Réponse d'un gilet jaune à la lettre "ouverte" de Macron

Tentative de décryptage de l'idéologie que Macron tente d'imposer par le biais de sa lettre et de son grand débat. Chacune de ses question étant précédée de 10 affirmations mensongères, visant à pervertir toute notion de débat pour aboutir à des conclusions pre-établies, il s'agit donc de répondre à ces affirmations. Et réponses aux questions tant qu'on y est.

Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,
Dans une période d'interrogations et d'incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.
Nous sommes les 99% que pillent les 1% dont tu fais partie.

La France n'est pas un pays comme les autres.
Comme chaque pays le pense de lui-même, en définitive. 

Le sens des injustices y est plus vif qu'ailleurs. L'exigence d'entraide et de solidarité plus forte.
Cette exigence et la colère qui l'accompagne sont mondiales. Les différentes mobilisations, révoltes, émeutes, l'arrivée au pouvoir de politiciens d'extrême droite en sont les conséquences directes. C'est le même rejet massif des politiques libérales que toi et ta caste défendez avec un aveuglement qui fait peur à voir, et dont la portée de nuisance est mondiale. On croirait voir un glorieux chevalier lancé au triple galop les yeux bandés, à 10m d'une falaise, scandant avec ferveur "suivez-moiiiiiii, c'est notre projeeeeeeeeeeeeeeeeeeeet... Plouf". On ne va pas te suivre, désolé. Dans plusieurs pays le peuple en vient à préférer des fachos plutôt que les gourous du neo-libéralisme. On en est là, la situation est gravissime et tu ne fais que l'aggraver. À chacune de tes petites phrases, chacune de tes lois, ce sont des milliers de votes FN ou des milliers de révoltés en plus. Dans certains pays comme le notre cela se manifeste par un soulèvement populaire qui fait chaud au cœur.
Alors je vais être pédagogue et t'expliquer simplement : le véritable débat est de savoir s'il est responsable de t'obstiner à défendre une politique datée, dont l'inefficacité est prouvée depuis des décénnies. Une politique qui ne fait que creuser les inégalités. Un rapport d'Oxfam fait état de 8 milliardaires qui possèdent autant que les 30% de Français les plus pauvres. Un tiers... Ta politique favorise ce type de dérive. Ta politique détruit la planète, donnant tout pouvoir aux grandes entreprises, supprimant petit à petit toutes les barrières censées cadrer un peu leur soif de bénéfices. Et surtout, tu défends une politique dont personne ne veut. Pose-toi cette question avant de nous cracher au visage un débat dont tu écris les questions et les réponses. Est-ce que cela vaut le coup de t'obstiner ? 

Chez nous (on ne vit pas dans le même monde, monsieur Manu), ceux qui travaillent financent les pensions des retraités.
Je vois où tu veux en venir : à ce comptage simplet et mensonger qui dit qu'avant c'étaient 3 travailleurs payant pour 2 retraités et que cela deviendrait 2 travailleurs pour 3 retraités. Et le sempiternel appel à la raison, comme quoi c'est une impasse, on ne peut pas payer, Bla bla bla. Et probablement bla et bla et bla. C'est faux. Ton comptage de cm2 ne tient pas compte des gains de productivité, la richesse produite par travailleur. Or la richesse produite par travailleur a doublé entre 1980 et aujourd'hui (décuplée par les machines et l'informatique). Si l'on en tient compte, en 2040 ce seront 4 travailleurs qui paieront la retraite de 3 retraités. Garde donc ta retraite à points, le problème se trouve simplement dans la répartition des richesses que nous produisons. 

Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités.
Bien vu, à la base c'était l'idée. Les riches et les grandes entreprises fraudant de manière éhontée, ce n'est plus le cas.

Chez nous, l'éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune.
Va dire cela directement aux gosses qui doivent bosser à 16 ans pour aider leur famille à survivre pendant qu'un fils de parlementaire touche un salaire pour un emploi fictif. Va dire cela aux 30% de Français qui n'ont plus les moyens de faire soigner correctement parce que notre secu prend en charge de moins en moins de prestations. Va dire cela à ceux qui croupissent en prison pour des faits dérisoires pendant que ton Benalla est en liberté, ment en toute impunité au Sénat et se soulagé sur les institutions que tu nous ordonnés de respecter. Va dire cela à Dettinger qui va subir un jugement politique express alors qu'on a mis près de 20 ans à condamner Guéant à une peine de prison qu'il ne purgera pas. Va dire cela aux étudiants qui dans quelques mois ne pourront plus s'inscrire à la fac parce que tu t'apprêtes à passer les frais d'inscription de 170€ à 2800€. Et tu arrives à nous sortir une phrase pareille après ça. N'as-tu pas honte ?

Les aléas de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontés, grâce à l'effort partagé par tous.
La phrase est belle dis-donc, j'ai presque envie de te faire un bisou. Oui la majorité (dont les chômeurs et allocataires du RSA font partie, car la privation est un effort) fait de très lourds efforts pour qu'une minorité puisse se gaver à outrance, on est au courant. Mais ne parle pas de chômage, s'il te plaît, tu viens d'en durcir les conditions et le contrôle pour en priver un maximum. On parle de vies humaines, de trajectoires anéanties par ton besoin de belles statistiques avantageuses. Ce n'est pas comme cela qu'on lutte contre le chômage. Tu n'es absolument pas en lutte contre le chômage, tu es en lutte contre les chômeurs.

C'est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires.
Ta gueule, mon frère.

C'est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d'opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.
Bien sûr, dans un pays où les médias ne font parler que des économistes libéraux, chiens de garde de la pensée économique unique, alors que d'autres idéologies économiques existent et sont passées sous silence. En mentant chaque semaine sur le nombre de participants aux mobilisations pour pouvoir affirmer qu'elles sont le fait d'une minorité non représentative. En donnant des ordres foireux aux forces de l'ordre pour faire dégénérer nos manifestations pacifiques. En présentant ce mouvement comme une foule haineuse, raciste et antisémite en guise de vœux pour la nouvelle année, occultant au passage un message politique fort auquel 70% des citoyens adhèrent. En réprimant avec violence des manifestants pacifiques dont bon nombre ont perdu un œil, une main, un pied, quand d'autres sont dans le coma ou morts. En raflant dans la rue, dans les gares, et en plaçant en garde à vue sans aucune raison des citoyens qui cherchent à exercer un droit constitutionnel, celui de manifester. C'est comme ça qu'on protège les opinions des citoyens ? Mais lesquels, d'où, comment ?

