En 1960, l'auteur avait alors 20 ans, il adhère à l'union des étudiants communiste, puis en 1962 au parti communiste. Depuis ce moment, il a tenté de répondre à un double questionnement : « comment la société humaine a-t-elle pu en arriver là où nous en sommes ? », et « comment en sortir ? » Ce là, signifie, à quelque époque qu'il se situe, le désastreux état du monde avec ses guerres, conflits, criminalités maffieuses, misères, famines... Au premier questionnement sa réponse est restée invariablement : « C'est la faute au capitalisme ». De sorte que la réponse au deuxième questionnement est toujours allé de soi : « Il faut s'en débarrasser ». Mais en répondant ainsi il n'était pas au bout de ses peines, encore lui fallait-il répondre au comment s'en débarrasser ? C'est ce comment qui continue à le tarauder.
L'auteur décline sa vie militante en quatre périodes : 1960-1979, 1980-1999, 2000-2012, et 2013-2020. Chacune correspond à l'état d'esprit avec lequel il l'a vécue. Pendant les vingt premières années ce fut le temps des certitudes, auquel succéda pendant 20 nouvelles années, le temps des doutes. Puis ce fut le temps des déconvenues et finalement des désillusions. Pendant tout ce temps, et aujourd'hui encore, il est resté persuadé qu'il faut se débarrasser du capitalisme. Mais comment le dépasser ? Pour chacune des quatre périodes qu'il décline, le comment a été fort différent. S'il avait cru le cerner au début de ses vingt premières années de militance, il est devenu pour lui, avec le temps, de plus en plus incertain, jusqu'à être aujourd'hui informulable.