Amoureuse d’un touche tragique de la beauté

Il faut tomber en amour, l’amour d’une chose que l’on peut murmurer, goûter, ou chanter à voix haute, et dans laquelle enfermer, enfermer dans ses labyrinthes qu'à la suite chaque entrée, t’attend un Minotaure ! Toi, étant venu sans arme, sans pelote de fil, ou aucun signe pour retrouver la voie du retour !

Il y a certains moments dans la vie où tu es entièrement amoureuse, amoureuse d’un poésie, amoureuse d’un touche tragique de la beauté devant laquelle tu es confuse, stupéfaite, et désespérée.
C’est tout! Il faut tomber en amour, l’amour d’une chose que l’on peut murmurer, goûter, ou chanter à voix haute, et dans laquelle enfermer, enfermer dans ses labyrinthes qu'à la suite chaque entrée, t’attend un Minotaure ! Toi, étant venu sans arme, sans pelote de fil, ou aucun signe pour retrouver la voie du retour !
Pour moi, pièce par pièce, ligne par ligne de la poésie d’« Edmond Jabès», est comme ca...

      — Hengameh Hoveyda

« Le geste d'écrire est geste solitaire.
L'écriture est-elle l'expression de cette solitude?
Peut-il y avoir écriture sans solitude ou encore solitude sans écriture ?

Y aurait-il des degrés à la solitude — donc plusieurs plages, différents niveaux de solitude — comme il y a des paliers d'ombre ou de lumière?

Pourrait-on, en ce cas, soutenir qu'il y a certaines solitudes vouées à la nuit et d'autres, au jour?

Y aurait-il enfin diverses formes de solitude : solitude resplendissante, ronde — celle du soleil — ou solitude plate, ténébreuse — celle des dalles funéraires; solitude de la fête et solitude du deuil ?

La solitude ne peut se dire sans, aussitôt, cesser d'être.
Elle ne peut que s'écrire dans la distance qui la protège de l'œil qui la lira.

[...]. »

   -- Edmond Jabès, De la solitude, comme espace d'écriture

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