Intervention meeting 8 mars

Le meeting d'hier soir fut une relatif succès, près de 90 personnes quand Avignon est congelé c'est pas mal...

Je poste le discours que j'ai prononcé, avant le montage vidéo.. Viendrons ensuite les autres discours au fur et à mesure avec le son en prime

 

Meeting NPA, à AVIGNON, le 8 mars

Le 8 mars journée des femmes, le NPA a tenu un meeting à Avignon organisé par le comité quartier populaire avec les quatre intervenants suivants:

 

- Ilham Moussaïd militante pour la Palestine

- Carole Eldin féministe

- Abdel Zahiri associatif

- Hendrik Davi militant écologiste

 

 

des luttes aux éléctions régionales

 

 

Je suis sûr que dans cette salle, nous sommes tous persuadés qu’il faut en finir avec les inégalités et la pauvreté, en finir avec les violences faites aux femmes et le sexisme, en finir avec les contrôles policiers au facies et le racisme !!!

 

La barbarie

 

Ce dont je suis sûr c’est que cette société a conduit et conduira encore à des formes de barbarie : barbarie au Moyen Orient pour contrôler pétrole et Gaz en Irak, en Afghanistan et en Palestine ! Combien d’enfants morts pour que nos voitures puissent rouler ! Barbarie au commissariat quand une femme battue est renvoyée dans son pays car elle est sans papier. Barbarie à l’hôpital quand un SDF est renvoyé à la rue car il est sans couverture sociale ! Barbarie dans l’entreprise quand la seule issue dans une vie devient le suicide. Barbarie quand certains obtiennent avec des parachutes dorés pour licencier des salariés.

 

Mais la question que nous nous posons tous est la suivante : que pouvons nous faire ? Et comment ?

 

Comment changer

 

Oui nous devons et nous pouvons changer le court des choses et sortir du capitalisme ! Pour cela, regardons dans le rétroviseur, l’histoire nous donne des leçons. Première leçon, les capitalistes ceux qui dirigent le monde ont toujours fait croire que le progrès social n’était pas possible et que nous étions des doux rêveurs. Avant 1936, l’idée de payer un salarié quand il ne travaille pas, c’est à dire lui donner des congés payés, c’était de la folie pure pour un patron ! Avant 1945, l’idée qu’une femme puisse voter ou que les jeunes payent les retraites des anciens paraissaient insensées. Or nous l’avons obtenu par les luttes ! Une fois obtenue c’est magique ils font toujours comme si ces acquis allaient de soi ! Ils se réapproprient toujours nos victoires …mais n’oublions pas cela n’allait pas de soi, des hommes et des femmes ont lutté et certains sont morts pour chacun des droits que Sarkozy casse aujourd’hui un par un. Aux USA combien de noirs ont péris pour l’égalité des droits !

 

La seconde leçon de l’histoire, c’est qu’il existe quelques règles d’or pour obtenir des victoires et trois façons de s’organiser pour y arriver ! La première règle d’or c’est se prendre en main et de ne pas attendre que ceux d’en haut nous autorise à agir. La seconde règle est de construire l’unité la plus large de tous ceux et toutes celles qui subissent ce système. Toute les victoires récentes ont été obtenus quand l’unité s’associe à la radicalité : pour nos retraites en décembre 95, contre la constitution européenne en 2005, contre le Contrat Premier Embauche (CPE), ou l’an dernier en Guadeloupe contre la vie chère.

 

Les trois manières pour arracher des petites ou des grandes victoires sont les luttes syndicales, les luttes associatives et le changement de nos comportements individuels et enfin les élections.