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans la conception des lois, dans les grandes décisions à prendre.
C'est super, en gros tu nous rappelles qu'on a le droit de vote et qu'il fallait voter. Mais nombre de citoyens ne s'intéressaient pas à la politique, en mode "faites vos trucs, tant que vous n'abusez pas, je ne m'en mêle pas". C'est leur droit et il est bien plus responsable que ceux qui décident pour qui voter la veille du scrutin. Or la classe politique abuse depuis bien trop longtemps. Nous sommes systématiquement représentés par des élus qui ne nous écoutent pas et agissent contre nous, j'ai donc un léger doute quant au fait qu'ils portent notre voix où que ce soit. Ce sont 40 ans d'usure, de découragement, d'abandon du politique car il est si déconnecté, si sourd aux exigences du peuple, si aveugle aux dégâts qu'il lui cause, que tout le monde sait que rien de bon ne viendra jamais du politique dans le système actuel. Et tu viens apporter la cerise qui fait sortir tout le peuple de sa torpeur. D'une part par ce mépris de classe, cette haine des pauvres, tant dans tes petites phrases que par tes mesures anti-pauvres et pro-riches. C'est d'un basique sidérant. Jamais un président n'a été une figure aussi caricaturale d'un président des riches que toi. Dans un même temps, supprimer l'ISF et baisser les APL... Mais vois-tu, les gens que tu as provoqués, que tu as fait sortir dans la rue, ne manifestent pas que de la colère. C'est un grand regain d'espoir, c'est ce qui nous fait tenir et que tu n'éteindras pas par tes faux débats : cet espoir de renverser la table et les pions qui s'y cramponnent, pour bâtir un nouveau système. Nous ne voulons pas de tes demi-mesures, nous ne voulons pas te voir grand-débattre devant ton miroir. Nous voulons ta démission, nous voulons remettre ce système à plat, le repenser afin que des parasites ne viennent plus jamais utiliser la puissance de l'état pour les intérêts privés d'une minorité comme tu le fais actuellement

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c'est tout cela, la nation française.
Comment ne pas éprouver la fierté d'être Français ?
Je demande à Régis d'envoyer les violons ou c'est pour plus tard ?

Je sais, bien sûr, que certains d'entre nous sont aujourd'hui insatisfaits ou en colère. (Bien vu, t'es pas champion de la Terre pour rien toi). Parce que les impôts sont pour eux trop élevés (non non, trop élevés pour ceux qui ne devraient pas en payer, et inexistants pour ceux qui nous exploitent, les deux vont ensemble), les services publics trop éloignés (inexistants, passent toutes les 6h, trop loins, saturés, de moins en moins bonne qualité à cause de ta haine du service public), parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail (et parce que tes potes vivent du fruit de notre travail, surtout), parce que notre pays n'offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d'où l'on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.
Cette impatience, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d'effort et de travail.
Ce n'est pas de l'impatience, cesse de nous prendre pour des gosses débiles. Cette politique on la subit depuis plus de 40 ans. L'impatience peut par contre se trouver dans notre volonté de te voir démissionner, il est vrai.

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.
RIC en toute matière, Macron démission. Qu'est-ce qui n'est pas clair et trouble ton esprit ? On peut t'expliquer plus clairement si jamais on a manqué de pédagogie.

Mais il y a pour cela une condition : n'accepter aucune forme de violence.
Aucune, vraiment ? Les flashball qui crèvent nos yeux, les grenades qui nous démembrent, j'ai pourtant l'impression que tu les acceptes. Tout autant que les passages à tabac, le fait de nasser des citoyens sans aucune voie de sortie. Tes flics ont même réussi à tuer une mamie à Marseille. Il n'y a eu aucune excuse publique, aucune pensée bienveillante envers nos blessés. Tu trouves cela normal de la part de quelqu'un qui refuse toute forme de violence ? Et est-ce qu'on parle de la violence du mépris que tu nous envoies à la tronche depuis que tu es "élu" ? La violence de l'injustice provoquée par ta politique ? Donc vraiment, TOUTES les formes de violence, tu es sûr ?

Je n'accepte pas, et n'ai pas le droit d'accepter la pression et l'insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n'accepte pas et n'ai pas le droit d'accepter la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait !
TA société se défait, et c'est une très bonne chose. Ton gouvernement et ta politique nous agressent au quotidien, d'une manière moins visible, moins télégénique, mais bien plus violente. Quant aux médias, lorsqu'ils sont possédés en grande majorité par tes amis les riches et ne font que mentir et manipuler pour défendre votre classe sociale privilégiée, il est de notre devoir de s'insurger, on parle de liberté de la presse. Et ce n'est pas par hasard si la presse française est placée 33ème sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse . Principalement en raison de la concentration des médias entre les mains d'une minorité d'industriels milliardaire. Ben alors, le pays des droits de l'Homme ? Donc oui il faut lutter contre cette presse, oui il fait défaire TA parodie de société. NOTRE société se construit. Au fond tu le sais bien, aujourd'hui tu nous fais juste le chant du cygne, et ils sont nombreux à chanter avec toi.

Afin que les espérances dominent les peurs (parle pour toi, pour nous c'est déjà le cas), il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.
Oui : Macron démission ? Macron démission ! C'est la question cruciale pour notre avenir. 

C'est pourquoi j'ai proposé et je lance aujourd'hui un grand débat national qui se déroulera jusqu'au 15 mars prochain.
Oui, on comprend, il faut bien que tu t'occupes un peu. On ne t'a pas beaucoup vu dernièrement. Il te faut un petit cocon douillet où faire le mariole et te donner l'impression d'être apprécié et applaudi par de gentils maires dociles. Ce seront de belles images marketing auxquelles personne ne croira. Si tu tentes de simuler une adhésion à ton projet, puisqu'il restera le même, c'est par avance raté.

Depuis quelques semaines, de nombreux maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J'ai eu de nombreux retours que j'ai pu prendre en compte (et mettre à la poubelle). Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées (que tu vas passionnément ignorer). Dans l'Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l'étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l'initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales.
Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l'intermédiaire légitime de l'expression des citoyens.

Pour moi, il n'y a pas de questions interdites.
Macron démission ? Le RIC en toute matière ? Rétablissement de L'ISF ? Suppression du CICE ? Ne pas vendre nos barrages ? Ne pas augmenter les frais d'inscription des Facs ? Pas touche à notre régime de retraite ? Pas touche à notre service public en général, si ce n'est pour rétablir la qualité qu'il avait jadis ?

Nous ne serons pas d'accord sur tout, c'est normal, c'est la démocratie.
Allons allons, tu vas bien vite en besogne. Prenons un exemple simple au hasard : le président d'un pays voudrait bien supprimer une taxe qui dérange de riches personnes l'ayant aidé à accéder à la présidence. Il considère en effet qu'il faut les rétribuer pour leur investissement. Malheureusement, une large majorité de la population dudit pays n'est pas d'accord. Il faut dire que ce sont des gens qui ne sont rien. Néanmoins, nous sommes ici en présence d'un désaccord. Mais ce désaccord, à lui seul ne résume pas la notion de démocratie. Ce serait effectivement fabuleux, le monde entier serait une grande démocratie. Imagine, deux personnes ne sont pas d'accord, l'une tue l'autre. Youpi ! La démocratie à triomphé ! Non, ce n'est pas sérieux. La démocratie c'est lorsqu'une majorité tombe d'accord sur un sujet, que leur gouvernement l'écoute et applique cette idée, puisque c'est l'idée de la majorité. Se cacher derrière une fonction où un mandat pour imposer une politique dont personne ne veut, ce n'est pas de la démocratie, non non non mon Manu. 

Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n'a pas peur de parler, d'échanger, de débattre.
Le peuple n'a pas peur, il débat au quotidien, entre amis, dans les dîners de famille, au travail, dans la rue, sur les rond-points, dans le bus, sur les Champs-Élysées aussi... Nous n'avons aucun problème à débattre lorsqu'un débat est ouvert. Or, ton débat n'est pas ouvert, tu choisis tes questions, l'orientation à donner à ces questions ainsi que les réponses. Tout est mis en scène pour qu'à la fin ce soit ton super projet qui émerge comme par magie de ces passionnants débats. (Régis, les violons !) Comme si, tout à coup, une illumination s'était opérée en nous, une ouverture nouvelle vers le monde fabuleux de la startup nation. Ah mon dieu, qu'est-ce qu'on a été cons, on n'avait pas compris, merci de nous avoir ouvert les yeux, merci d'avoir eu la patience de faire œuvrer toute la pédagogie dont ton être céleste est capable.
Allez, redescends sur terre, champion. Quelle que soit la forme, la façon de présenter ta bouse de projet, la pédagogie mise en œuvre, tu peux même nous faire un débat bidon dans une ferme avec des vaches et de l'accordéon, on ne veut pas de ta politique de merde. Elle creuse les inégalités au tractopelle et ne produit absolument rien de bon. Et ce n'est pas pour rien si tu as totalement contourné les règles de la commission nationale du débat public, qui notamment, impose la publication en toute transparence quant aux conclusions de ce qui sortirait de ce débat. Tu as choisi de transférer l'organisation de ce débat de cette commission, qui dépend de l'état, vers ton service marketing pour pouvoir garder les conclusions de ce débat confidentielles. Ce qui prouve que tu sais que ce qui en sortira ne te plaira pas et que tu vas, une fois de plus, nous mentir. Ton débat, dès le début, n'a aucun crédit. 

Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d'accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu'on ne le croit.
Non. Ce que tu vends, c'est de l'ultra-libéralisme et du capitalisme. Alors ouais, si c'étaient des idées nouvelles, pourquoi pas. On pourrait effectivement tomber d'accord, tenter un nouveau truc. Il faut bien faire des conneries pour progresser. Mais non, tu as 40 ans de retard. Cela fait belle lurette que tout le monde sait que cette politique nous mène droit dans le mur. Et le peuple est d'accord avec ce constat. Alors écoute-le. 

Je n'ai pas oublié que j'ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle.
Rappelle-toi que si l'on compte l'ensemble des citoyens en état de voter, seuls 2 Français sur 10 ont voté pour toi. Cela t'aidera à relativiser ta légitimité ainsi que l'adhésion à ton proooojeeeet. Et tu l'as dit toi-même, tu as été élu par effraction. C'est probablement ce que tu as dit de plus honnête depuis un an et demi. Nous on n'a pas oublié qu'à la base de ta campagne il y a Xavier Niel, Bernard Arnaud, Dassault, Rothschild, qui ont tous fait jouer leurs cercles pour obtenir le financement de ta campagne auprès d'escrocs dans leur genre. Et que depuis que tu es au pouvoir tu ne fais que leur renvoyer l'ascenseur par multiple de 100, à nos frais. On n'a pas oublié que durant la majorité de ta campagne, tu n'avais pas de programme, ce dernier était flou, nébuleux, donc ne mentionne pas le fait d'avoir été élu sur un projet. On n'oublie pas que ton axe de communication était le renouveau, la jeunesse, le changement, ni de gauche ni de droite. Or, tu nous ressers la soupe froide du libéralisme le plus dur. Des idées de vieux dans un corps de jeune, ton programme est un programme de droite extrême, daté, périmé. Tu n'as aucune légitimité, il n'y a aucune adhésion à ton projet.

Je pense toujours qu'il faut rendre à la France sa prospérité pour qu'elle puisse être généreuse, car l'un va avec l'autre.
Question de point de vue, il ne s'agit pas d'aumône généreuse mais de droits. Des droits arrachés à la sortie de la 2de guerre mondiale, à une époque où tes amis patrons se faisaient tout petits car ils venaient de collaborer massivement. Ils le referaient aujourd'hui. Et je pense l'inverse : favoriser ces droits pour rendre la France prospère. Quand on n'a pas d'argent, on n'en dépense pas. C'est tellement basique. Quand tu inondes les patrons et actionnaires du fruit de notre travail, tu les rends prospères, eux, pas nous, pas la France. Ta théorie du ruissellement est bidon, elle a été démontée il y a plus de 20 ans, tu n'as fait que lui donner un autre nom, la théorie des premiers de cordée. Les sommes colossales accumulées par les plus riches ne son bien évidemment pas réinjectées dans l'économie réelle, mais partent dans les paradis fiscaux et dans les banques. On se retrouve alors avec de plus en plus de pauvres qui ne consomment que le strict nécessaire, pas de quoi relancer ton économie. Des produits en surabondance mais personne pour les acheter. Et de toute façon cette théorie est juste irresponsable, dans un monde fini, où les ressources sont limitées, on ne doit pas chercher la croissance mais une optimisation de la décroissance, une consommation raisonnée. Encore une fois, tu as 40 ans de retard.

Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l'emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu'il faut donc leur donner les moyens de se développer.
Lutter contre le chômage et lutter contre les chômeurs sont deux choses assez différentes, tu sais ? Quand à ta vision pro-entreprises, nous ne la partageons pas. Les entreprises sont favorisées depuis 40 ans. Résultat : elles suppriment des emplois, reversent leurs bénéfices sous forme de salaires indécents, de dividendes, de stock options, de parachutes dorés, elles délocalisent, fraudent et pressurisent tant les employés qu'on ne compte plus le nombre de burnouts et de suicides. Chez Orange, chez les agriculteurs, et même chez les forces de l'ordre, parce qu'au lieu d'écouter, tu choisis de réprimer, te défaussant de ta responsabilité sur les forces de l'ordre qui se retrouvent contraintes à réprimer dans la violence un mouvement qui porte des idées avec lesquelles ils sont d'accord. Penses-tu vraiment qu'ils vont le supporter longtemps ? Pour en revenir au chômage, avec l'arrivée de la question du revenu universel se pose la question de redéfinir le travail. Non, le travail n'est pas créé uniquement dans les entreprises, non, il n'y a pas que le travail salarié qui soit du travail. La majorité des salariés se sentent plus utiles lorsqu'ils sont auprès de leur famille ou de leurs proches que lorsqu'ils sont au boulot et en ce sens un chômeur, un bénéficiaire du RSA apporte beaucoup plus à la société que n'importe quel cadre ou n'importe quel marketeux. Tu fais partie de l'ancien monde, un jeune avec des idées de vieux, donc tu vas avoir beaucoup de mal à saisir ces concepts, mais voilà la réalité. À l'heure où il y a de moins en moins d'emploi et où cela ne va pas s'inverser, il est grand temps de revoir toutes tes conceptions datées. L'humain est en train d'être remplacé par la robotique, l'informatique, et c'est une bonne chose car le travail ingrat disparaît petit à petit. Si l'on vivait dans un monde juste, ces machines et ordinateurs seraient un bien commun, et les richesses qu'elles produisent seraient redistribuées à tous puisqu'elles privent une large part de la population des revenus du travail. Au lieu de cela, ces machines sont accaparées par la même minorité qui en tire tous les profits. Ce n'est pas normal, ce n'est pas juste. Ces machines doivent être collectivisées, soit en les réquisitionnant, soit en appliquant une taxe à la hauteur des emplois qu'elles détruisent. Ou mieux l'état doit développer ses propres machines, dont la richesse produite profitera à tous. On en est là aujourd'hui, mon Manu, il faut évoluer avec son temps.

