Psychanalyse sociale et la question de la valeur

Atelier de Psychanalyse sociale : la question de la valeur

 

 

Parler Psychanalyse sociale, c’est partir du fait qu’un individu tout seul cela n’existe pas : un camarade humain, pour reprendre la belle expression du psychiatre / anti-psychiatre Thomas Szasz , est agent, effet et produit des rapports sociaux de production. Cette complexité de l’humain, homo sapiens-démens pour reprendre la terminologie d’Edgar Morin, est soumise à une logique dialectique, sans que nous le sachions toujours.

 

Parler Psychanalyse sociale, c’est prendre l’outil psychanalytique du transfert avec Freud et Lacan. Il s’agit cependant de partir du primat de la pratique sociale concrète, pour sortir d’un point de vue métaphysique et transcendantal qui encombre la psychanalyse contemporaine. J’ai indiqué dans un séminaire précédent que « dans leurs actions, les hommes n’ont pas conscience d’être déterminés par leurs transferts sociaux et rapportent leurs conduites à des motifs de pensée ». La référence au transfert de valeurs, Wertübertragung, prise à Marx nous orientera. 

 

Il s’agit donc d’étudier à partir du transfert social ainsi défini, les représentations aberrantes qui pèsent sur nos existences sociales. Cela s’effectuera dans l’individuel afin de sortir des représentations psycho-pathologiques toujours normatives et répressives mais aussi dans le collectif afin de prendre en compte les facteurs d’abrutissement de la logique capitaliste.

 

La question de différentes formes de fascismes comme modes de gouvernements se pose aujourd’hui de façon inquiétante. Cela est l’effet direct ce que produit dans les rapports sociaux le « capitalisme pourrissant » pour reprendre l’expression forte de Lénine en 1917, et la dernière élection étasunienne en est le signe le plus manifeste. J’ai indiqué dans la séance précédente de cet atelier de psychanalyse sociale hebdomadaire sur la question de la valeur qu’il pouvait être fait supposition d’au moins trois moments de rupture dans la logique capitaliste du XXème siècle quant à son mode d’action politique et que ces trois moments ont des effets qui nous concernent directement aujourd’hui.

Il s’agit tout d’abord de la publication de Mein Kampf en 1924, et de celle de Propaganda, ouvrage d’Edward Bernays en 1928. 

Mein Kampf contient le programme d’action du nazisme et sa politique d’extermination ségrégative. Propaganda, moins connu, contient un autre programme d’action meurtrière ségrégative via la mise en place d’une politique de manipulation des masses par un gouvernement invisible dont le potentiel est aujourd’hui multiplié par le développement technologique et scientifique. Le troisième moment de rupture est celui du bombardement nucléaire d’Hiroshima-Nagasaki.

 

Nous débuterons notre travail par l’analyse du premier phénomène, le phénomène nazi, à partir des concepts nouveaux  de transfert social et de transfert de valeur. L’apport du philosophe marxiste Georges Politzer concernant ce dernier point servira de point de départ.

 

Hervé HUBERT, Psychiatre, Psychanalyste

séance le mercredi 23 novembre de 18h à 20h, 23 rue de La Rochefoucauld, 75009 Paris, 2ème étage, Grande Salle de réunion. Entrée libre et gratuite. Renseignements herve_hubert@hotmail.fr / 0682946273

         

 

Siege : 23, rue de la Rochefoucauld, 75009 Paris            

Tel: 06 82 94 62 73

atelierspsychanalysesociale@gmail.com

www.apps-psychanalyse-sociale.com

 

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