La crise sanitaire somme les progressistes et les révolutionnaires, à penser le « jour d'après » et au delà « le temps d'après ». Pour la période immédiate, les projets foisonnent. La tâche la plus urgente des organisations, tout genre confondu, serait de les unifier et l'on voit bien combien c'est difficile. Que dire d'une construction en commun des fondations de ce que devrait être l'après-capitalisme. Toutes les énergies, les intelligences, les compétences, les expériences devraient se consacrer à cet objectif titanesque. Or, que constate-t-on ? Les salles de rédaction des médias les plus dociles bruissent de rumeurs, volontairement distillées, sur des conciliabules entre des personnalités politiques comme , les insoumis : Clémentine Autain et François Ruffin, les Verts : Éric Piolle, Alain Coulombel et Julien Bayou, Guillaume Balas de Génération.s, Raphaël Glucksmann de Place publique, l'ancien frondeur socialiste Christian Paul, la communiste Elsa Faucillon. Sont aussi évoqués, Anne Hidalgo ou Arnaud Montebourg. Tout ce beau monde s'agite autour de la question : comment préparer l'élection présidentielle de 2022 ? Pauline Graulle de Mediapart, apporte des précisions intéressantes dans un article qu'elle a intitulé : « Derrière les écrans, la gauche et les écologistes préparent leur rassemblement ». Cette journaliste est suffisamment bien introduite dans cet échiquier politique pour avoir choisi un titre qui en dit long sur la nature des opérations politiciennes que préparent ce qu'elle appelle « les figures en vue de la gauche et de l'écologie » Alors que la crise sanitaire a fait la démonstration de la nocivité d'un régime antidémocratique et liberticide. Alors que la recherche d'une alternative pousse à la confrontation de toutes les idées, qu'elles émanent des organisations constituées (partis, syndicats,associations) ou de forces citoyennes. Les « figures en vue » bloquent toutes les dynamiques potentielles. Selon Pauline Graulle, quatre « boucles de discussion (virtuelles) », aux noms évocateurs de « Arc-en-ciel », « Initiative commune », « Big bang », et « Archipel », présentant des intersections plus ou moins fortes, voient se côtoyer les figures sus-nommées, peut-être d'autre encore, qui concoctent des plateformes, des feuilles de route, des agendas en vue de l'élection présidentielle de 2022. Ils e »t elles cherchent la recette d'une sauce sociale-écolo réaliste avec une louche de réformisme, et une pincée de radicalité. C'est la foire d'empoigne. La valse des crocs en jambe. Qui de Jean-Luc Mélenchon ou de Yannick Jadot s'effondrera ? Quel nouveau personnage sortira du chapeau ? Quelle ligne l'emportera ? Tout cela est lamentable.
Roger Hillel 1e mai 2020