hillel roger
Professeur d'université à la retraite
Abonné·e de Mediapart

131 Billets

0 Édition

Billet de blog 14 avr. 2021

hillel roger
Professeur d'université à la retraite
Abonné·e de Mediapart

SUITE A LA CONFERENCE NATIONALE DU PCF (2)

QUAND ALLONS-NOUS ÊTRE CAPABLES DE PARLER DE STRATÉGIE SANS SE LAISSER ENVAHIR PAR NOS AFFECTS  ?

hillel roger
Professeur d'université à la retraite
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Nous luttons pour débarrasser la planète du capitalisme. C'est un objectif colossal, peut-être inaccessible, n'est tout cas concevable qu'à long, voire très long terme. Nous serons nombreux à ne pas le voir. Nous ne savons même pas si nos enfants, petits enfants arrières petits enfants et d'autres qui suivront, en seront les acteurs ou les témoins.

Au lieu de nous écharper, examinons calmement à chaque étape ce qu'il convient le mieux de faire, pour aborder l'étape suivante et ainsi successivement. Dans l'étape présente, tout petit instant sur la trajectoire dont ne pouvons préjuger jusqu'où elle conduira, qu'est ce qui importe ? De retrouver notre fierté communiste ? De nous revendiquer du plus important potentiel de militantisme de tous les partis ? De prendre notre revanche sur Mélenchon ? De fustiger l'inconséquence du PS ou de Jadot ? De sortir de l'hueisme ? De ne pas renouveler l'expérience des comités antilibéraux de 2006-2007 ?

Toutes ces questions méritent d'être débattues, mais cela n'épuisera pas la question centrale : qu'est-ce qui devrait nous importer aujourd'hui, et qui ne réglera certainement pas l'issue de la séquence électorale dans laquelle nous allons bientôt galérer et qui n'empêchera vraisemblablement pas qu'au premier tour de la présidentielle nous soyons confrontés à un duel Macron -Le Pen. Selon moi ce qui importe, dans une visée plus lointaine, c'est de contribuer avec acharnement et permanence au rassemblement des forces antilibérales : partis, syndicats, associations, citoyen.le.s. Je n'écris pas : rassemblement des partis de gauche, car, pour moi, la question de la place des Verts et du PS reste ouverte. Par contre,je conçois que dans des situations urgentes, je pense en particulier au danger fasciste, des initiatives puissent être décidées et menées ensemble, jusque y compris à l'occasion de certaines séquences électorales.

Dans nos échanges, plusieurs d'entre vous ont affirmé que le Parti s'était toujours battu pour l'union et/ou pour le rassemblement. Cette affirmation ne vaut que si l'on admet que nous l'avons toujours fait selon une conception qui ne peut plus avoir cours. Nous avons conçu le rassemblement à condition d''y être prééminent. Du début des années 60 au milieu des années 70, nous avons lutté pour un rassemblement communiste-socialiste dans lequel nous étions effectivement dominants. Ce rassemblement a fini par achopper. De 2005 à 2007, nous avons lutté pour un rassemblement des forces antilibérales dans lequel nous avions cru, à tort, être prédominants. Ce rassemblement a capoté. Entre 2008 et 2018 nous avons lutté pour un rassemblement dans le cadre du Front de gauche, en disputant au PG la place première. Ce rassemblement a échoué.

Aujourd'hui c'est d'une tout autre conception du rassemblement qu'il faut se réclamer. Un rassemblement qui exclue le recours au rapport de forces, à la concurrence, à la compétition. Tout semble indiquer que le Parti n'y est pas prêt.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus
Journal — Qatar : le Mondial de la honte
Journal — À Saint-Étienne, le maire, la sextape et le chantage politique
Journal — À Saint-Étienne, le maire, la sextape et le chantage politique

À la Une de Mediapart

Journal — Europe
En Italie, l’abstention a fait le match
La victoire de la droite et de l’extrême droite en sièges cache une stabilité de son électorat. Le pays n’a pas tant viré à droite sur le plan électoral que dans une apathie et une dépolitisation dont le post-fascisme a su tirer profit.
par Romaric Godin et Donatien Huet
Journal — Europe
Le jour où le post-fascisme a pris le pouvoir
Le parti de Giorgia Meloni a largement dominé les élections italiennes du 25 septembre. La coalition de droite devrait obtenir une majorité absolue au Parlement. Le résultat de décennies de confusionnisme et de banalisation du fascisme dans lesquels se sont fourvoyés tous les mouvements politiques de la péninsule.
par Ellen Salvi
Journal — Gauche(s)
Julien Bayou démissionne, les écolos sidérés
Visé par une enquête interne de son parti pour « violences psychologiques », le secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts et coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée nationale a démissionné de ses fonctions. Il dénonce une « instrumentalisation des souffrances » à l’ère de #MeToo et à deux mois du congrès des écologistes.
par Lénaïg Bredoux et Mathieu Dejean
Journal — Gauche(s)
Boris Vallaud : « Je ne crois pas aux privilégiés d’en bas »
Soucieux de parler aux « classes populaires laborieuses », le chef de file du groupe socialiste à l’Assemblée nationale estime que leurs intérêts sont conciliables avec la transition écologique. Et met en garde contre la banalisation de l’extrême droite.
par Mathieu Dejean, Fabien Escalona et Pauline Graulle

La sélection du Club

Billet de blog
« Avoir 20 ans en Ukraine » : un témoignage plus nuancé
Dans son édition du 12 septembre 2022, l'équipe de « C dans l'air » (France 5) diffusait un reportage de 4 minutes intitulé : Avoir 20 ans à Kiev. Festif, le récit omettait que ces jeunes ukrainiens font face à des impératifs bien plus cruels. M'étant aussi rendu en Ukraine, j'écris à Maximal Productions un email ré-adapté dans le présent billet afin de rappeler une réalité moins télégénique.
par vjerome
Billet de blog
Tenir bon et reprendre l’offensive
Sept mois de guerre et d’atrocités en Ukraine, un peuple héroïque qui ne rompt pas et reprend l’initiative. La perspective, même lointaine, d’une libération de l’Ukraine devrait faire taire ceux qui théorisaient l’inaction devant les chars russes, validant la disparition d’un peuple et de ses libertés.
par Yannick Jadot
Billet de blog
Chéri, je crois qu’on nous a coupé le gaz !
Depuis quelques mois, la discrète Roumanie ravitaille le reste du monde. Le plus grand port de la mer noire s’érige au nom de Constanța. Les affaires battent leur plein. Les céréales sont acheminées dans des wagons sans fin. Aujourd'hui, comment vit-on dans un pays frontalier à l'Ukraine ? Récit de trois semaines d'observation en Roumanie sur fond de crise énergétique et écologique.
par jennifer aujame
Billet de blog
La gauche en France doit sortir de son silence sur la guerre en Ukraine
[Rediffusion] La majorité de la gauche en France condamne cette guerre d'agression de l'impérialisme russe, demande le retrait des troupes russes de l'Ukraine. Mais en même temps reste comme paralysée, aphone, abandonnant le terrain de la défense de l'Ukraine à Macron, à la bourgeoisie.
par Stefan Bekier