 

Le syndicalisme

 

Commençons par les syndicats, cela apparait ringard aujourd’hui, pourtant c’est essentiel ! Beaucoup de luttes politiques y compris de décolonisation ont commencé par des luttes économiques. C’est les syndiqués anonymes qui défendent chaque jour ici une femme de ménage licenciée abusivement, là une femme victime de harcèlement ! Nous devons toujours faire valoir nos droits, nous ne devons rien lâcher, chaque heure supplémentaire doit être payée, chaque jour de congé droit être pris ! N’ayons pas honte de bénéficier du chômage, du RSA, de la formation permanente ou d’aller dans les urgences des l’hôpitaux ! C’est nos droits, ceux qui sont chargés de les faire respecter et d’en obtenir de nouveaux ce sont les syndicats. Pour changer la société, il faut commencer par se syndiquer ! Ne leur lâchons rien.

 

Secteur associatif et l’action individuelle

 

Une autre manière d’agir est de travailler dans le secteur associatif ou changer ses comportements individuels. Nous pouvons et devons consommer autrement. Cette forme d’action est ancienne. En 1920, en Inde, Gandhi soutenu par le parti du congrès et les musulmans appelle au boycott des produits textiles anglais pour l’obtention de l’indépendance indienne. Le boycott de l’Afrique du sud, entériné par la résolution de l’ONU de 1962, a contribué à mettre un terme à l’apartheid. Aidons ici et maintenant à mettre un terme à la colonisation israélienne. Boycottons les produits israéliens ! Rejoignez les collectifs BDS dont Nora et Ilham sont des représentantes, qui manifestent dans les grandes surfaces pour ce boycott. Autre sujet mais même ennemi local, la grande surface, les agriculteurs ne peuvent plus vivre de leur travail. Tout l’argent sert à augmenter les profits des grandes surfaces. Des paysans et des consommateurs se sont engagés au sein d’AMAP pour que les produits agricoles aillent directement du producteur au consommateur sans enrichir le patron de Leclerc ou de Carrefour.

 

Ici nous venons tous de ces luttes syndicales et associatives ou de ces prises de conscience individuelles, nous savons tous qu’elles sont nécessaires, nous savons aussi qu’elles sont insuffisantes. C’est pourquoi, nous nous sommes engagés dans un parti politique. Le parti politique permet de faire la synthèse de toutes nos petites luttes au quotidien, il se nourrit de nos diversités, il permet d’être entendu à l’échelle nationale et européenne et de construire un rapport de force. C’est pourquoi nous nous présentons aux élections régionales.

 

Les élections

 

Les élections permettent de montrer à ceux qui nous dirigent que nous ne sommes pas dupes, elles permettent de construire un rapport de force, chaque élu est un point d’appui pour cette lutte globale. Alors je ne vais pas vous mentir : A priori, les élections régionales ne nous font pas rêver. Pourtant nous avons tort car la région PACA c’est un budget de 1.7 Milliard d’euros et c’est notre argent ! Les compétences de la région sont l’éducation et la formation professionnelle, les transports, l’aménagement du territoire, l’emploi et la vie économique…cela concerne tous les aspects de notre vie

 

Plus de démocratie

 

Notre première proposition c’est plus de transparence et plus de démocratie. Plus de transparence d’abord car quand on se penche sur le document décrivant le budget régional, impossible de savoir qui bénéficie des exonérations de charges et qui profitent de l’argent public ! Plus de démocratie, en augmentant la participation des citoyens à la création du budget comme les budgets participatifs mis en place dans certaines villes brésiliennes, en interdisant strictement le cumul des mandats, en proposant la révocabilité des élus. La révocabilité c’est laisser la possibilité aux citoyens de demander un vote sur la révocation d’un élu quand celui-ci n’a pas tenu ces promesses ou quand il a commit des délits.

 

Argent public au public

 

Notre seconde proposition est que l’argent public aille au public. Nous sommes pour la laïcité, nous sommes donc pour qu’aucun argent n’aille aux lycées privés notamment catholiques, 11 % des écoles sont privées. 44 % des collèges et lycées sont privés. Nous demanderons aussi au conseil régional une enquête sur toutes les aides données aux entreprises et les exonérations dont elles bénéficient : les crédits de paiement aux entreprises ne concernent pas moins de 607 M€. Le projet nucléaire d’ITER va coûter plus de 467 M€ sur 10 ans aux départements et à la région, soit disant pour obtenir de l’électricité dans 100 ans ! La région a déjà financé avec notre argent des routes, des réseaux électriques et un lycée privé de luxe ! Stoppons ce projet dangereux inutile et couteux !

