Propos à vomir d'un soi-disant communiste

André Gérin, ancien député-maire de Vénissieux, publie sur la plateforme numérique du journal L'Humanité, un tribune dont l'ignominie le dispute à la stupidité.

L'Humanité publie régulièrement depuis le 11 mai sur sa plateforme numérique des contributions pour « Penser le monde et inventer des alternatives ». Souvent remarquables, j'en ai décomptées près de trente cinq, portant sur des sujets les plus divers, toutes, chacune à leur façon, poursuivant l'objectif assigné. J'ai fait référence à certaines d'entre elles dans mon blog. Mais, voilà que lundi 3 août, paraît la contribution d'André Gérin, ancien député-maire communiste de Vénissieux (Rhône). J'étais persuadé que, depuis 2009, il s'était complètement éloigné du PCF, voire n'en était plus membre. Et pour cause. Quelques années avant, il avait bifurqué de son parcours progressiste et humaniste suivi pendant plus de 40 ans pour s'égarer sur des chemins de plus en plus réactionnaires. En 2007, il avait publié un libelle, « Les ghettos de la République », préfacé par le député UMP Éric Raoult, à charge, entre autres, contre l'immigration. En 2009, encore député, il a été à l'initiative, avec le même Eric Raoult, de la création d'une commission parlementaire sur « la pratique du voile intégral sur le territoire national ». Leur rapport publié en janvier 2010 (http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i2262.asp#P1293_328708) a été salué par tout ce que le gouvernement de l'époque comptait d'islamophobes forcenés, dont Eric Besson et Brice Hortefeux. Mais André Gérin ne s'en est pas tenu là. En juin 2011, il déclarait sur son site que « Non, l’immigration n’est pas une chance pour la France. C’est un mensonge entretenu depuis 30 ans. Oui, c’est une chance pour le capitalisme financier, pour diviser, exploiter, exclure, ghettoïser (...) Aujourd’hui, limiter y compris l’immigration régulière devient vital, face à une situation explosive dans des centaines de villes populaires. C’est la seule manière d’endiguer le FN. » A la suite de quoi, il a pris position contre le mariage homosexuel, arguant que cette question sociétale serait « l’arbre qui cache la forêt », par forêt il entendait les question sociales.. En juin 2012, il ne s'est plus présenté plus aux élections législatives et nous n'avions, fort heureusement, plus entendu parler de lui. Et voilà qu'il refait surface ce lundi 3 août, et en quels termes. S'adressant aux communistes, camouflé derrière un langage pseudo révolutionnaire poussiéreux et prétentieux, il déverse les plus détestables et stupides allégations dont je ne donnerai qu'un petit aperçu tant l'ensemble est à vomir : « Notre combat est d’empêcher cette lutte sans merci de l’islamisme, contre la République qui entrave l’intégration sociale. J’ai déjà tenu ces propos et je les réitère aujourd’hui : la gangrène de l’islamisme s’infiltre au cœur de la communauté musulmane française et contribue au communautarisme, installe la charia, endoctrine et contrôle les territoires que l’on nomme « les territoires perdus de la République ». Tout le reste à l'avenant.

Mais comment a-t-il pu échapper à L'Humanité que cette contribution n'avait pas sa place dans ses colonnes ? Par contre, je l'aurais lu dans la nouvelle revue de Michel Onfray, en compagnie d'un aréopage de nationalistes, souverainistes et islamophobes, cela ne m'aurait pas autrement surpris.

 

Roger Hillel 4 juillet 2020

 

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