GUANTANAMO A LA FRANÇAISE ( 3/8 ) - Les terroristes présumés…

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Je passerai rapidement sur les heures qui suivent, sur l’appartement qui est mis sens dessus-dessous, sur les conditions dans lesquelles ma mère et mes frères ont été questionnés, d’abord dans des pièces séparées de l’appartement avant que deux « cortèges » d’au moins dix véhicules chacun n’embarquent mes frères. Ces véhicules foncent à toute vitesse pour traverser la ville, gyrophares et sirènes à pleine puissance, vers les lieux de domiciliation respectifs de Zitouni à 10 kms de Vienne et d’Adlène dans un village de l’Ain à proximité de Genève où il travaillait depuis trois ans en tant que physicien au CERN. Le même remue-ménage est répété dans leurs appartements.
Au final, on apprend dans la presse du jour-même que « deux ordinateurs portables, trois disques durs, et des clés USB» ont été saisis au domicile des deux frères « islamistes présumés», liés à al-Qaida.

J’ai personnellement été présenté comme l’un des deux frères arrêtés (édition du 11 octobre 2009 du Dauphiné Libéré), alors que je résidais alors en Allemagne : cette information sera reprise par des journaux de la presse nationale et internationale, sans aucun travail de vérification.

Les autres membres de ma famille (dont mon père qui était alors en Algérie) et moi apprenions aussi dans la presse que les deux frères gardés à vue seraient prochainement mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Et c’est toujours en suivant ces « informations » que nous tentions de comprendre ce qui était reproché à Adlène et Zitouni : à l’évidence, les journalistes étaient « bien » plus informés que nous ne l’étions. La nature des motifs de détention et d’inculpation d’Adlène nous a donc été « transmise » par la presse dans un premier temps, puis par Adlène (dans la limite des informations qui lui sont délivrées) et par nos avocats.

 

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