Hervé Labarthe
Commandant de Bord Airbus. Ex Commandant de Bord et Instructeur d'Air France
Abonné·e de Mediapart

281 Billets

0 Édition

Billet de blog 22 févr. 2013

Hervé Labarthe
Commandant de Bord Airbus. Ex Commandant de Bord et Instructeur d'Air France
Abonné·e de Mediapart

Papy Roger s'amuse

Hervé Labarthe
Commandant de Bord Airbus. Ex Commandant de Bord et Instructeur d'Air France
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.


L'émission de trop sur l'AF 447, celle que le journaliste François Nénin a complètement ratée
,

Victime de ses manières et de son manque de connaissances aéronautiques : Air France La chute libre.

© Alexandre G.

Victime de ses manières, car quand on interviewe quelqu'un pendant six heures chez lui, que l'on tourne 3 heures dans un simulateur de vol, le moins que l'interviewé soit en droit d'attendre est un retour de qualité, et non pas de quantité. Peut m'importait de parler 5 où 15', ce qui m'importait c'était déjà de connaître le sens général du reportage et l'identité des intervenants pour ce qui concernait le milieu aéronautique. Bien évidemment je n'avais accepté de céder à l'insistance de François Nénin qu'à l'impérative condition que je ne sois pas associé dans ce reportage à des gens comme Alain Le Carrour et pire encore Gérard Arnoux, ne parlons même pas d'une momie nommée Christian Roger dont je vais aussi dire un mot.

En second lieu, je n'ai jamais souhaité participer à une soi-disant reconstitution de l'accident du 447, je me suis fermement opposé dans le simulateur à agir depuis la place droite comme le souhaitait les deux compères de l'agence Capa. Premier choc avec ces deux journalistes dont l'amateurisme m'a impressionné. Je suis venu en Juin dernier 8 jours à Paris arrivant d'Asie, spécialement pour cette interview, dont je n'ai jamais pu obtenir une vision claire et ce qu'ils voulaient faire. Je voulais simplement montrer deux ou trois choses bien précises : Placé dans les conditions de l'AF 447, au FL350, j'ai cabré comme l'a fait le bourrin de service, en m'étant placé auparavant en alternate law, je suis monté aux alentours de 40 000 ', j'ai montré que l'avion maintenu à cabré, passait très harmonieusement d'une pente positive, à une pente nullle puis négative. Bien installé dans le décrochage ( deep stall ), j'ai montré comment avec 15° d'assiette positive on tombait à 10 000'/mn, tout en ayant un controle aux ailerons relativement facile, qui ne justifiait en rien les grands coups de manche d'un bord sur l'autre de Bonin.

Puis je suis sorti du décrochage en mettant le manche à plein piquer, mais surtout en le maintenant à plein piquer le temps nécessaire à ce que l"assiette arrive vers au moins -10°.... Je suis sorti du décrochage, trois fois je m'y suis remis durant cette descente infernale, en tentant de montrer à ces journalistes combien ce n'était pas trop compliqué.... La dernière fois que j'ai repris le contrôle de l'avion nous étions vers 8000'.
Jamais je n'ai utilisé les palonniers comme celà a été le cas avec Bonin qui s'est pris pour Bahamontes, le Roi de de la montagne avalant les cols en danseuse...( voir graphiques du BEA )

Comme on le voit et en imaginant être un peu plus d'une minute après le givrage des " pitotes " , les vitesses sont redevenues normales et apparentes, mais à 180 kts nous sommes en plein décrochage... 

© 

Ce que je voulais monter est la chose suivante : Puisque nous sommes en alternate law, la " black & amber barber pole " de la Normal Law a laissé place à la " Red & black Barber Pole " de l'Alternate Law. Rien que de très normal sauf que ni le BEA, ni Air France, ni Airbus n'ont avancé ce fait que ce pouvait être cette configuration qui avait prêté à confusion dans l'esprit peu préparé de Bonin? En effet cette " red & black barber pole " qui couvre toute la plage de vitesse est exactement la même que celle prévue pour l'overspeed...

Voilà de mon point de vue pourquoi Bonin, dont la connaissance avion apparaît minimale s'est laissé abuser au point de sortir les aérofreins.

Cela dit, se croire en survitesse quand on a 15° d'assiette, que la vitesse affichée est en fait valide à 180 kts, il ne faut vraiment rien comprendre à rien ! 

Bonin est complètement à la rue en fait, ce n'est que la traduction de son manque de connaissance générale, son manque de travail personnel, et l'attitude qu'il DEMONTRE est ce type d'attitude qui ne POUVAIT pas, ne pas  être décelée par les test psychomoteurs.

Les a t-il passés ces test psychomoteurs ? là est tout l'enjeu du procès en correctionnelle dans lequel personne ne peut imaginer raisonnablement qu'Air France ne serait pas renvoyée.

Quant à Christan Roger il se présente sur son blog comme un commandant de bord Boeing 747 Air France ER, donnant ainsi l'illusion, photo à l'appui qu'il est toujours chez Air France et en pleine activité..

Boeing "ER" ( pour extended range ) Petit procédé juridique signé par ceux qui le manipulent qui consiste à préserver la vérité... 