 

Développer de nouveaux droits et de nouveaux services publics

Notre troisième proposition est de renforcer les services publics existants et d’en développer de nouveaux. Oui si nous récupérons l’argent donné à ceux qui n’en ont pas besoin nous pouvons mettre en œuvre une autre politique. :

Ø Si nous voulons réellement aller vers une région écologique, commençons par réduire la consommation de pétrole. Des transports gratuits pour toutes et tous c’est possible. Par exemple sur Avignon, le prix du ticket ne couvre que 14% du coût total. Trouver les 5 M€ qui permettent de financer les bus gratuits c’est simple il suffit d’arrêter de financer l’aéroport d’Avignon (même coût).

Ø La région doit en finir avec la précarité de ces propres salariés (10%), elle doit montrer l’exemple et titulariser tous les précaires.

Ø Soyons inventifs, créons de nouveaux services: un service public de location de voiture, une aide à l’implantation d’entreprises en forme coopératives

Ø création d’une mission régionale pour l’égalité entre femmes et hommes qui mette à disposition des moyens pour encourager la mixité des filières, pour aider les collectivités locales à développer crèches, des centres d’IVG, ou structures d'accueil pour les femmes victimes de violences

 

Finissons par le social, PACA est la troisième région la plus touchée par le chômage (10.5%). Ce n’est pas en mettant les régions en concurrence, en étant celle qui offre le plus d’exonérations, le moins d’impôts et le plus de subventions aux entreprises que nous sauvegarderons l’emploi. Les entreprises prennent l’argent qu’on leur donne et partent ailleurs avec ! C’est ça la réalité ! On donne de l’argent aux banques, donnons de l’argent aux salariés qui veulent reprendre leur entreprise quand elle fait faillite, faisons leur confiance.

 

Choisir son camp et entrer en action

 

Apprenez simplement reconnaître ceux qui sont dans votre camp et ceux qui ne le sont pas. Nous devons nous unir et cesser de nous diviser. Aux blancs j’ai envie de dire votre ennemi n’est pas l’islam, n’est pas Ilham. Aux arabes, je dis votre ennemi n’est ni le médecin, ni le pompier ni l’instituteur même quand ils sont racistes. Notre ennemi actuel c’est Sarkozy et les intérêts des plus riches qu’il représente ostensiblement : lui c’est le meilleur soldat de leur camp ! Mais méfions nous aussi de nos faux amis qui défendent la logique libérale: le PS. Ceux qui du temps de Jospin ont préparé la privatisation de France Telecom et de l’université. Ceux qui du temps de Chevènement et des sauvageons ont anticipé la politique Sarkozyste dans les quartiers. Ceux qui manifestaient au côté des défenseurs d’Israël quand les enfants palestiniens mourraient à Gaza. Qui dans cette salle croit vraiment que celui qui va nous défendre est l’actuel directeur du FMI. Regardons les bilans des régions, elles sont toutes gérées par la gauche. Qu’ont-elles fait ces régions pour les quartiers populaires. A ce titre, mon ennemi n’est ni le militant PS ni celui du Front de Gauche. L’unité a d’ailleurs été possible avec le front de gauche dans certaines régions, nous nous en félicitons. Mais nous ne seront pas d’un exécutif d’une marie, d’une région ou d’un pays, qui finance le nucléaire comme la région PACA où des élus écologistes siègent, ou les entreprises qui licencient, chasse les Rmistes ou les gitans et soutien Israël ou la guerre en Afghanistan. Et cela nous, oui nous en sommes fières.

 

Pour conclure, la seule chose que nous souhaitons que vous reteniez est que l’engagement par le bulletin de vote, la participation aux luttes ou la construction d’un parti est une absolue nécessitée face à la crise sociale et écologique, face au racisme et au sexisme. Et dans ces combats, notre seule force sera notre nombre.

 

 

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