De la balade à la manif*: Walter Benjamin et Moi à Paris

Je tapais sur son épaule en lui disant: Ces arcades ou comme tu dis, les scènes de l’illusion du capitalisme sont devenues des grands centres commerciaux à mon époque, il faut que tu les revoies maintenant Walter!

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En créant une image ambivalente de Paris, Zola envisage de décrire tous les attraits et profonds intérêts qui existent dans une ville réelle, moyenne et ordinaire mais en même temps, idéale, utopique et embellie: Ville de Paris qui attire toutes les ambitions et aspirations de l’homme. Paris est le centre politique mais aussi le centre de toutes les controverses. Au-delà de ces images modernes et d’apparence imaginaire et céleste, Zola essaye de montrer la détérioration de la société, la misère des bourgeois parisiens et l’aspect infernal de la ville. Il dépeint un monde terrible et infernal ou la vie est déniée par la règle absolue, les calculs et les ambitions de l’être humain. Il est naturel que cette image infernale que Zola fait de Paris pendant le 19ème siècle soit totalement en contradiction avec une description céleste de Paris, ville touristique, jolie ville romantique.
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Pour moi également, avant de venir ici, et selon la plupart des textes et livres que j’avais lus, Paris se définissait avec tous les gens, les endroits, les poèmes, les histoires et les événements à quoi j’appartenais. On dirait que Paris était toutes les flâneries de Walter Benjamin dans les arcades du 19ème siècle; j’avais l’impression d’être à côté de lui quand il marchait et rassemblait ses pensées pour écrire « The arcades project » et qu’il passait en revue ses idées avec moi … Lorsqu’il secouait la tête et parlait des images fausses d’un rêve, construites par diverses choses dans les arcades. Il disait que d’après Marx, l’illusion que les marchandises créent des développements modernes et leurs représentations symboliques sont une sorte de forte conscience. Et puis en regardant fixement les vitrines des magasins, il ajoutait : Dans une telle société, la vraie liberté pour la conscience collective est devenue inaccessible. Ensuite, je tapais sur son épaule en lui disant: Ces arcades ou comme tu dis, les scènes de l’illusion du capitalisme sont devenues des grands centres commerciaux à mon époque, il faut que tu les revoies maintenant Walter!

En plus de tout cela, depuis que je suis à Paris, cette ville a pris un autre nouveau concept: Le métro! Les couloirs imbriqués qui avalent toute la vie quotidienne. Un monstre à plusieurs têtes comme Léviathan qui s’émerge d’un grand océan.

 

*Tiré du nom du livre de Bertrand Tillier

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