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Billet de blog 14 avril 2020

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Tout ce ramdam pour en arriver là

Dans son allocution du 13 avril, le président de la République a prononcé onze fois « 11 mai », ce qui ne pouvait être compris que par la sortie du confinement à cette date. Tout faux ! est venu dire le lendemain son ministre de l'Intérieur.

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Lundi soir, le président de la République a prononcé une allocution après l'avoir reportée de plusieurs jours, afin, disait-on, de consulter largement et de présenter un texte au petit poil. Effectivement, chaque mot a été pesé, tellement pesé, qu'au final, le discours en est devenu pesant. Et, le fait d'avoir prononcé onze fois, « 11 mai », n'a rien arrangé :

« le confinement le plus strict doit encore se poursuivre jusqu’au lundi 11 mai...

Le lundi 11 mai ne sera possible que si...

Le 11 mai prochain, sera donc le début d’une nouvelle étape...

À partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement...

Le 11 mai, il s’agira aussi de permettre au plus grand nombre...

Rester même après le 11 mai confinées...

Nous allons, d’ici le 11 mai...

Nous aurons à partir du 11 mai...

Le 11 mai, nous serons en capacité...

Je souhaite qu’avant le 11 mai...

A partir du 11 mai en lien avec...

Et pour chacune de ces occurrences, il convenait d'en saisir les nuances, les prudences et les subtilités. Ainsi, s'est-il bien gardé de prononcer le mot « déconfinement », mais nous qui sommes confiné.e.s, nous n'avons compris qu'une chose : que la fin du confinement était programmée pour le lundi 11 mai. Tout le reste du discours nous aura échappé, surtout après les palinodies, les couacs et les incohérences d'Emmanuel Macron, de son Premier ministre et des autres membres du gouvernement.depuis le début de la catastrophe sanitaire.

Mais, il s'agissait d'un grave malentendu. Mardi matin, son ministre de l'Intérieur s'est précipité vers les radios pour nous dire que nous n'avions pas bien compris : « Le déconfinement, le 11 mai, n’est pas une certitude mais un objectif », et aussi « Ce qu'a annoncé le président de la République hier, ce n'est pas le déconfinement le 11 mai, c'est le confinement jusqu'au 11 mai ».

Après tout ce ramdam, achever comme il l'a fait son allocution en prédisant que « nous retrouverons les jours heureux », empruntant par là le nom du programme du Conseil national de la Résistance, est au mieux une stupidité, au pire une goujaterie.

Roger Hillel 14 avril 2020

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