Iran, l’état terroriste dévoilé

Le 4 février dernier, le tribunal d’Anvers en Belgique a rendu son verdict concernant l’affaire impliquant le diplomate iranien Assadollah Assadi dans une tentative d’attentat avortée contre le Conseil National de la Résistance Iranienne alors en conférence internationale à Villepinte le 30 juin 2018.

iranian-diplomat-terrorist-assodollah-assadi-27012021

Plus qu’un simple verdict, la décision de condamner le diplomate mandaté par le régime théocratique sonne sans doute le glas de la politique de complaisance de l’Union Européenne à l’égard des Mollahs d’Iran. 20 ans fermes. Soit la durée maximale encourue. C’est la sentence infligée à Assadollah Assadi, diplomate-terroriste Iranien en poste à l’ambassade de Vienne pour avoir organisé un attentat à la bombe à Villepinte, en banlieue Parisienne, le 30 juin 2018 alors que près de 25 000 Personnes et des dizaines de personnalités politiques de premier plan étaient venues soutenir le CNRI dans son raout annuel pour un Iran libre, souverain et démocratique. 20 ans seulement, parce que l’attentat a pu être évité grâce aux actions communes des autorités Belges, Allemandes et Françaises. Les trois complices du diplomate ont quant à eux écopé respectivement de 18 ans, 17 ans et 15 ans de réclusion ainsi que de la déchéance de leur nationalité Belge.

 Mais au-delà des peines de prison infligées aux quatre protagonistes du complot sur le terrain, c’est tout l’appareil étatique iranien qui est sanctionné par ce verdict. En effet, les deux ans d’enquête ont permis d’établir les preuves indéniables de l’implication du ministère des renseignements iranien ainsi que du ministère des affaires étrangères dans le complot visant les opposants au régime. Au final, c’est bien le régime des mollahs dans son ensemble qui est compromis, démontrant par les faits ce que les Moudjahidines du peuple, la principale opposition à la dictature, ne cessent de dénoncer depuis des années ; l’Etat iranien est un Etat terroriste.

 

Dès lors, les édiles Européennes ne pourront plus se cacher derrière de pseudos accords sur le nucléaire visant avant tout à préserver les intérêts commerciaux et financiers de quelques uns au détriment de la population d’Iran et des peuples du Moyen-Orient. Maintenant que les faits sont établis, irréfutables, l’Union Européenne va devoir changer son fusil d’épaule et adopter un discours définitivement plus ferme vis-à-vis d’un état qui n’hésite pas à faire sauter ses bombes au cœur même de l’Europe. Pour preuve donc, cette tentative d’attentat à Paris en juin 2018, pilotée à distance par Téhéran. Mais pas seulement. Au cours de l’enquête, la police allemande a mis la main sur les détails des rémunérations de nombreux agents dormants répartis dans 11 pays de l’UE, prêts à agir au premier signal de leur tête de pont en Occident, Assadollah Assadi lui-même. Pire encore, Javad Zarif, qualifié de « version souriante de Ribbentrop » par l’eurodéputé Polonais Radosław Sikorski, et son ministère des affaires étrangères n’ont pas hésité à menacer la Belgique de représailles si cette dernière osait condamner son diplomate Assadi. Dans le discours comme dans les actes, les mollahs ne cachent plus leurs velléités terroristes.

 Les pasdarans (le corps des gardiens de la révolution islamique) jouissant jusqu’alors d’une totale impunité n’ont cessé de faire pression sur les gouvernements Européens, afin d’infléchir la position des juges Belges. Il faut dire que la politique de complaisance menée par l’UE depuis de nombreuses années a contribué à renforcer ce sentiment d’impunité des gardiens de la révolution, force politique, économique et militaire placée directement sous l’égide du Guide suprême des Mollahs, et échappant à tout contrôle des parlements et du président Rohani.

 Après la perte de Qassem Soleimani l’an dernier (commandant de la force Qods), les émeutes régulières de la population depuis décembre 2017, l’influence grandissante du CNRI, représentant plus que jamais une alternative politique crédible pour l’Iran, ce jugement de la Cours d’Anvers assène un nouveau coup violent au régime des mollahs. D’autant plus violent qu’il renforce encore la position de l’alternative démocratique. Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI a encore enjoint les chancelleries européennes à plus de dureté envers l’Etat terroriste en demandant officiellement lors d’un discours à fermer « les ambassades et les autres centres du régime en Europe, qui sont tous des centres de terrorisme », à demander « des comptes au ministre des Affaires étrangères des mollahs », fortement impliqué dans la tentative d’attentat, à inscrire « la totalité du ministère du Renseignement et du corps des gardiens de la révolution sur la liste des entités terroristes », à poursuivre « les dirigeants du régime, qui sont les responsables et les principaux commanditaires de la machine terroriste et criminelle », à juger et expulser « les agents et mercenaires du ministère du Renseignement des mollahs, quelle que soit leur couverture » et à conditionner « tout retour à la normale des relations diplomatiques au démantèlement des cellules terroristes et de l'appareil terroriste du régime et au respect des droits humains ».

 La balle est désormais dans le camp de la diplomatie de l’Union Européenne.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L’auteur·e a choisi de fermer cet article aux commentaires.