Le 7 janvier 2017, cela faisait deux ans qu'une atroce tuerie décimait la rédaction de Charlie Hebdo. Ce jour là, disparurent, entre autres, plusieurs des dessinateurs historiques d'un hebdomadaire qui nous était indispensable, et qui le reste. Les dessins de Charb, Tignous, Wolinski, Honoré, Cabu, nous les adorions, et continuons à adorer ceux des dessinateurs qui les ont remplacés ou qui ont échappé à ce massacre. Pourtant, à chaque parution, nous, les communistes, étions et sommes encore maintenant, dans nos petits souliers. Nous nous attendons à qu'ils éreintent la bigoterie, la connerie politique, qu'ils clouent au piloris les fascistes et les racistes de tout poil, les puissants et les riches. Tout cela nous convient bien, mais nous savons aussi qu'à l'occasion nous ne serons pas épargnés. Mais, justement, ils nous ont aidé plus d'une fois à relativiser nos certitudes, à prendre conscience de nos faiblesses et de nos erreurs. C'est parfois injuste et douloureux, comme l'est encore la charge anticommuniste des deux premières pages du journal paru le 4 janvier. Mais à force, nous avons compris que c'est là un passage obligé du dessin humoristique. C'est d'ailleurs dans cet état d'esprit que nous avions considéré la publication en 2006 des fameuses caricatures de Mahomet. Nous savons ce que blasphémer veut dire et n'avons jamais pu admettre que cette liberté d'expression puisse être contestée. Avec les dessins de Delgé que nous publions chaque semaine dans le travailleur catalan, nous est devenu familier ce que Riss, le directeur actuel de Charlie, confiait récemment à L'Humanité : « Le lecteur, il ne faut jamais le prendre pour un con. Il faut l’emmener là où il n’a jamais pensé aller. Nous sommes juste là pour aider les gens à ne pas se laisser endormir ». C'est pourquoi, nous n'admettons pas qu'il lui soit fait procès de racisme et d'antisémitisme. Et que dire des accusations d'islamophobie. Fin 2013, elles avaient pris de telles proportions que Charb, l'ancien directeur de la publication, s'était fendu d'une mise au point. Et curieusement, pour la faire, il n'avait pas opté pour le dessin mais lui avait préféré les mots. Deux jours avant sa mort, il avait achevé l'écriture de sa Lettre ouverte aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes. La lecture de ce texte posthume paru en avril 2015 aux éditions Les échappés est indispensable pour vous, lectrices et lecteurs du T.C., qui voulezvivre debout.
Billet de blog 23 janvier 2017
Nous sommes toujours Charlie (par R.H.)
Commémoration. Le 7 janvier 2015, plusieurs dessinateurs et d'autres collaborateurs de Charlie Hebdo mourraient sous les balles de terroristes.
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