Je pense toujours qu'il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine. Je pense toujours que l'épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n'a pas changé.
Cela n'a jamais été et ne sera jamais ta priorité, ne nous prends pas pour des idiots s'il te plaît. Interdire les cotons-tige et taxer l'essence ne réglera jamais rien. C'est au-dessus qu'il faut taper, et taper très fort, parmi ceux qui ont financé ta campagne, nos grands capitaines d'industries, ceux-là même qui sont en train, par ton intermédiaire de prendre à l'abordage le navire français, de le piller pour finir par le couler. L'ensemble du système est à repenser, et on ne se fait aucune illusion à ce sujet : tu en es incapable car la collusion entre toi et ce système est bien trop forte.

Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d'envisager l'avenir, de nouvelles idées.
Encore une fois, tes idées sentent le renfermé et je pense qu'il va falloir le répéter à chaque fois que tu radotes à propos de tes idées nouvelles. Le libéralisme et le capitalisme s'effondrent, tout ce que tu fais est d'appuyer à fond sur l'accélérateur alors qu'on se trouve à quelques mètres du mur. Regarde simplement le nombre de crises que ces idées ultra-libérales ont provoqué en 40 ans. Ce sont autant de preuves de leur échec passé, présent et à venir si on ne les balaie pas définitivement. Et, encore, toujours, tu nous ressers ton histoire de pédagogie, de clarification de ton super projet. On comprend tes idées, ta politique, et on n'en veut pas. Ce sont de mauvaises idées, c'est une mauvaise politique.

À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d'entre nous, puisse participer.
Mais même si par miracle de ce débat sort quelque chose que tu n'avais pas prévu, tu n'écouteras pas.

Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines. C'est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la nation : la fiscalité et les dépenses publiques, l'organisation de L’État et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d'ores et déjà exprimées (et bon nombre d'affirmations de ta part). Je souhaite en formuler quelques-unes qui n'épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.
Tu as juste oublié une question essentielle, qui est au centre de toutes nos revendications, qui représente au moins la moitié des slogans scandés tous les samedis dans toute la France : Macron démission. Si tu étais ouvert au débat, cette question viendrait en premier, le RIC en deuxième et le rétablissement de L'ISF en troisième. Quant à toutes tes questions à propos de l'immigration, la laïcité, c'est de la politique de bas étage. Ce n'est pas le sujet. Il n'y a qu'un seul point à ce sujet dans le cahier de doléances, qui affirme le devoir de la France d'accueillir les migrants, probablement en réponse au fiasco de l'Aquarius dont tu es en partie responsable. Tout ce que tu tentes de faire en amenant ces sujets est de diviser, agiter certaines tensions, c'est indigne, c'est bas. Et encore une fois tu tentes de faire passer ce mouvement pour un mouvement extrémiste et raciste. Il y a des individus extrémistes, racistes, mais ils sont une infime minorité. Ce mouvement embarque une telle palette de gens que c'est juste normal. Nous avons réussi ce qu'aucun politicien n'a réussi : rassembler tous ces gens, ces tendances, ces idées parfois opposées. Et nous regardons tous dans la même direction. Un vrai mouvement ni de droite ni de gauche. C'est peut-être ce qui te dérange, que nous les gens qui ne sommes rien, ayons réussi là où tu as lamentablement échoué. Et mieux, le mouvement des gilets jaunes est en train, par lui-même, de générer un énorme développement de la conscience politique, et à une dé-lepenisation des consciences. 

Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l'action publique. L'impôt est au cœur de notre solidarité nationale.
Pas pour tout le monde, visiblement.

C'est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d'avenir, notre recherche, notre culture, ou d'entretenir nos infrastructures.
Ce n'est pas à nous qu'il faut le rappeler. Nous, nos impôts, on les paie. Rappelle à tes amis ce qu'est l' impôt, ils semblerait qu'ils en aient oublié l'existence même. Remarque, supprimer L'ISF n'a pas dû les aider. Et toi qui aimes les statistiques, regarde la part du revenu des ménages qui part en impôts, elle pèse beaucoup plus dans le budget des plus fragiles que dans celui des plus riches.

C'est aussi l'impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps.
C'est faux. Notre dette est parfaitement supportable et à parfois été beaucoup plus élevée. Ce qui rend cette dette supportable, ce sont les actifs de la France, ce que nos impôts ont permis de financer, nos bâtiments, nos banques (on n'en a plus), nos autoroutes (tu les as bradées), nos barrages (tu t'apprêtes à nous les voler alors qu'ils produisent de l'électricité verte, nous rapportent chaque année plus d'1 milliard d'euros, et qu'ils sont à présent largement rentabilisés), des entreprises comme la Française des jeux, des biens du genre réseaux ferrés... Tous ces actifs nous permettent d'emprunter à des taux très avantageux. Avec ta politique de privatisation tous azimut, tu es juste en train de nous précipiter dans le gouffre de la dette, alors cesse immédiatement de la mentionner à chaque fois que tu fais une connerie.

Mais l'impôt, lorsqu'il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s'investir dans les entreprises, créant ainsi de l'emploi et de la croissance.
Là tu es en train de parler des impôts des sociétés, celles-là même dont les plus puissantes ne paient tout simplement pas d'impôts.

Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts.
Ce sont les patrons aux salaires mirobolants, la fraude fiscale, les cadeaux que tu fais aux riches et les dividendes versés chaque année aux actionnaires qui nous privent du fruit de nos efforts. 54 milliards de dividendes versés cette année, 40 milliards de CICE, 100 milliards de fraude fiscale, 5 milliards d'ISF. On en est déjà à 200 milliards de cadeaux pour les plus riches. C'est pour cela qu'on est dans la rue depuis plus de 2 mois. Et tout ce pognon, il va falloir nous le rendre.

Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d'encourager l'investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d'être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin.
Sais-tu que depuis les années 80, 10% du PIB a glissé du salariat vers le capital ? C'est à dire que de l'argent qui était distribué en salaires est aujourd'hui distribué en dividendes, actions et autre gentils cadeaux de riches. C'est pas grand chose, environ 150 milliards par an. Additionnés aux 200 milliards évoqués plus haut, la facture de l'indécence s'élève à 350 milliards, s'il vous plaît ! 350 putains de milliards chaque année. Tu réalises un peu ? Et toi tu es encore là comme une sangsue à faire les poches des pauvres, chouiner sur le RSA, les chômeurs qui déconnent. On peut le faire payer, le travail, et même très bien. Il faut simplement se débarrasser des parasites de ton espèce. Et sinon, pour en revenir à tes sornettes, comment le fait de diminuer les impôts des riches peut augmenter les salaires des plus pauvres ?  En quoi L'ISF, qui est un impôt sur le patrimoine, ferait que le travail paierait moins ? Tu te rends compte de l'absurdité de tes propos ? L'argent est déjà là, la France est la 2ème puissance économique d'Europe. La richesse est simplement vampirisée par une minorité. Si tu veux que la travail paie, augmente réellement le smic, force les patrons à augmenter les salaires et à baisser le leur, encadre tout ce qui touche au financement via la bourse, c'est le chaos là-dedans. Balance un bon tour de vis aux banques, on leur a filé 1000 milliards à eux aussi d'ailleurs sans aucune contrepartie. Les types ont juste provoqué une des plus grosses crises de ces dernières décennies, on leur file 1000 milliards, sans contraintes, sans aucune exigence. Voilà le monde que tu défends.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ?
Les produits de première nécessité : eau, alimentation, logement, électricité, l'essence pour ceux qui en ont besoin. Et bien sûr que les plus riches paient des impôts. Le fait que certains possèdent autant est une question de classe sociale, en aucun cas il ne s'agit de mérite, et c'est l'injustice la plus profonde. Pour corriger cette injustice, il faut que les plus riches paient et nous rendent ce qu'ils nous ont volé au cours des 40 dernières années, on appelle cela la solidarité ou d'un autre point de vue, simplement la décence.

Nous ne pouvons, quoi qu'il en soit, poursuivre les baisses d'impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique.
Oh le chafouin, c'en est presque mignon tellement c'est grossier. Demander quels impôts baisser pour ensuite dire qu'il va falloir supprimer du service public. Après 40 ans de baisse constante des impôts des plus riches, avec comme clou du spectacle la suppression de l'ISF. Ça va, tu te sens bien ? Tu arrives à sortir cette grosse connerie sans sourciller ? Si oui, bravo. Donc selon toi, baisser les taxes des entreprises (ce qui représente pour elles une dépense en moins) se traduirait par des embauches (ce qui représente pour elles une dépense en plus). Par contre augmenter le niveau global de la dépense publique, donc des services moins chers et des aides en plus pour les plus pauvres (des dépenses en moins) ne se traduirait pas par une consommation en hausse (des dépenses en plus). Ce que tu racontes n'a aucune logique. On parle, du côté des entreprises, de structures dont le seul but est le profit, donc le surplus, et bien sûr que non, si elles reçoivent des aides, elles ne les dépenseront pas en salaires, elles iront directement se noyer dans les bénéfices astronomiques reversés sous des formes diverses, à destination des plus riches. Riches qui n'ont pas besoin de ce surplus pour consommer puisqu'ils consomment déjà au maximum de ce qu'ils peuvent consommer et entassent le surplus dans des banques ou divers investissements. Et on parle, de l'autre côté, de personnes dont le but est de survivre, qui n'ont pas assez d'argent pour consommer le strict nécessaire à leur survie. Leur donner signifie un gain de consommation instantané car elles ne feront que rattraper ce qu'elles ne pouvaient pas consommer, acheter ce dont elles se sont privé pour terminer le mois avec un découvert n'excédant pas l'éventuel salaire à venir, rembourser des dettes, inscrire leurs enfants au sport, se soigner, je te laisse terminer car la liste de ce dont se privent les plus pauvres est longue. Par cette phrase insidieuse tu ne fais que tenter de nous faire accepter un recul de notre service public. Nous ne l'accepterons pas, mets-toi bien cela dans le crâne. Et tu ne privatiseras pas le peu de services publics qu' il nous reste.

Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? A l'inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?
Mais qu'est-ce que c'est que cette question ? Tu essaies de nous imposer l'idée selon laquelle il faut supprimer du service public, encore. Au sein même d'une question soi-disant ouverte. Belle notion du débat... Et la suite... En gros, quand il s'agit de nous faire les poches, tu trouves des tas de solutions, mais quand il s'agit d'améliorer notre condition, c'est à nous de trouver des solutions. À quoi sers-tu au juste ? Les économies à faire se trouvent définitivement au sein de ta classe privilégiée. Vos voyages en jet privé, vos chauffeurs avec voiture, votre chef étoilé dans votre cantine de luxe, vos dépenses fastueuses de déco, la réouverture de la chasse présidentielle, les salaires de présidents, ministres et députés payés à vie, les emplois fictifs, la fraude fiscale, le détournement de fonds publics, les salaires mirobolants des dirigeants, les pots de vin, voilà un bon début de financement, non ? Rappelle-toi que c'est notre travail qui te permet ce train de vie que toi et ta classe ne méritez aucunement.
Pour ce qui est des services publics à renforcer ou créer, commence déjà par nous rendre ce que vous avez pillé. Les autoroutes, les banques nationales, bradées au privé. Les hôpitaux, les écoles, dépouillé.e.s de leurs budgets et de leur personnel, les différentes aides qui baissent systématiquement. Stoppe ce flicage honteux de nos chômeurs (rappelons que la fraude aux prestations sociales est de 250 millions à tout casser, rappelons aussi que les aides non-réclamées se chiffrent à 5 milliards, il est amusant de constater que c'est le coût de le suppression de l'ISF), alors que tu ne cherches aucunement à récupérer ce vol massif que représente la fraude fiscale des plus riches (100 milliards). La liste des dégâts causés par votre rapacité est longue et révoltante, voilà pourquoi nous sommes dans la rue et pourquoi nous n'en bougeons pas. Voilà pourquoi tes représentants sont personnellement attaqués. Tu en es le seul responsable et c'est vers toi qu'ils devraient se retourner, tout comme les forces de l'ordre. 2 mois que nous sommes dans la rue, et qu'est-ce que tu proposes ? Un débat bidon, orienté et manipulateur. Plus tu continues à nous prendre pour des cons, plus tes amis seront directement ciblés.

