Appel international à empêcher la destruction des fosses communes du massacre de 1988

La théocratie iranienne a l'intention de détruire les fosses communes du massacre des prisonniers politiques de 1988 au cimetière de Khavaran de Téhéran, pour faire disparaitre les preuves de ce crime. À cette fin, le régime a eu recours à un double crime en obligeant les compatriotes bahaïs à enterrer leurs morts à Khavaran, une mesure contre laquelle la communauté bahaïe a également protesté.

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Amnesty International avait appelé auparavant «les autorités iraniennes à mettre un terme immédiatement à la destruction de centaines de tombes et de fosses communes ne portant aucun nom à Khavaran, au sud de Téhéran, afin que soit préservé le site et qu’une enquête médico-légale puisse être diligentée dans le cadre d’une enquête approfondie, indépendante et impartiale, trop longtemps attendue, sur les exécutions de masse qui ont commencé en 1988 et dont on parle communément en Iran comme du « massacre des prisons ».

Détruire les tombes des martyrs du massacre de 1988 pour éliminer les preuves de ce crime contre l'humanité est une pratique bien connue du régime clérical. Il a déjà détruit des sépultures des victimes des exécutions des années 1980 et du massacre de 1988 dans de nombreuses autres villes, comme Ahwaz, Tabriz et Machad.

En Iran, des milliers de personnes ont été victimes de disparitions forcées et d’exécutions extrajudiciaires dans les prisons en 1988. En cachant la vérité sur le sort de ces dissidents politiques, les autorités iraniennes continuent de se rendre responsables de crimes contre l’humanité.

1988 : LE « MASSACRE DES PRISONS »

« Fin juillet 1988, les autorités iraniennes ont décidé le confinement des prisons partout dans le pays et suspendu les visites familiales, sans donner aucun motif ». Au cours des semaines qui ont suivi 30,000 prisonniers politiques ont été exécutés de manière extrajudiciaire dans le cadre d’une opération coordonnée visant à éliminer l’opposition iranienne.

À travers l’Iran, des groupes de prisonniers ont été rassemblés, ont eu les yeux bandés et ont été conduits devant des commissions composées d’un procureur et de représentants de la justice, des services de renseignement et de l’administration pénitentiaire.

Ces « commissions de la mort » ne ressemblaient en rien à un tribunal et leur procédure était sommaire et arbitraire à l’extrême : aucune possibilité de faire appel à aucun stade de la procédure.

On interrogeait les prisonniers pour savoir s’ils étaient prêts à se repentir c’est à dire abandonner leurs opinions et leurs oppositions au régime iranien. La grande majorité d'entre eux étaient musulmans. Qui croyait profondément aux libertés politiques et sociales et à la tolérance religieuse.

Ils n’ont pas été informés du fait que leurs réponses pouvaient les conduire à la mort. Bien souvent, ils apprenaient qu’ils allaient être exécutés quelques minutes seulement avant d’être alignés devant un peloton d’exécution ou placés sur une potence, un nœud coulant autour du cou.

Maryam Radjavi, dirigeante de la Résistance iranienne a condamné la pratique inhumaine du régime clérical consistant démolir les tombes des martyrs et à détruire les preuves des crimes. Elle a demandé sa ferme condamnation par le Secrétaire général des Nations Unies, le Conseil de sécurité de l'ONU, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU et sa Haute-Commissaire. Elle les a exhortés à prendre des mesures immédiates pour empêcher la poursuite de la destruction des tombes des martyrs du massacre de 1988, et empêcher également les pressions et les contraintes imposées aux bahaïs.

 

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