ER veut dire dans l'esprit de Roger qu'il est En Retraite... Minable procédé ! Christian Roger a 80 ans et la photo extraite de l'émission de Canal + ne peut permettre d'en douter. Je me suis permis de mettre à jour sur la photo suivante la page de son blog où il se présente.

 Christian Roger à quitté Air France à 56 ou 57 ans empochant bien sûr une confortable " perte de licence " raison médicale, dit-il lui même, dans sa bibliographie...


Christian Roger a quitté Air France en 91 ou 92. Il n'a jamais été qualifié et donc n'a jamais volé sur des Airbus A320/A330/A340, les Airbus FBW ( Fly By Wire ) comme on dit. A l'époque, quand Roger est entré à l'École de l'Air celle ci ne délivrait pas de formation d'Ingénieur, et donc pas de diplôme. 

15 ans plus tard quand je suis entré moi même, à Salon de Provence, nous étions dans un autre monde que celui des pilotes du passé, nous avons reçu une véritable formation d'Ingénieur et le diplôme d'État d'Ingénieur de l'École de l'Air . Gérard Arnoux, ancien pilote de brousse, est bien discret quant à lui, sur ses compétences... Il aura, puisque poursuivi pour diffamation, l'occasion de nous en parler devant le Tribunal correctionnel. 

Bref Christian Roger n'est qu'un prête nom à la bande Marnet Cornus, Alain Le Carrour et Gérard Arnoux, dans laquelle il faut rajouter Norbert Jacquet, qu'on ne présente plus et dont la discrétion actuelle sur la Toile laisse à penser qu'il purgerait les trois mois de prison ferme auquel il vient d'être comdamné.

Voici la mise à jour du blog de Roger : 

© 

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Les Chinois défient la répression dans la rue sur l’air de «L’Internationale»
Le mouvement de protestation contre les mesures anti-Covid s’est étendu ce week-end à l’ensemble de la Chine. Plus d’une cinquantaine d’universités se sont également mobilisées. Des slogans attaquent le Parti communiste chinois et son numéro un Xi Jinping. Une première depuis 1989. 
par François Bougon
Journal — Asie et Océanie
« C’est un défi direct à Xi Jinping »
Pour le sinologue Zhang Lun, professeur d’études chinoises à Cergy-Paris-Université, le mouvement de protestation en Chine est dû au sentiment de désespoir, en particulier chez les jeunes, provoqué par les mesures draconiennes de lutte contre la pandémie. Pour la première fois, les nombreuses critiques envers le numéro un Xi Jinping sont passées des réseaux sociaux à la rue.
par François Bougon
Journal — Violences sexistes et sexuelles
Affaire Sofiane Bennacer : la présomption d’innocence n’est pas une assignation au silence
Après la médiatisation de l’affaire, l’acteur, mis en examen pour « viols », et la réalisatrice Valeria Bruni Tedeschi crient au non-respect de la présomption d’innocence. Ce principe judiciaire fondamental n’empêche pourtant ni la parole, ni la liberté d’informer, ni la mise en place de mesures conservatoires.
par Marine Turchi
Journal — Police
À Bure, les liens financiers entre gendarmes et nucléaire mélangent intérêts publics et privés
En vigueur depuis 2018, une convention entre la gendarmerie nationale et l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs permet la facturation de missions de service public. Mais alors, dans l’intérêt de qui la police agit-elle ? Mediapart publie le document obtenu grâce à une saisine de la Cada.  
par Jade Lindgaard

La sélection du Club

Billet de blog
À la ferme, tu t’emmerdes pas trop intellectuellement ?
Au cours d'un dîner, cette question lourde de sens et d'enjeux sociétaux m'a conduite à écrire cet article. Pourquoi je me suis éloignée de ma carrière d'ingénieure pour devenir paysanne ? Quelle vision de nombreux citadins ont encore de la paysannerie et de la ruralité ?
par Nina Malignier
Billet de blog
Acte 2 d’une démission : la métamorphose, pas le greenwashing !
Presque trois mois après ma démission des cours liés à une faculté d’enseignement de la gestion en Belgique et la publication d’une lettre ouverte qui a déjà reçu un large écho médiatique, je reviens vers vous pour faire le point.
par Laurent Lievens
Billet de blog
Bifurquons ensemble : un eBook gratuit
L’appel à déserter des étudiants d'AgroParisTech nous a beaucoup touchés, par sa puissance, son effronterie et l’espoir en de nouveaux possibles. C’est ainsi qu’au mois de mai, Le Club de Mediapart a lancé un appel à contribuer qui a reçu beaucoup de succès. Nous vous proposons maintenant ce livre numérique pour mettre en lumière la cohérence de toutes ces réflexions. Un eBook qui met des mots sur la révolte des jeunes qui aujourd’hui s’impatientent de l’inaction gouvernementale et qui ouvre des pistes pour affronter les désastres écologiques en cours.
par Sabrina Kassa
Billet d’édition
Bifurquer : le design au service du vivant
15 ans d'évolution pour dériver les principes du design graphique vers une activité pleine de sens en faveur du vivant. La condition : aligner son activité professionnelle avec ses convictions, l'orchestrer au croisement des chemins entre nécessité économique et actions bénévoles : une alchimie alliant pour ma part, l'art, le végétal, le design graphique et l'ingénierie pédagogique.
par kascroot