourrisson âgé de 20 jours qui avait été torturé, a été confié aux urgences de l'hôpital de Tajrish. L'enfant avait été abandonné dans les buissons et a été trouvé par deux jeunes se promenant dans Boustan.

Natanz, décembre 2015 – Plusieurs nourrissons dont les identités ne sont pas connues, ont été trouvés parmi les déchets à côté de la route à Natanz. Cet incident a déclenché une vague d'activité dans les réseaux sociaux. Pour faire bref, les gens se demandaient : Où est l'argent dépensé de ce pays ? Pourquoi des cas rares sont devenus maintenant un phénomène social amer et désolant ?

Najafabad, 23 novembre 2015 – Les gens ont difficilement digéré cet incident désolant des deux nourrissons trouvés dans les rues de Natanz et qu’un nourrisson de 5 mois a été retrouvé dans les rues de Najafabad.

Téhéran, Ispahan et Karaj font face à ce phénomène douloureux et tragique plus que dans d'autres villes.

En réalité, il s'agit d'un problème social qui indique une baisse drastique des bonnes mœurs de la société, mais la principale cause  de l’envol des sentiments envers son enfant reste et demeure la pauvreté et des difficultés économiques plus que toute autre chose qui oblige la mère ou le père à renoncer à leur amour pour leur bébé et de l'abandonner dans l'espoir d'un avenir meilleur ailleurs. On peut difficilement imaginer le calvaire que vit le père ou la mère et doit vivre avec lui pour tout le reste de sa vie.

Chaque année, plus de mille enfants âgés 3 ans sont abandonnés dans les rues. Le nombre réel est certainement plus et les blessures sont bien plus profondes et cela conduirait certainement plus de personnes à dormir dans les rues, plus d'enfants à travailler, plus de toxicomanes et plus les maladies physiques et psychologiques. Ces enfants sont en train de déserter les rues. Les familles ont besoin du soutien dans les jours de pauvreté. Ces enfants sont recensés dans les villes par les organismes gouvernementaux, mais ils réapparaissent toujours.

Les dommages sociaux, culturels et humanitaires de ce phénomène vont hanter la société au cours des années à venir et ses profondes blessures sont difficiles à guérir.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.