Tu veux du financement ? Supprime le CICE. Si tu juges notre situation si catastrophique, alors ne distribue pas 40 milliards issus de notre travail, sans aucune contrepartie, à des entreprises qui délocalisent, licencient massivement, fraudent l'impôt, détruisent la planète et reversent ces aides sous forme de dividendes. Un rapport a établi que le CICE aurait permis de créer ou sauvegarder 100000 emplois pour une dépense de 62 milliards. 620000€ par emploi, j’espère que ces emplois sont grassement rémunérés car on risque de se demander où est réellement passé tout cet argent... Maintenant, va chercher les 100 milliards d'euros par an de fraude fiscale dans la poche de tes potes. Étale plus justement l'impôt et fais payer réellement ceux qui le peuvent. Fixe un salaire maximal, un patrimoine maximal, bref redistribue la masse monumentale d'argent que s'accaparent tes amis les 1%. Tu ne le feras pas, tout le monde le sait mais tout le monde le veut. Alors démissionne.

Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d'autres trop cher en raison des cotisations qu'ils paient. L'efficacité de la formation comme des services de l'emploi est souvent critiquée. Le gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour notre santé, pour lutter contre la pauvreté, et pour lutter contre le chômage.
Mon Manu, ce que tu considères comme une campagne marketing bien menée, nous on la subit au quotidien. Garde tes histoires de stratégies pour tes copains, nous on s'en tamponne car concrètement, tu ne fais rien. Tes stratégies ne changent rien à notre quotidien à part l'empirer. Tu peux parader avec de telles phrases vides de contenu devant tes copains de la startup nation mais pas devant nous.

Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ?

Qui a envie de nouer un pacte social avec toi ?

 

Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c'est l'organisation de L’État et des collectivités publiques. Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale.

Y a-t-il trop d'échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d'action au plus près des citoyens ? A quels niveaux et pour quels services ?
Tu penses vraiment qu'on se pose ce genre de question ? On te parle de RIC, tu nous parles encore d'être représentés par des gens qui n'ont pas les mêmes contraintes que nous. Encore une fois tu cherches à mettre des obstacles qui sont autant de points de perdition de notre parole. Donc sur ce point : le RIC en toute matière, point barre Raymond Barre
. Toi qui fais partie de la startup nation, tu dois être à la pointe de la technologie, donc tu dois être au courant que des plateformes de vote existent, des systèmes parfaitement sécurisés, qui permettraient de recueillir le sentiment et les idées des citoyens presque en temps réel. Ce sont presque les mêmes outils que ceux utilisés par les entreprises pour remplacer les travailleurs. Sauf qu'appliqués à la politique, ces outils permettraient de se passer des politiciens. C'est probablement ce qui vous dérange. Mais si vous étiez un peu moins avides de pouvoir et d'argent, vous vous rendriez compte de l'opportunité qu'il y a à saisir. Plus de paperasse, plus de luttes d'influence, de réseautage, plus de campagnes, et dans ton cas, de marketing creux. Juste des idées à défendre, du vrai débat. Après, je comprends ta position, quand on ne fait que dérouler une idéologie aussi obsolète sans se poser deux minutes dessus pour y réfléchir vraiment, il est difficile d'avoir des idées, donc ton utilité serait réduite à néant. Nous en revanche c'est exactement ce que nous voulons.

Comment voudriez-vous que l'Etat soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l'administration et comment ?
Oh que oui, il faut revoir l'administration et surtout son champ d'action.
Déjà, RIC en toute matière.
Et remise à plat de la constitution. Elle est censée définir des limites à votre pouvoir (la classe capitalistico-politique) pour n
ous protéger de votre totalitarisme et de votre avidité. Or, c'est vous qui l'écrivez et la modifiez. Nous voulons une remise à plat de la constitution, et y inscrire en très gros que toute modification de cette constitution devra être validée par un référendum populaire, et qu'il n'y aura aucune exception possible.
Ensuite, organisez-vous pour mettre en place les outils d'une véritable démocratie numérique, les outils sont là, les cerveaux aussi, il ne manque plus qu'un peu de bonne volonté de votre part. Et c'est pas gagné...

Comment l'Etat et les collectivités locales peuvent-ils s'améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?
RIC en toute matière. Les citoyens eux-mêmes connaissent bien plus que vous les problèmes qu'ils rencontrent et probablement leurs solutions.

La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir. Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l'air. Aujourd'hui personne ne conteste l'impérieuse nécessité d'agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.
Faux. Tu as dit que tu t'engageais. Or, l'engagement implique l'action. Tu n'as rien fait en la matière à part brandir ce thème comme excuse pour taxer les plus pauvres.

Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses contraintes des ménages en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes.
C'est précisément sur ce point que tu te trompes lourdement. Je ne pense pas que ce soit une erreur mais de la manipulation, de l'orientation malhonnête du débat pour une irresponsabilité dangereuse. Aujourd'hui, ce ne sont pas "nos concitoyens les plus modestes" qu'il faut responsabiliser, mais bel et bien les entreprises. Et de manière forte. Les citoyens font leur part, ils ont intégré depuis bien longtemps ce que vous semblez découvrir. Les entreprises, quant à elles, ne font absolument pas leur part. Elles sont pourtant responsables de la majorité des problèmes écologiques. Certainement pas les citoyens, qui sont en bout de chaîne et ne peuvent rien faire de réellement significatif à part poser des bouts de sparadrap sur les plaies massives que vous causez à notre planète.

Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.
Cela fait bien longtemps que les Français font ce qui est à leur portée, pendant que la classe politique ignorait ces questions avec mépris.

Comment finance-t-on la transition écologique : par l'impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?
Les entreprises. C'est à elles de repenser leur modèle et de le financer car elles sont responsables de la majorité des désastres écologiques. Ce sont les entreprises qui ont la main sur le modèle de production. Elles doivent favoriser les circuits courts, un produit ne doit pas faire 4 fois le tour de la planète avant d'arriver en rayon comme c'est le cas actuellement. Taxez donc ces transports absurdes de marchandises, les entreprises relocaliseront d'elles-mêmes l'emploi car il coûtera moins cher que de faire d'innombrables aller-retours pour exploiter de la main d'œuvre pas chère et re-dépenser ce vol en frais de transport. C'est un non-sens total. Et si la compétitivité fait qu'elles veulent quitter la France, très bien, nous avons le potentiel d'en créer de bien meilleures.

