Trop, c'est trop ! (par RH)

Union européenne - Israël. Leur accord d'association fait l'objet d'une vaste campagne militante appelant à sa suspension.

L'impunité dont bénéficie Israël dans l'Union européenne a pris des proportions effarantes, raison pour laquelle une campagne vient d'être lancée pour la suspension de leur « Accord d’association » entré en vigueur en 2000. Les initiateurs en sont le Collectif « Trop, c'est trop !» et le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens (52 associations). Elle est relayée par la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine (40 organisations). Cette campagne répond aussi à l'appel de B’Tselem, association israélienne de défense des droits de l’homme, et du mouvement La Paix maintenant, qui luttent dans des conditions très difficiles pour les droits des Palestiniens. En Israël, ces deux organisations sont accusées de trahison et font l’objet d’une campagne de haine sans précédent, pour avoir témoigné le 14 octobre dernier devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies des conséquences de l’occupation et de l’extension ininterrompue des colonies.

Préconiser la suspension de l'Accord d'association entre l'Union européenne et Israël fait partie du volet « sanction » de l'action Boycott, Désinvestissements, Sanctions (BDS), lancée en 2005 à la demande de 172 ONG palestiniennes. Cette campagne a conduit à la décision européenne d’imposer l'étiquetage des produits des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens (voir ci-dessous). Mais une sanction comme celle initiée par les organisateurs de cette nouvelle campagne est tout autant, voire plus, redoutée par Israël car elle ternirait encore plus son image internationale et lui serait préjudiciable économiquement et politiquement. C'est le sens de l'appel adressé à la Commission européenne afin qu'elle « mette en œuvre une procédure de suspension de cet accord et qu’elle convoque d'urgence à cet effet le Conseil d'Association Union Européenne-Israël ». Cet appel peut être signé (se rendre sur le site de l'AFPS) par celles et ceux qui considèrent que « l’État d’Israël, dans sa politique de colonisation et d’annexion des territoires palestiniens, viole en toute impunité le droit international, le droit humanitaire, la 4ème convention de Genève, les nombreuses résolutions de l’ONU, et que ces atteintes répétées aux droits de l’Homme caractérisent une infraction majeure à l’article 2 de l’accord d’association entre l’Union Européenne et Israël ».

Produits israéliens

 

L’avis sur l’étiquetage des produits des colonies israéliennes vient de paraître dans le journal officiel du 24 novembre. Rappelant que « en vertu du droit international le plateau du Golan et la Cisjordanie, y compris Jérusalem Est, ne font pas partie d’Israël », cet avis fait obligation aux « opérateurs économiques » de ne pas s’en tenir à une simple mention géographique (produit originaire de Cisjordanie ou du Golan), mais « d’ajouter, entre parenthèses, l’expression « colonie israélienne » ou des termes équivalents ».

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