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Billet de blog 1 mai 2017

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Insoutenable banalisation (par R.H.)

Marine Le Pen. La candidate du FN a atteint un score historique. Resurgissent les fondamentaux fascisants de son courant d'idées. Manipulations et mensonges se succèdent. Sous estimer sa possible victoire serait irresponsable.

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« Arrêtez de jouer à nous faire peur. La victoire de Le Pen n'est pas crédible », et de se rassurer gobant comme argent comptant les pronostics sondagiers. Excluons de notre raisonnement les « ni, ni » qui tracent un trait d'égalité entre elle et Macron. Ne retenons ici que celles et ceux qui lui vouent une détestation absolue mais qui ne voulant pas mêler leurs voix à celles des macronistes espèrent s'en tirer par une pirouette. Mais qui jouent ? Ceux quiveulent parer à toute éventualité ou ceux dont le confort intellectuel prime avant tout et qui comptent sur les premiers pour éviter le pire ? Une possible victoire de Le Pen n'est pas une improbable hypothèse lorsqu'on constate qu'avec 7,6 millions de voix les résultats du FN à ce premier tour de la présidentielle n’ont jamais été aussi élevés. C’est 2,8 millions de plus qu'en 2002, 1,2 million de plus qu’en 2012 et une progression régulière en pourcentage (16,8 en 2002, 18,5 en 2012, 21,3 en 2017).

Un retour aux fondamentaux du FN

Certes, dans la dernière phase de la campagne, Marine Le Pen semblait en perte de vitesse. Mais à quoi a-t-elle eu recours pour garantir sa qualification ? Elle a privilégié le noyau dur de son électorat en revenant aux fondamentaux du FN, voir son pseudo-dérapage sur le Vél’d’Hiv, ses derniers discours sur l’immigration, l’islam et la préférence nationale.Elle a préféré prendre le risquede révéler la nature profonde de son parti qu'elle s'était employée jusque là à camoufler du mieux possible. Révélateur encore dans la pure tradition fasciste sa tentative de s'accaparer les idées de Jean-Luc Mélenchon, son adversaire le plus résolu. L'imposturea atteint des sommets lorsqu'elle a osé déclarer dans l'entretien publiédans l'édition de l'Indépendant de samedi dernier « comme Jean-Luc Mélenchon, je suis une insoumise ».

Manipulations dans la pure tradition fasciste

Ce genre de manipulation n'est qu'une répétition des méthodes utilisées à diverses reprises dans l'histoire par les mouvement fascistes et qui ont malheureusement fonctionné. Hitler y a eu recours avec les communistes allemands, de même Mussolini en Italie. « La manœuvre de récupération en direction des électeurs de Jean-Luc Mélenchon est minable » a dénoncéle PCF, mais voyons bien qu'elle est dans la continuité de toute la campagne de Marine Le Pen. Ne nous y trompons pas, le Front National reste fondamentalement un parti dont l'histoire plonge ses racines dans la collaboration, le nationalisme ringard et nauséabond, le racisme. Le sous estimer, voire l'ignorer serait ouvrir toute grande la porte de l’Élysée àMarine le Pen d'autant qu'elle bénéficie maintenant du ralliement de Dupont-Aignan et qu'elle a en face d'elle une marionnettemanipulée. Bien sûr, ses yeux doux aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon ont peu de chance de les dupermais elle peut les pousser dans l'impasse de l'abstention, du vote blanc ou nul.Si ce phénomène devait prendre de l'ampleur ce serait pour elle l'assurance de sa victoire.

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