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?
Ça ne va pas te plaire au vu de la haine viscérale que tu sembles entretenir pour le service public. On s'est bien trop habitués au concept de produit acheté, de possessions produites par des entreprises dont le seul but est d'enrichir une minorité de dirigeants et actionnaires. Ils sont les pollueurs, ils sont les promoteurs de l'inégalité, ils sont les esclavagistes modernes. Et ils sont néanmoins la pierre angulaire du modèle de consommation. Toi et tes potes politiciens êtes censés nous protéger de leurs excès, de leur irresponsabilité en fixant un cadre strict à leur business. Or, ta politique fait tout le contraire. Alors quelle solution ?
Quels que soient les garde-fous, les lois, les labels et autres chartes imposés ou suggérés, ils chercheront à les contourner, il y aura des procès qui dureront 10 ans et repousseront d'autant la mise en application de n'importe quel mesure. Il faut partir du principe qu'on ne traite plus avec ces escrocs.
La France doit développer ses propres usines nationales pour produire certains biens. Une usine nationale de production de chaudières, puisque cela semble être ta passion du moment. Une usine qui emploie ici des ingénieurs, des concepteurs, des assembleurs, des ouvriers, des négociants, voilà comment d'un côté on crée des emplois. Ensuite ces usines produisent selon plusieurs critères : des chaudières conçues pour durer 30, 40, 50 ans. On sait le faire. Si les entreprises ne le font pas, c'est dans l'unique but du profit. Voilà comment d'un autre côté on diminue notre empreinte écologique. Des chaudières qui durent 30 ans, ce sont des millions de chaudières en moins dans les décharges et dans notre empreinte écologique. Autre critère : ne pas aller exploiter des enfants de l'autre bout de la planète, d'une part on revient vers la décence et de l'autre on pollue beaucoup moins pour le transport des marchandises.
Ces produits auront un certain coût à la vente, c'est pourquoi il faut mettre en place un système de location tout compris pour permettre à tous les citoyens de changer leur chaudière très rapidement. Imaginons que cette chaudière coûte 1000€ à produire, l'État la loue pour 5 euros par mois, entretien compris. Ce qui force à produire des chaudières durables et réparables, et à former des réparateurs, donc encore de l'emploi. Au bout de 20 ans, cette chaudière rapporte même des recettes à L’État. Voilà comment on se montre réellement ambitieux. Pas en taxant systématiquement les plus pauvres pour financer des chaudières qu'ils ne pourront de toute manière pas acheter.
Comment financer cela ? CICE. Les 40 milliards que tu veux verser à fonds perdus seraient bien mieux utilisés ainsi.

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?
La réponse ci-dessus répond à cette question car elle est applicable à de nombreux produits de consommation : électroménager, moyens de transport, matériaux de construction...

La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous.

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l'échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?
Les méthodes de la permaculture permettent de produire des produits plus sains, plus variés, préservent les sols et nappes phréatiques, la faune et les insectes qui vivent dans les environs. C'est un modèle dont la conception est totalement différente de l'agriculture traditionnelle. Un permaculteur gère environ 1ha en polyculture, sans engrais et sans machines. Les agriculteurs ne peuvent pas passer de leur modèle à celui-ci car ils croulent bien souvent sous les dettes d'achat de machines, d'engrais, de semences. De plus, leurs terres doivent être préparées à la permaculture car il faut laisser les insectes se réinstaller, la terre se re-fertiliser, et cela peut prendre jusqu'à 3 ans.
Il faut donc, d'une part, les soulager d'une partie de leurs dettes pour leur permettre de sortir de ce modèle traditionnel. En échange de quoi ils allouent une partie de leurs terres à la permaculture. Le deal reste à définir précisément mais voilà l'idée. L’État les soulage d'une partie de leur dette en échange de terres. C'est une forme de location. Ces terres ne pouvant être cultivées toutes seules et l'agriculteur en question n'ayant clairement pas le temps de s'en occuper, elles seront divisées en parcelles de 1ha, chacune cultivée par un permaculteur qui sera passé par une formation spécialisée. Ces terres lui sont mises à disposition gratuitement, un salaire lui est versé chaque mois. Les produits seront gérés par l'état, qui récoltera les recettes mais aura la charge de les distribuer via un réseau favorisant le local. Dans cette logique, on se fout royalement de la concurrence, car supprimant les intermédiaires vampires que sont les industriels et la grande distribution, on peut proposer un produit moins cher et rémunérant mieux les producteurs. Par exemple, sur un litre de lait, le producteur reçoit 35.5%, l'industriel 42.1%, la distribution 17.1% et L’État 5.3%. Ici L’État reçoit 100% puisqu'il rémunère à salaire fixe le producteur. Voilà comment d'un autre côté on assure aux producteurs la stabilité dont ils ont cruellement besoin, L’État étant là pour absorber les fluctuations des cours. Pour ce qui est du financement, ce modèle devrait s'auto-financer, et si ce n'est pas le cas, la France reçoit 9 milliards de la PAC.

 

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu'il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté. Être citoyen, c'est contribuer à décider de l'avenir du pays par l'élection de représentants à l'échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l'issue des élections.
Encore une fois tu nous imposes tes idées et tu ne remets pas en cause cette république qui a été taillée sur mesure pour de Gaulle à une période tout à fait différente, où il fallait donner plus de pouvoir au président et moins à l'assemblée. Désolé de te dire cela ainsi, mais tu n'as aucunement la stature de de Gaulle et il est anormal que tu jouisses du même pouvoir, c'est même dangereux. Il est grand temps de réécrire une constitution adaptée aux temps que nous traversons. En 1958, nous sortions d'une guerre contre l'Allemagne et il fallait reconstruire le pays. Aujourd'hui nous assistons à la chute du capitalisme et de l'ultra-libéralisme à l'échelle mondiale. Au lieu de vouloir les sauver, il faut en sortir au plus vite. La constitution actuelle donne trop de pouvoir aux suicidaires ultra-libéralistes, leurs PDG, leurs lobbies et autres pantouflards. Et presque aucun aux contre-pouvoirs. Il est grand temps d'inverser la tendance.

Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?
Bien sûr qu'il faut reconnaître le vote blanc dans le système actuel. Lorsque aucun représentant n'est digne du peuple, il faut pouvoir affirmer notre refus, et donner la possibilité de rebattre les cartes.
Quant au vote obligatoire, pourquoi ce besoin d'autoritarisme ? Si des citoyens ne votent pas, tu leur mets des amendes, tu leur supprimes les allocs ? Le vote est un droit, pas un devoir. L'abstention est le premier parti de France, ce qui dresse un constat très parlant de l’état dans lequel se trouvait notre pays. Derrière cette question, tu caches ta volonté de pousser les citoyens vers un vote de "responsabilité", comme toi et tes sbires médiatiques le nomment. Ce fameux vote utile qui, à chaque élection, permet à des représentants dont personne ne veut, d'être élus à la tête du pays. Le vote implique de s'intéresser à la politique, de passer du temps à se documenter, lire, apprendre l'histoire, analyser, réfléchir. Nombreux sont ceux que cela n'intéresse pas, ou qui n'ont pas le temps. Il faut arrêter de les pousser au vote sur fond de culpabilisation. D'autres ont ou prennent ce temps, et votent en connaissance de cause. Quel que soit leur choix, il est réellement motivé par un choix politique. Des sondages ont établi qu'à deux semaines de la présidentielle, près de la moitié des votants ne savaient pas pour qui ils allaient voter. Cela met en évidence le fait qu'ils ne votent pas pour un programme politique mais selon les différentes attaques marketing des politiciens, les dernières news, diffamations ou autres affaires montées en épingle et sur-médiatisées. Sans le grand battage médiatique autour de la responsabilité, du vote utile, ils n'auraient probablement pas voté et tu ne serais pas à la tête de L’État. Le vote est un droit. Si un citoyen le souhaite, il peut donner son avis. Il est totalement irresponsable et intéressé d'essayer de lui forcer la main.

Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques ?
Aucune idée.

Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d'élus ?
Probablement pas. Plus il y a de monde, plus le champ des idées est large, ce qui rend le débat démocratique plus intéressant . La question à se poser est peut-être de limiter les avantages liés à ces fonctions et limiter les allers-retours privé/public pour que ces représentants ne soient pas pollués par les différentes influences privées qui pourrissent notre État. Et pourquoi pas en désigner une partie par tirage au sort. 

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Économique, Social et Environnemental doivent-ils jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ?
En toute honnêteté, mon problème est qu'il m'est difficile de penser à des améliorations du système actuel tant il est éloigné de mes aspirations de citoyen. Les assemblées devraient être représentatives du peuple et pas parasitées par des lobbyistes ou une frange minoritaire de la population comme c'est le cas actuellement. Une bonne partie des membres des assemblées devraient être tirées au sort parmi les citoyens dans une proportion représentative de la population. Une autre partie devrait être élue au sein même et par les membres d'une catégorie de la population. Par exemple, il y a 20% d'ouvriers en France. Eh bien il faut organiser des assemblées d'ouvriers où seront votées les orientations à promouvoir ainsi que des représentants pour les défendre à l'assemblée. Bien sûr, ce n'est qu'un exemple, la répartition restant à définir plus précisément, les chômeurs, inactifs, retraités devant être intégrés à ce panel de manière juste et équilibrée, il ne devrait pas se limiter à la catégorie socio-professionnelle. Et bien entendu, la parité homme/femme devrait être respectée, ainsi que la zone d'habitation, la religion, l'orientation sexuelle... Chaque citoyen doit se sentir représenté justement par ces assemblées. Et, donnée cruciale, le mandat d'un représentant ne devrait pas avoir de limite dans le temps mais doit pouvoir être révoqué dès lors qu'une majorité le vote.

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d'écouter plus souvent la voix de ses citoyens.
On ne veut pas être écoutés par cette France-là, j’espère que tu l'as bien compris. On veut bâtir la France de demain et tu ne fais pas partie de notre projet.

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?
La réponse ci-dessus répond à cette question, ainsi, évidemment, que le RIC en toute matière, pour, à la demande du peuple, pouvoir révoquer n'importe quel mandat de n'importe quel représentant, proposer ou annuler n'importe quelle loi, et modifier la constitution. Le concept de RIC étant dilué dans ma réponse précédente en étant appliqué à des franges plus précises, on pourrait presque s'en passer. Mais à présent nous connaissons les dérives de tout système politique et le RIC représente un garde-fou non négociable afin de s'en préserver, et au besoin, agir directement sur la démocratie.
Ensuite se pose la question du financement des campagnes présidentielles. C'est criant avec toi car toute ta politique est orientée envers la classe de tes généreux donateurs. Le système actuel favorise clairement les riches et tout représentant devrait s'insurger contre un tel parti-pris envers une minorité. Aujourd'hui, il est possible de donner à titre personnel jusqu'à 7500€ à un parti politique. Combien de citoyens peuvent se permettre une telle dépense, et surtout lesquels ? Lesquels étant une très bonne question car dans la publication des comptes de campagne cette question est totalement occultée, rien n'y est publié à ce sujet, on ne sait pas qui finance les campagnes présidentielles. Je ne pense pas que tu vas me sortir l'excuse des déductions d'impôts car tu sais que c'est là que se trouve la deuxième entourloupe. Sur un don de 7500€, 5000€ seront déduits des impôts du donateur. Mais les pauvres ne paient pas d'impôts... Alors comment fait-on ? On ne le fait pas, c'est un vrai don payé à 100% par le citoyen. Donc si tu souhaites rendre la participation citoyenne plus active et plus citoyenne, rembourse les pauvres à hauteur des déductions d'impôts des riches. Si l'idée ne t'emballe pas, alors limite les dons à 200€ pour mettre tout le monde sur un pied d'égalité. Après, si tu veux faire partie de la France du futur, adopte l'idée de Julia Cagé, à savoir un système de bon d'une valeur fixe, accordé à chaque citoyen. 7€ par citoyen selon Julia Cagé. Le plafond de 200€, c'est elle aussi, elle a étudié le sujet, je ne fais que relayer. Ce bon peut être utilisé par le citoyen AVANT la campagne, pour financer le candidat de son choix.

Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ?
Oui.

Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l'initiative ?
Évidemment, et c'est au peuple d'en avoir l'initiative, par le biais d'une pétition, un seuil de votes à définir.

 

La citoyenneté, c'est aussi le fait de vivre ensemble.

Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol : c'est le devoir de l'asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s'est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d'un avenir meilleur : c'est comme cela qu'elle s'est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd'hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l'immigration et aux défaillances de notre système d'intégration.
C'est magnifique ce que tu dis. Tu as eu cette révélation avant ou après le fiasco de l'Aquarius ?

Que proposez-vous pour améliorer l'intégration dans notre Nation ? En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?
Je vais faire court car ce n'est pas un thème présent dans les revendications des gilets jaunes. Tu n'utilises ce thème que pour créer de la dissension au sein du mouvement car oui, il y a des racistes, en minorité et c'est normal dans un mouvement de cette ampleur car il rassemble une très large partie de la population, dont les racistes font partie. C'est un simple reflet de la France d'aujourd'hui et pourtant, tu ne généralises pas en affirmant que la France est un pays raciste. Alors fais-en de même avec le mouvement des gilets jaunes. Le sujet n'est pas sur la table. La seule mention à ce sujet est la volonté et le devoir d'accueillir les migrants. J'ai mes idées, mais je ne les partagerai pas avec toi car c'est ici parfaitement hors sujet. Le sujet viendra sur la table en temps voulu car je pense qu'il y a un abcès à crever, des progrès à effectuer et de sérieuses excuses à présenter au nom de la France à tous les Français d'aujourd'hui. Mais pas maintenant, pas avec toi.

La question de la laïcité est toujours en France sujet d'importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu'elle permet à chacun de vivre selon ses choix.
Elle est sujette à d'importants débats parce qu'elle est utilisée régulièrement pour diviser les Français. Parce qu'elle est présentée pour stigmatiser, et rien de bon n'en sort jamais. Encore une fois ce n'est pas le sujet.

Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre L’État et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?
Tu es hors sujet.

Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l'avenir de notre nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n'importe quel sujet concret dont vous auriez l'impression qu'il pourrait améliorer votre existence au quotidien.
Macron démission.

Ce débat est une initiative inédite dont j'ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions (tout seul). Ce n'est ni une élection, ni un référendum (mais c'est un peu une campagne déguisée). C'est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici requise, sans distinction d'âge ni de condition sociale. C'est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence (on n'y croit pas une seule seconde).

C'est ainsi que j'entends transformer avec sans vous les colères en solutions.

Vos Tes propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation les riches, de structurer l'action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat.

Françaises, Français, je souhaite que le plus grand nombre d'entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l'avenir de notre pays.

En confiance (pas trop quand même),

Emmanuel Macron Démission

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